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Chronique de SayCet -Through The Window

Chronique de SayCet -Through The Window

SayCet - Through The Window

Année : 2010
Genre : Electro minimaliste, trip-hop
Chanson(s) préférée(s) : Opal

9/10

Au commencement il n’y avait qu’une ritournelle électronique apparemment évidente, douce et sans prétention mais tout de même, sacrément élévatrice. SayCet m’a révélé Through The Window il y a plusieurs semaines et l’expérience proposée par cette association ce révèle être au fil du temps une curieuse balade tout en relief, au creux des songes et des nuages. Minimaliste n’est pas simple. Cette bande en est le parfait exemple.

Derrière l’aka SayCet il y a le français Pierre Lefeuvre. Désormais accompagné par Phoene Somsavath au chant, le projet gagne en onirisme. Après un excellent premier album, les invitations au voyage se répètent avec Through The Window, mêlant les influences minimalistes de Steve Reich et d’autres plus warpiennes tel que Boards of Canada. Synthétiquement, c’est ainsi que le groupe se présente.

Le jeu avec la musique trip/hop actuelle, c’est de savoir créer une certaine profusion instrumentale, synthétique et émouvante, en créant une atmosphère organique, aux limites de la perception humaine. La musique y est à la fois une machine et un être biologique. C’est un coup double qui donne au processus artistique les attraits d’une programmation industrielle: un élément isolé des autres n’a pas de sens, mais dans son ensemble, la chaine nous dévoile quelle interdépendance sévit entre ses composants et à son terme, l’ordonnancement dévoile un résultat imprévisible.

Saycet navigue dans ces eaux là même s’il ne s’identifie pas comme l’un de ses représentants. Je dirais plutôt qu’il en garde le meilleur pour y déposer sa marque, et il y a bien des façons de la décrire. Cette musique est à la fois sous-marine et aérienne, sauvage et maitrisée, urbaine et nature. Produire un genre qui confond autant les paysages, si riche et pourtant si simple révèle un véritable talent. De même, si les percutions électroniques traduisent souvent une certaine violence, avec SayCet elles ne sont jamais plus qu’un facteur supplémentaire pour équilibrer l’équation aux origines de la mélodie.

Mathématique, industrielle, autant de termes pour saluer certaine tendances: la logique, la mécanique ou la rigueur. On pourrait y déceler un manque cruel de spontanéité, je préfère les attribuer à la maitrise et même, à la démarche artistique de SayCet. Animer une telle sensibilité tout en sollicitant des rouages aussi élaborés, voilà un bel exercice de style qui s’accomplit sans faux pas.

Avec Opal, avant de connaitre l’album dans sa totalité, il était évident que la substance distillée par SayCet allait détenir une forte teneur en alcool; suffisamment pour que ses vapeurs provoquent de douces hallucination. Aussi plus ces volutes se font denses, plus la musique prend des accents de mélopée fragile,  que rien ne devrait venir troubler. J’en  conviens, ce minimalisme ne se laisse pas apprivoiser facilement, il en appelle surement à une grande part de notre subjectivité et sans clore cette chronique, la saveur de Through The Window peut difficilement se justifier. Mais il faut au moins lui reconnaitre le pouvoir de créer une atmosphère des plus douces, et parfois, trainer avec langueur sur des séquences électrisantes, voir envoutantes.

Contemplatif, c’est le terme plusieurs fois choisi par Lefeuvre pour parler de sa musique. Plus d’un mois après cette découverte, après l’avoir parcouru dans tous les sens et m’en être complètement imprégné, je donne mille fois raison à son auteur. On parle d’un disque qui se laisse admirer et qui vous effleure d’un contact presque invisible. Et c’est sur ce terme « contemplatif » synonyme d’hypnotisme et d’admiration, que je conclus cette chronique; même si le raccourcie est facile, c’est celui qui résume le mieux l’envergure de ce disque.

L’album Through The Window serra disponible le 22 mars 2010…

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l' auteur, Pirhoo

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