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Live report : Shed live @ Rex Club 27/02/10


Le (trop) méconnu Dj Deep est probablement l’organisateur des meilleures soirées techno parisiennes à l’heure actuelle, à travers sa résidence au Rex Club et ses soirées Deeply Rooted Night. En Décembre, on a eu droit à Robert Hood, le visionnaire minimaliste d’Underground Resistance, et à Norman Nodge, et deux mois plus tard, rebelote dans le bon goût, ce sont cette fois-ci Shed et Dj Pete qui accompagnaient Dj Deep. On insiste souvent sur les puissants liens qui unissent la techno de Detroit et celle de Berlin, et ces deux soirées nous ont prouvé avec éclat la justesse de cette comparaison.

A l’entrée, la queue des préventes s’allongeait ostensiblement plus que celle des spectateurs dépourvus de billet, preuve que ce soir le public était composé en majeure partie de connaisseurs, avides d’assister à la performance du petit génie teuton, résident du Berghain, auteur de nombreux EP remarqués et d’un excellent album en 2008 (désigné meilleur album 2008 par Resident Advisor). Venu nous présenter ses récentes sorties, il ne s’est pas contenté de les aligner à l’intérieur d’un set sans âme : il les a entièrement réinterprétées, improvisant souvent à l’intérieur de celles-ci. Il nous a par ailleurs prouvé qu’un live entièrement numérique pouvait être couronné de succès. Extrêmement concentré tout au long de sa prestation, il a fallu attendre l’ovation finale du public pour qu’il nous gratifie d’un timide sourire, mais la générosité de son live se situait avant tout dans sa musique.

DEEPLY ROOTED NIGHT « SHED LIVE » @ REX CLUB from Lark Crail on Vimeo.

On pourrait à la première écoute la croire froide et austère, mais elle est en fait empreinte d’une sensualité qui appelle à la communion. Celle-ci nous évoque immédiatement l’ambiance inhérente au Berghain, du moins pour ceux qui ont eu la chance de pouvoir en franchir le seuil. Cela n’est guère étonnant quand on sait que les artistes d’Ostgut Ton (le label affilié à Ostgut, mythique club berlinois auquel le Berghain a succédé) se servent du lieu pour y tester leurs derniers morceaux. Ben Klock, Len Faki, Marcel Dettmann, Tama Sumo, Prosumer & Murat Tepeli, Planetary Assault System aka Luke Slater (entre autres), utilisent ainsi l’acoustique de l’endroit, extraordinaire, pour exploiter à leur maximum les ressources de leur musique, particulièrement celles des basses fréquences. On n’a donc guère été surpris de sentir ces incroyables basses, si puissantes, nappées de distorsions, nous traverser le corps tout au long du concert, grâce également, il faut bien le rappeler tant les installations sonores de certains établissements que nous ne nommerons pas laissent actuellement à désirer, au très bon soundsystem du Rex Club. L’influence du dubstep, à travers l’utilisation des basses, mais aussi de la rythmique parfois peu linéaire, est de plus en plus flagrante dans le travail de Shed ; elle est ainsi bien plus présente que sur son album Shedding The Past. Cela annonce un nouvel album probablement grandiose, qui, s’il sortait en 2010, se classerait certainement tout en haut de notre classement electro/techno.

Le mix introductif de Dj Deep, très correct, ne restera pas pour autant comme un souvenir impérissable, tant il est difficile de marquer le public avec un Dj Set lorsque celui-ci se retrouve subjugué par un live par la suite. La soirée s’est achevée au son de Dj Pete (aka Substance), qui, entre dubstep énervé et techno virulente, a su faire chavirer nos cœurs. La performance doit être soulignée, car seul un Dj de son talent et de son expérience était capable de trouver le ton musical adéquat pour succéder au live fracassant de Shed.

Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, l’ambiance au sein du Rex était vraiment bonne, ce qui n’est plus le cas, loin s’en faut, tous les soirs. On pouvait y croiser des danseurs de drum’n bass déchaînés (sur Dj Pete) et classes, des intégristes techno statiques, fermés, mais impressionnants, et de nombreux clubbers plus classiques, très ouverts, le sourire aux lèvres, l’air heureux après une soirée comme on n’en voit plus que très rarement à Paris.

I AM UN CHIEN !! feat. JRF – Hologram
Chronique de A Sufi And A Killer – Gonjasufi

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l' auteur, Martin Wolf

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