Le Best-of du mois

6/10 7/10 8/10 9/10 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Allemagne Angleterre Australie Blues Canada clip concert disco enfant malien Etats-Unis Festival folk France Grande Bretagne Hip Hop house jazz live New Wave nouveau nouvel album pop post-rock punk rap reprise rock Royaume-Uni soul suède techno trip-hop UK USA électro

nuage de tags & best-of
Accueil » Chroniques

Chronique de BB Brunes – Nico Teen Love

Chronique de BB Brunes – Nico Teen Love
Genre : Rock-pop adolescent en cours de maturation - je n'emploierai le mot "baby rock" que par la force des baïonnettes.
Chanson(s) préférée(s) : Lalalove you, Nico Teen Love, Cola Maya, Britty Boy, Gare au loup.

5/10

« Elle me dit qu’elle n’aime que les slows en anglais, et j’expire un Shakespeare très français ! » (Lalalove you).

Les BB Brunes sont de retour.

Mais non, revenez.

Parler des BB Brunes, ce n’est pas facile. On a tout entendu à leur sujet : des déclarations d’amour les plus passionnées (et stupides, disons-le) aux démonstrations de pure haine musicales (expéditives, disons-le aussi). Pourtant, je reste persuadée qu’il y a un bien un juste milieu quelque part.

Alors oui, évidemment, les BB Brunes n’ont ni le phrasé d’un Gainsbourg, ni la classe d’un Bashung, ni la canaillerie d’un Jean-Louis Aubert. Je pense qu’on est tous d’accord là-dessus. Passé ce stade, on peut néanmoins se rendre compte que dans leur petit univers, tout faux et méprisable et musicalement aberrant qu’il puisse être, ce sont eux les rois. Ce sont eux les pionniers. Ce sont eux qui ont duré, ou sont en passe de durer un minimum (et heureusement, car sincèrement, que ce soit les Naast ou les Second Sex, qui aurait pu en vouloir encore ?). Ce sont eux qui ont fait le Zénith à même pas vingt ans. On ne fait pas le Zénith à même pas vingt ans (ou à environ vingt ans, je ne connais pas encore leurs dates de naissance, j’aime cultiver ma normalité) en étant une bande d’abrutis complets. Ou d’abrutis sans talent aucun.

Alors oui, oui, oui, trois fois oui, les BB Brunes sont agaçants au possible, et arrogants aussi, et énervants à regarder sur scène. C’est pourquoi il est fortement recommandé de les écouter les yeux fermés. C’est ce que j’ai fait à la sortie de leur nouvel album, Nico Teen Love, en novembre dernier.

Premier constat : les BB Brunes ne sont plus trois, mais quatre, puisque Bérald, leur bassiste anciennement réservé aux quelques initiées piquées d’exotisme, fait maintenant figure de membre à part entière. Second constat : en réalité, les BB Brunes sont toujours deux : Adrien Gallo, et les autres.

Car oui, approximativement tout ce qu’on peut trouver de bien aux BB  Brunes provient de lui. A-t-on déjà entendu quelqu’un vanter leurs sublimes percussions, ou leurs lignes de basse incomparables ? Nenni. En revanche, l’écriture des chansons, le jeu guitaristique, oui, parfois. Rarement, peut-être, mais parfois. Alors, certains me diront que les riffs de guitare les plus intéressants ne proviennent pas de Gallo, qui n’est pas en charge des solos mais seulement de la lead guitar, mais de Félix le guitariste. La réponse à cela est simple : je m’en fous.

Dans cet album réalisé à deux, pardon, à quatre donc, quelques jolies trouvailles, aux nombres desquelles le titre ne figure pas : sincèrement, je me suis sentie très stupide en écrivant que je chroniquais l’album Nico Teen Love. Parce que même sans le jeu de mot, Nicotine Love, ça fait niais.

Toujours est-il que ce nouvel album, donc, contient quelques morceaux qui valent vraiment le détour. Dommage que la qualité desdits morceaux soit inversement proportionnelle à celle du titre.  Nico Teen Love, qui apporte quelques jolies innovations, comme la voix tantôt inhabituellement grave d’Adrien Gallo, tantôt joliment voilée, a le triste privilège d’être la chanson éponyme. Cola Maya, quant à elle, constitue une démonstration plus classique des qualités de son songwriting (ouh yeah). Gare au loup est mignonne, Black and Blue s’écoute plus que bien. J’irais même jusqu’à qualifier Britty Boy de planante. Et enfin, la chanson que je désignerais comme ma préférée de l’album, Lalalove you, qui réussit à être rafraichissante sans trop donner dans la niaiserie (ou alors une niaiserie délicieuse) remporte haut la main le trophée du titre qui, quand même, donne un peu le rose aux joues quand on le prononce.

Voyez plutôt :

Donc, oui, il y a, sur le nouvel album des BB Brunes, quelques morceaux qui valent vraiment le coup d’être entendus, écoutés, voire même retenus.

Et c’est un peu le problème, finalement.

Car cinq morceaux valables sur un album qui en compte treize, non, ce n’est pas suffisant.

Peut-être pas cette fois (« Dis-moi, dis-moi combien tu prends pour l’arrière et puis pour l’avant peut-être bien les deux côtés »), qui fait figure de petite sœur de BB Baise, peut à la rigueur passer pour une sorte de chanson paillarde à la sauce rock and roll, assez rigolote.

Le reste peut être oublié, et est oublié, après la première écoute.

Et c’est pour ça qu’il faudrait critiquer les BB Brunes. Plutôt que de s’en tenir à une critique ultra-consensuelle selon laquelle ce sont trois minets parisiens arrogants et insupportables, on pourrait avancer qu’ils se sont un peu fichus de nous pendant la moitié de l’enregistrement de leur album. Quand on est capable d’écrire Lalalove you, et donc de donner une certaine cohérence aux montagnes sucrées de sentiments heureux qui semblent avoir inspirées Gallo pour cette chanson, (et on sait bien que c’est atrocement dur d’écrire sur des sentiments heureux), quand on peut composer Black and Blue ou même, simplement, donner du corps à Gare au Loup, on ne sert pas une plate banalité comme M. la maudite, Ma mods, (D)andy ou Illuminations, toutes plus anodines et anonymes les unes que les autres.

Vient alors le temps de la notation, et donc du dilemme. Dilemme dont je me sors grâce à la méthode arithmétique peu subtile mais quand même bien pratique : leurs meilleures chansons mériteraient bien 8/10. Mais le reste plafonne plutôt à 4/10. Les bonnes chansons représentent 1/3 de l’ensemble des morceaux de l’album, ce qui donne la moyenne pondérée suivante :

(4 x 2 + 8 x 1)/3 = 16/3 = 5.333333333333333. Comme je ne peux pas mettre de demi-point, et encore moins de décimales à l’infini, j’arrondis à 5. Ainsi soit-il.

Et le clip de ma chanson préférée de préférée de l’album :


L'avis des autres

The Avalanches – Frontier Psychiatrist
Foals – Olympic Airways

8 Commentaires »

Réagis mon ami !

S'abonner aux commentaires de cet article.

Ce blog est magistralement paramétré pour afficher des Gravatar. Si toi aussi tu veux une image à côté de tes commentaires (comme je te comprends), tu peux aller jeter un oeil chez Gravatar.

l' auteur, Mercy

Creative Commons License
Les articles sur ce site sont placés sous licence Creative Common (by-nc-sa).