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Chronique de The White Stripes – Under Great White Northern Lights

Chronique de The White Stripes – Under Great White Northern Lights

The White Stripes - Under Great White Northern Lights.

Année : 2010
Genre : Stone-Blues-Rock Live.
Chanson(s) préférée(s) : Toutes sauf le biniou !

10/10

Un titre à rallonge qui n’est pas sans rappeler le Under Black Pool Lights sorti en 2004. Retraçant en vidéo la tournée du triomphal Elephant, on y découvrait un Jack White déchaîné enchainant les morceaux avec une violence non contenue. Un pur bonheur en somme. Cependant ce UGNL est le premier CD live sorti par les Bandes Blanches. Il accompagne un documentaire réalisé pendant la tournée canadienne célébrant le dixième anniversaire du groupe.

Dix ans de carrière, six albums qui font des Stripes un groupe majeur de la scène rock des années 2000. Cet album se présente comme une synthèse de ces dix ans. Premier constat, le son est parfait. Juste assez propre pour être agréable à l’oreille et juste assez crade pour sonner bar indé de Nashville. Toute l’essence des White Stripes est présente dans ce condensé d’un live qui doit être bien plus long que les présentes 17 chansons. On se sent pleinement dans la salle, notamment grâce à une gestion miraculeuse de la « reverbe salle ».  On frémit autant que le public enregistré sur les dix secondes d’intro « audience hurlante ».

Sonnent alors les cornemuses, qui font mal aux oreilles pendant 40 secondes, quand arrive sans crier garde le riff lourd de Let’s Shake Hands. La Big Muff poussée à toute blinde, Jacky hurle littéralement dans son micro. C’est enragé, crado, et absolument jouissif. Le tout enchaîné par un Black Math salvateur, on imagine l’hystérie dans la fosse. Ils seront nombreux ces brûlots primaires auxquels White s’amuse à greffer des solos suraigus, totalement improvisés, dont il a le secret. Écoutez donc la terrifiante Icky Thump. Au riff surpuissant, se greffe un clavier totalement barré et un solo déstructuré tout en slides et notes étouffées. Bandant je vous dit.

Mais les Stripes c’est aussi des tubes imparables. Le premier à apparaitre est Blue Orchid. Morceau phare de Get Behind Me Satan, son interprétation live est à hurler de plaisir. Le titre montre toute son évidence, côtoyant le côté hyper underground propre au groupe. C’est sûrement la plus grande force des White Stripes. Un mot tout de même de Seven Nation Army. Placé en dernier (logique), le titre est joué de façon lourde, comme un éléphant écrasant tout sur son passage. Qu’on se le dise, avant qu’une armée de footballeurs, rugbymen ou piliers de bars ne se l’approprient, SNA était un vrai grand morceau, la preuve en est cette interprétation magistrale.

Mais le duo ricain ne fait pas que du gros bruit, non, non, non. Ils savent aussi faire jouer la sensibilité de l’auditoire. On pense alors bien sûr à la reprise de Jolene, toujours aussi belle et poignante. Le texte déchirant prend tout son sens dans l’instrumentation dépouillée qui l’accompagne ici. On pense aussi au très bel enchaînement We Are Gonna Be Friends / I Just Don’t Know. Deux morceaux forts des Stripes, deux époques, une même ligne conductrice. La même mélancolie joyeuse, la même douceur tendue.

Enfin le duo nous fait aussi quelques surprises dans le choix des morceaux et leurs interprétations. D’abord l’apparition inattendue de Union Forever extraite de White Blood Cells. Morceau assez méconnu à l’ambiance inquiétante, interprété sur le fil. D’autre part Ball & Biscuit jouée de façon absolument méconnaissable. Oublié le riff de guitare presque clair de la version album. Ici White fait vibrer sa guitare de façon lourde, sale et ultra puissante, le tout couplé à un orgue de crypte en intro. Le morceau à l’origine bluesy se trouve transformé en boulet de canon stoner écrasant, muni d’un solo absolument monstrueux. Surprenant. Bon et puis il y a les passages musique celtique présents sur Icky Thump, excellent dernier album un peu sous représenté sur ce live. J’avais espéré y échapper, c’est raté ils nous foutent du biniou sur l’intro, l’outro et l’horripilante Little Ghost. Tant pis, et puis c’est un problème purement personnel.

Vous l’aurez compris à la lecture de cette chronique apologétique, cet album live et un recueil magnifique pour tout fan du groupe rouge et blanc. On prend son pied du début à la fin, on ne pense même pas que Meg White est tout sauf une batteuse et à la fin, on appuie simplement sur repeat. Et ça, c’est le plus grand des gages de qualité pour un disque.

Pour aller plus loin :

  • L’album sur Spotify ici !
  • La Bande Annonce du documentaire :


The White Stripes – Under Great White Northern Lights (BA)

    Chronique de Talking Timbuktu – Ali Farka Touré with Ry Cooder
    Eduard Khil – I am very glad, because I’m finally going home (Trololololololololololo)

    8 Commentaires »

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    l' auteur, Matthieu

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