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Live Report : Friska Viljor @ Stockholm (Strand) – 01/04

Lancer et animer Branche Ton Sonotone, c’est beaucoup de boulot. Y écrire, inlassablement, tous les jours, c’est parfois un sacerdoce, une lutte contre la page blanche, du temps perdu. Ce sont des centaines d’albums dispensables écoutés, des milliers de chansons oubliées, des centaines de blogs lus, bookmarqués et abandonnés.

Mais ces milliers d’heures de travail, ces centaines de mots jetés dans l’immensité du web m’ont amené devant une scène où j’ai vécu le plus beau moment musical de ma vie. Alors je suis prêt à signer pour un an supplémentaire, sans hésitation.

Peut-être que j’étais fatigué, un peu usé. Peut-être que j’étais dans un état particulier de vulnérabilité émotionnelle. Peut-être qu’au fond de moi, quelque chose avait besoin d’être débloqué. Des tensions, des angoisses. Peut-être aussi que ce groupe est le meilleur groupe live que ma trop courte expérience live m’a amené à croiser. Je n’en saurai jamais rien.

Ce soir, le groupe Suédois m’a pris par les épaules, cloué sur devant la scène, sans possibilité de me détacher ne serait-ce que pour une seconde du feu d’artifice qui sévissait sur les planches. La sensation que les émotions remontaient en moi, comme autant de bulles à la surface de l’eau. La sensation d’une musique qui emplit le corps jusqu’à submerger le cœur.

C’est la deuxième fois que j’allais voir Friska Viljor en concert. Après le premier concert, je n’avais rien écrit, comme si je savais qu’il manquait quelque chose. Comme si je savais qu’ils n’avaient pas atteint le niveau de grandiose, de sublime de ce deuxième concert. « I don’t mind being overcome », chantent-ils sur le fantastique refrain de Hibiskus Park. Par une telle explosion de joie et de nostalgie, moi non plus.

Et quand je rentrais, en train de danser sous les étoiles et de chanter à tue-tête à la lune ; j’avais encore envie de pleurer. Je m’imaginais en train de me jeter au cou de tous les passants. Mais j’avais aussi au creux du ventre cette sensation étrange, de savoir pertinemment qu’aucun concert ne s’élèvera jamais au niveau de celui-là. De savoir qu’il y avait un avant, qu’il y aurait un après.

A aucun moment je n’ai dit que j’avais été ému par ce concert. Car ce mot est décharné, vide de sens, d’une faiblesse sans commune mesure avec ce que j’ai reçu ce soir. Les anglais ont un mot que j’aime beaucoup. Moved. Parce que je n’ai pas seulement été ému. Après ce concert, j’y vois plus clair. Sur qui je suis, où je vais, avec qui.

Setlist

  1. I gave my life
  2. Monday
  3. Gold
  4. If I Die Now
  5. People Are Getting Old
  6. The Cure
  7. On and On
  8. Hibiskus Park
  9. Wohlwill Strasse
  10. Arpeggio
  11. Oh Oh
  12. Old Man

Crédits Photo : Timov (CC)

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l' auteur, Martin

Touffe blonde sociopathe à double arceau rotatif.

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