Metallica, The Offspring et Thin Lizzy pour combattre les talibans
Aaaah, les délicieux rapports entre musique et politique ! Après le scandaleux débat à l’Assemblée Nationale sur le Hellfest, la musique se trouve à nouveau profondément dénigrée, mais cette fois-ci nos chers députés sont hors de cause : c’est du coté des États-Unis qu’on trouve ce nouvel affront. Un article du très sérieux Daily Telegraph nous apprend en effet que les forces spéciales américaines utilisent une méthode inédite pour affronter les talibans dans le sud de l’Afghanistan : un véhicule blindé équipé de gigantesques hauts-parleurs parcourt la région en diffusant sa musique à pleine puissance pendant des heures. Ainsi, chaque personne dans un rayon de deux kilomètres autour du véhicule peut entendre des morceaux de « groupes délicieux » (dixit Patrick Roy) tels que Metallica, The Offspring ou Thin Lizzy.
Mais pourquoi donc, me hurlez-vous ? Le Daily Telegraph est allé demander à un officier des forces spéciales impliqué dans ces « psy ops » (pour « psychological operations »), et sa réponse a été simple : ces chansons sont diffusées pour « emmerder les talibans« . Et le gradé de continuer en disant qu’ils détestent cette musique, que les autochtones se plaignent mais que cela est « une façon de les pousser à choisir leur camp« . L’efficacité de ces méthodes contre les soldats talibans n’a pas été prouvée, mais une chose reste certaine, c’est que les enfants afghans n’aiment pas ces méthodes : partout on les voit se couvrir les oreilles pour se protégér des assourdissants riffs de guitare et autres tonitruantes percussions. Outre ce douteux objectif, le gradé déclare aussi que « cela motive les marines ». Et pour couronner le tout, les morceaux sont entrecoupés de messages du gouvernement afghan et de menaces verbales contre les talibans. L’officier assure qu’il n’y a pas d’obscénités dans ces messages, mais il ajoute en souriant « nous leur disons qu’ils vont mourir« .
On soupçonnait déjà fortement les autorités américaines de psychologiquement torturer en confinant des détenus dans de petites cellules assourdies par des morceaux de heavy metal tels que Killing in the name of de Rage against the machine, mais c’est la première fois que l’armée agit ainsi en public, sans cacher ces terribles méthodes. Les mots me manquent pour qualifier de tels agissements qui sont à la fois un viol évident du fameux « droit à la tranquillité » et une ignoble profanation de la culture musicale américaine. Assimiler un morceau de musique – si violent soit-il – à un outil de torture est tout simplement abject, surtout lorsqu’il s’agit de morceaux de qualité.
Réjouissons-nous donc de pouvoir encore choisir librement quand et à quel volume écouter d’excellents disques tels que le mythique Pretty fly de The Offspring, qui doit assurément figurer en bonne place sur la playlist diffusée par les hummers américains.
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