Elvis Presley, Johnny Cash, Moby – Run on (God’s gonna cut you down)
Eh oui, vous ne rêvez pas : Elvis Presley, Johnny Cash et Moby se partagent bel et bien l’affiche de cet article. Pendant que votre regard interloqué me hurle « Comment se fait-ce ? « , laissez-moi vous expliquer. Si vous avez la chance de déjà connaître Run on (aussi appelée God’s gonna cut you down, si vous suivez), et bien vous savez qu’il s’agit d’une vieille chanson folk traditionnelle qui fut interprétée par des artistes divers et variés. Vous commencez à voir où je veux en venir ?
Commençons donc par le commencement (je hais cette expression), à savoir Elvis Presley. En plein dans sa période gospel, il ne pouvait passer à coté de ce morceau et sortit donc du placard son chœur de chanteurs (The Jordanaires) pour se livrer à son interprétation de Run on. Le résultat est typique du gospel : une chanson joyeuse et entraînante aux thèmes religieux tout à fait déprimants mais qui passent inaperçus grâce aux voix du chœur. Nos amis anglophones se rendront bien compte en lisant les paroles que le fond de la chanson tranche radicalement avec sa forme dans cette interprétation d’Elvis Presley.
Pour être honnêtes, notons tout de même que les premières secondes de la chanson sont plutôt calmes. Ça se gâte dès la 8e seconde, pour notre plus grand bonheur.
Faisons maintenant un saut d’un demi-siècle en avant pour rejoindre l’ami Moby, qui en fouillant dans de vieux vinyles en trouve un de Bill Landford & The Landfordaires, datant de 1947 et intitulé ― ô miracle ― Run on for a long time. Notons au passage que les auteurs de cette interprétation ne sont connus que pour celle-ci, et pour quelques morceaux de la bande originale de Ladykillers ― mais nous nous égarons. Le vinyle en main, Moby décide d’en sampler les voix pour cuisiner le morceau à sa sauce, avec quelques autres samples et une pincée d’arrangement personnel. De ce doux mélange émerge une nouvelle version de la chanson qu’il insère dans son futur blockbuster Play, sorti en 1999.
Et comme si cela ne suffisait pas, Moby décide de tourner un clip et en confie la réalisation à Tony Kaye (oui oui, celui de American History X, mais nous nous égarons encore). Le résultat est délicieusement délirant et absolument absurde, histoire que notre sonotone ne soit pas le seul à profiter.
Mais bon, les chanteurs de gospel, le paradis, la joie et la bonne humeur, ça va deux minutes. Avec Johnny Cash, il est maintenant temps de voir tout en noir et de pleurer un bon coup. Commençons déjà par dire que son interprétation de God’s gonna cut you down est parue en 2006 lors de la publication posthume de l’album American V : A Hundred Highways. Déjà, pas de quoi mettre le sourire aux lèvres. Mais quand le morceau commence vraiment, là c’est carrément la pulsion suicidaire qui approche. Finis les joyeux chants de rédemption bisounours, ici on sort le vice et les pêchés pour les expier dans le sang et la douleur. Et bizarrement, ça fait un bien fou aux oreilles.
Allez, rangez votre corde et votre tabouret, je vais essayer de détendre l’atmosphère grâce au clip (posthume aussi, donc). Certes, il n’a pas l’air marrant comme ça, mais essayez un peu de me citer plus de la moitié des artistes qui y figurent, et on reparle. Le premier qui me poste ça dans les commentaires ― sans tricher ― a gagné un flacon de cyanure.
(indice pour les nuls : Byghosta, Martin et Mercy y trouveront tous leur compte)
nuage de tags & best-of


Chatterton a dit :
1
Je cherche désespérément le fichier, mais Pow-Wow a aussi fait une reprise de cette chanson, assez proche de celle d’Elvis, d’ailleurs.
Chatterton a dit :
2
Je double-commente : http://www.youtube.com/watch?v=bigaNQrXS2M
Q a dit :
3
Huhu, c’est aussi sympa.
Saccapus a dit :
4
Si je puis me permettre d’emettre mon humble avis, je ne suis pas sur que l’on puisse qualifier la version de johnny cash de reprise étant donné qu’elle n’a de commun avec l’original que les paroles; en effet les versions d’Elvis et de Moby sont en Fa# majeur, alors que la version de Johnny Cash est en Sib mineur
Q a dit :
5
Quelles que soient ces considérations techniques, je n’ai pas qualifié le morceau de Johnny Cash de reprise. Comme il s’agit d’une veille chanson folklorique, chaque morceau est une interprétation différente et non une reprise.
Et personne pour relever mon défi ?
Mercy a dit :
6
Martin et moi on l’a un peu relevé lors de notre duel (sans merci, mais avec Mercy, hihihi), et à nous deux on avait environ la moitié des artistes je pense (même si Martin en a trouvé plus parce que c’est un homme instruit qui sait que le bassiste des Red Hot a des tatouages sur les phalanges).
Mercy a dit :
7
Ah non, pas le bassiste, un autre, mais je sais plus lequel.
Branche ton Sonotone ! » The Notorious B.I.G./Frank Sinatra – Everyday Struggle/A day in the life of a fool a dit :
8
[...] deux artistes que tout oppose réunis en un seul article. En plus je vous ai déjà fait le coup la semaine dernière. Et oui, je suis incorrigible, j’adore les alliances musicales incongrues et les ponts [...]
Côme a dit :
9
Le commencement c’est un traumatisme lié à la philo?
Sinon j’ai reconnu iggy pop, kanye west, chris martin, Patti Smith?, Justin Timberlake (Aarghh), Kate Moss, Bono, Anthony Kiedis, Kid Rock, Jay-Z, Keith Richards, un mec de ZZ Top(la barbe, évidemment..), Johny Depp. Je suis pas loin de la moitié nan?
Q a dit :
10
Pas mal, pas mal, Côme ! Pour les curieux, la liste des 37 artistes apparaissant dans le clip est disponible ici : http://bit.ly/dmTumC