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Bernard Lavilliers – Fensch Vallée

Plus les mois passent et plus le moral des Français est en berne. Il faut avouer que nous ne sommes pas connus pour être le peuple le plus optimiste au monde mais y’a de quoi faire la gueule en ce moment. Le chômage est à son taux le plus élevé depuis dix ans, les débats liés à la campagne des élections régionales battent tous les records de médiocrité… Enfin bref. Ne nous étendons pas sur ce genre de sujets, bien trop éloignés de la mission à laquelle s’affère BTS, c’est-à-dire donner son avis sur la musique dans son ensemble.

Pourtant, si j’ai choisi de vous présenter le titre Fensch Vallée sorti sur l’album Les barbares de Bernard Lavilliers, ce n’est pas tout à fait anodin. Tout d’abord, il est impossible de cacher mon amour pour la Lorraine dont je suis originaire. Cette chanson rend en effet hommage à la vallée de la Fensch, située dans le nord ouest de la Moselle. Comme Lavilliers le décrivait si bien, là-bas il n’y a pas de touristes, le ciel est bizarre, le nom d’une grande partie des patelins se termine en « ange » – Florange par exemple. Somme toute, rien de bien sexy. Mais cette partie de l’ancien « Texas français » que constituait la Lorraine souffre. Si « notre » président ironisait il y a de cela deux ans sur de possibles vacances du côté de Gandrange, l’effort consenti pour sauver ces derniers vestiges de l’épopée industrielle mosellane ne cachera jamais le marasme dans lequel cette région glisse depuis près de trente ans.

A l’époque où ce titre fut chanté sur un air de rumba par Lavilliers, le déclin de la sidérurgie connaissait ses premiers balbutiements mais le stéphanois d’origine se faisait déjà le défenseur des opprimés, comme il a aussi pu le faire pour les travailleurs de Saint-Etienne. Musicalement parlant, notre crooner rebelle arrive tant bien que mal à nous faire nous dandiner malgré la noirceur des propos. Cet amoureux des populations en détresse nous clame ici tout son attachement à la Lorraine et à ses habitants qu’il côtoya brièvement au cours de sa vie.

Quant à la vidéo en elle même, elle est un peu kitsch, en témoigne le fait qu’elle soit diffusée sur la chaîne Melody. Cette méchanceté étant dite, attaquons nous à la mise en scène du show. Bernard est habillé d’un gilet de parfait chippendale dans lequel il gigote des épaules pour dépeindre de très belle manière le quotidien harassant des Lorrains. Pour faire passer le message, il est notamment accompagné d’un joueur de percussions assez remuant et dont le sourire – caché sous une épaisse moustache – est très communicatif.

L’esthétique caractéristique des années 1970 ainsi que celle de Bernard Lavilliers justifie le classement de cet article dans la catégorie « N’importe quoi ». En revanche, on ne peut qu’être admiratif de la justesse des mots employés par le chanteur pour parler de personnes trop souvent considérées comme étant « n’importe qui ».

The Morning Benders – Excuses
Flox – The Words

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l' auteur, Byghosta

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