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Chronique de Two Door Cinema Club – Tourist History

Chronique de Two Door Cinema Club – Tourist History

Two Door Cinema Club - Tourist History.

Année : 2010
Genre : Electro-pop.
Chanson(s) préférée(s) : I Can Talk, Undercover Martyn, Come Back Home, What You Know.

7/10

Durant les dernières années, il y a plusieurs groupes qui ont marqué le milieux hype-grand-public-mais-un-peu-indé-quand-même. Je pense à l’usine à tubes Franz Ferdinand, aux bouillonnants Arctic Monkeys, aux Phoenix, Foals, MGMT etc. Aujourd’hui on nous annonce dans les Inrocks et consorts que le « Next Big Thing » est Two Door Cinema Club. Et en effet, ces trois Irlandais ont tout pour plaire : ils sont jeunes, ont tous une bonne gueule de gentil garçon et surfent sur la vague électro-pop actuellement dominatrice sur le marché grand public.

Ce qui frappe quand on écoute d’une traite cet album (une trentaine de minutes ça va vite), c’est que le trio a tout compris ! TDCC est la parfaite synthèse de tous les groupes cités plus haut. Hop ! On pioche un peu de guitares aiguës et débridées à la Foals, l’efficacité des gimmicks de Franz Ferdinand, la voix douce et les batteries électroniques de Phoenix etc. On sent que les larrons ont écoutés et digérés toutes ces belles influences et viennent montrer que la musique qui marche aujourd’hui c’est « ça ».

Et le pire dans tout ça c’est que ça marche plutôt très bien, j’irai même jusqu’à dire que cet album a su dépasser ce melting pot d’influences. L’album s’ouvre sur Cigarette In The Theatre et donne le ton. Les couplets sonnent Foals à mort si bien que ça donne presque envie de hurler au plagiat. Mais là le refrain se pointe et paf ! Tu remue la tête frénétiquement, un sourire s’accroche à tes lèvres et tu oublie tout le mal que tu pouvais penser quatre secondes plus tôt. Même constat sur l’imparable Come Back Home où encore sur la gigotante What You Know. Les batteries sont addictives, les rythmiques un peu fofolles et les guitares épileptiques.

Mais ce Tourist History, c’est avant tout une usine à tubes qui va faire danser dans les soirées un peu branchouilles. Mais pas que. La preuve en est les deux singles préalablement sortis. D’abord la formidable I Can Talk. Hymne fascinant d’évidence, le morceau n’en reste pas moins un morceau complexe sur la corde entre le dancefloor et la mélancolie. Idem pour Undercover Martyn, et son « to the basement people, to the basement » ultra addictif, qui laisse toutefois entrevoir une certaine mélancolie.

Au final, cet album est parfait dans son genre. Lisse comme il faut pour passer dur tout types de radios, assez indé pour ne pas être boudé des hypeux et signé chez Kitsuné pour couronner le tout. Cependant c’est aussi son principal défaut que cette perfection. L’aspect lisse de l’album peine à être dépassé pour aller vers un vrai univers propre au groupe. Tout ce que je peux leur souhaiter c’est de cartonner assez pour qu’il aient l’opportunité de nous pondre un second album aussi tubesque mais aussi plus profond, qui ne dévoilerait pas toutes ses cartes à la première écoute. Car après tout, ce groupe m’est sincèrement sympathique. Tout est dans le titre Tourist History. Trois touristes irlandais qui racontent les histoires qu’ils ont appris lors de leurs voyages passés dans les dédales de la musique des dernières années. Et à ce niveau-là, c’est plutôt réussi.


Le clip de I Can Talk.

Eric Weissberg and Steve Mandell – Dueling Banjos
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l' auteur, Matthieu

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