Chronique de BB Brunes – Nico Teen Love
Chanson(s) préférée(s) : Lalalove you, Nico Teen Love, Cola Maya, Britty Boy, Gare au loup.
« Elle me dit qu’elle n’aime que les slows en anglais, et j’expire un Shakespeare très français ! » (Lalalove you).
Les BB Brunes sont de retour.
Mais non, revenez.
Parler des BB Brunes, ce n’est pas facile. On a tout entendu à leur sujet : des déclarations d’amour les plus passionnées (et stupides, disons-le) aux démonstrations de pure haine musicales (expéditives, disons-le aussi). Pourtant, je reste persuadée qu’il y a un bien un juste milieu quelque part.
Alors oui, évidemment, les BB Brunes n’ont ni le phrasé d’un Gainsbourg, ni la classe d’un Bashung, ni la canaillerie d’un Jean-Louis Aubert. Je pense qu’on est tous d’accord là-dessus. Passé ce stade, on peut néanmoins se rendre compte que dans leur petit univers, tout faux et méprisable et musicalement aberrant qu’il puisse être, ce sont eux les rois. Ce sont eux les pionniers. Ce sont eux qui ont duré, ou sont en passe de durer un minimum (et heureusement, car sincèrement, que ce soit les Naast ou les Second Sex, qui aurait pu en vouloir encore ?). Ce sont eux qui ont fait le Zénith à même pas vingt ans. On ne fait pas le Zénith à même pas vingt ans (ou à environ vingt ans, je ne connais pas encore leurs dates de naissance, j’aime cultiver ma normalité) en étant une bande d’abrutis complets. Ou d’abrutis sans talent aucun.
Alors oui, oui, oui, trois fois oui, les BB Brunes sont agaçants au possible, et arrogants aussi, et énervants à regarder sur scène. C’est pourquoi il est fortement recommandé de les écouter les yeux fermés. C’est ce que j’ai fait à la sortie de leur nouvel album, Nico Teen Love, en novembre dernier.
Premier constat : les BB Brunes ne sont plus trois, mais quatre, puisque Bérald, leur bassiste anciennement réservé aux quelques initiées piquées d’exotisme, fait maintenant figure de membre à part entière. Second constat : en réalité, les BB Brunes sont toujours deux : Adrien Gallo, et les autres.
Car oui, approximativement tout ce qu’on peut trouver de bien aux BB Brunes provient de lui. A-t-on déjà entendu quelqu’un vanter leurs sublimes percussions, ou leurs lignes de basse incomparables ? Nenni. En revanche, l’écriture des chansons, le jeu guitaristique, oui, parfois. Rarement, peut-être, mais parfois. Alors, certains me diront que les riffs de guitare les plus intéressants ne proviennent pas de Gallo, qui n’est pas en charge des solos mais seulement de la lead guitar, mais de Félix le guitariste. La réponse à cela est simple : je m’en fous.
Dans cet album réalisé à deux, pardon, à quatre donc, quelques jolies trouvailles, aux nombres desquelles le titre ne figure pas : sincèrement, je me suis sentie très stupide en écrivant que je chroniquais l’album Nico Teen Love. Parce que même sans le jeu de mot, Nicotine Love, ça fait niais.
Toujours est-il que ce nouvel album, donc, contient quelques morceaux qui valent vraiment le détour. Dommage que la qualité desdits morceaux soit inversement proportionnelle à celle du titre. Nico Teen Love, qui apporte quelques jolies innovations, comme la voix tantôt inhabituellement grave d’Adrien Gallo, tantôt joliment voilée, a le triste privilège d’être la chanson éponyme. Cola Maya, quant à elle, constitue une démonstration plus classique des qualités de son songwriting (ouh yeah). Gare au loup est mignonne, Black and Blue s’écoute plus que bien. J’irais même jusqu’à qualifier Britty Boy de planante. Et enfin, la chanson que je désignerais comme ma préférée de l’album, Lalalove you, qui réussit à être rafraichissante sans trop donner dans la niaiserie (ou alors une niaiserie délicieuse) remporte haut la main le trophée du titre qui, quand même, donne un peu le rose aux joues quand on le prononce.
Voyez plutôt :
Donc, oui, il y a, sur le nouvel album des BB Brunes, quelques morceaux qui valent vraiment le coup d’être entendus, écoutés, voire même retenus.
Et c’est un peu le problème, finalement.
Car cinq morceaux valables sur un album qui en compte treize, non, ce n’est pas suffisant.
Peut-être pas cette fois (« Dis-moi, dis-moi combien tu prends pour l’arrière et puis pour l’avant peut-être bien les deux côtés »), qui fait figure de petite sœur de BB Baise, peut à la rigueur passer pour une sorte de chanson paillarde à la sauce rock and roll, assez rigolote.
Le reste peut être oublié, et est oublié, après la première écoute.
Et c’est pour ça qu’il faudrait critiquer les BB Brunes. Plutôt que de s’en tenir à une critique ultra-consensuelle selon laquelle ce sont trois minets parisiens arrogants et insupportables, on pourrait avancer qu’ils se sont un peu fichus de nous pendant la moitié de l’enregistrement de leur album. Quand on est capable d’écrire Lalalove you, et donc de donner une certaine cohérence aux montagnes sucrées de sentiments heureux qui semblent avoir inspirées Gallo pour cette chanson, (et on sait bien que c’est atrocement dur d’écrire sur des sentiments heureux), quand on peut composer Black and Blue ou même, simplement, donner du corps à Gare au Loup, on ne sert pas une plate banalité comme M. la maudite, Ma mods, (D)andy ou Illuminations, toutes plus anodines et anonymes les unes que les autres.
Vient alors le temps de la notation, et donc du dilemme. Dilemme dont je me sors grâce à la méthode arithmétique peu subtile mais quand même bien pratique : leurs meilleures chansons mériteraient bien 8/10. Mais le reste plafonne plutôt à 4/10. Les bonnes chansons représentent 1/3 de l’ensemble des morceaux de l’album, ce qui donne la moyenne pondérée suivante :
(4 x 2 + 8 x 1)/3 = 16/3 = 5.333333333333333. Comme je ne peux pas mettre de demi-point, et encore moins de décimales à l’infini, j’arrondis à 5. Ainsi soit-il.
Et le clip de ma chanson préférée de préférée de l’album :
nuage de tags & best-of



Mlle Eddie a dit :
1
C’est clair que « Lalalove You » est pas mal du tout. Et certaines chansons sont très loin d’être ridicules.
Mais je trouve que c’est toujours très très léger par rapport au reste qui est vraiment vide d’intérêt. J’trouve qu’il y a une amélioration quand même
Martin a dit :
2
Je viens seulement (!) de réaliser que Lalalove you est – en terme de titre seulement, heureusement – un honteux plagiat des Pixies.
LyLou a dit :
3
Pathètique . T’es qui toi pour LES JUGER .
DIEU a dit :
4
C’est vraiment de la merde !
alex twist a dit :
5
Hello,
je ne sais pas si mon commentaire est passé (j’ai pas l’impression en fait) en tout cas je voulais rectifier quelque chose, il est écrit
« Ce sont eux les pionniers. Ce sont eux qui ont duré, ou sont en passe de durer un minimum (et heureusement, car sincèrement, que ce soit les Naast ou les Second Sex, qui aurait pu en vouloir encore ?). »
et donc je voulais juste signaler que les Naast et les Second Sex existaient avant les BB Brunes, disons qu’il y a d’abord eu les Parisians, mais qu’ils n’ont pas été capable d’entrainer une dynamique autour d’eux, et en plus ont changé sans arrêt de line-up, et ensuite les Naast, le vrai groupe catalyseur pour toute cette scène (Plasticines, BB Brunes, Shades, Brainbox, Brats, Second Sex, Violett etc.)
donc effectivement aujourd’hui seul les Shades peuvent faire (un peu) d’ombre aux BB Brunes, encore que cela me semble mal parti, mais en tout cas les premiers c’est bel et bien les Naast
Mercy a dit :
6
Effectivement, merci d’avoir corrigé
Mais il me semble quand même qu’en terme de succès sur la durée, les BB Brunes remportent la mise.
Mout' a dit :
7
J’ai toujours été intrigué par ce groupe, enfin, j’avais écouté quelques fois le premier album et trouvé quelques intérets, qui me faisaient ressentir, peut-être à tord, un espoir en eux. Enfin, comme tu le dis bien, un groupe de jeunots pareil au zénith, ça laisse présager certaines choses.
Enfin, j’ai été coupé dans mon élan par lala love you, et leur clip vraiment vraiment d’une nullité sans borne. On ne porte pas de regard de la sorte sur des légendes disparues quand on a la vision et la classe d’un type de 20ans qui pourrait juste avoir la prétention de passer le premier tour de la nouvelle star.
Enfin, ta critique, même avec la note mitigée, m’a redonné envie de m’intéresser un peu à eux, et de garder tout ça dans un coin au cas ou un jour ils deviennent vraiment un groupe qui cartonne.
Enfin croyons-y, et on pourra dire « mais j’vous l’avais dit qu’il valaient le coup. »
Mercy a dit :
8
Mout’, tu résumes bien ce que je pense d’eux (après, certains titres peuvent plaire plus que d’autres, Lala Loveyou a des côtés ultra mielleux qui m’agacent aussi).