Chronique de The Janitors – First Sign Of Delirium
The Janitors - First Sign Of Delirium
Année : 2010
Genre : Garage-rock
Chanson(s) préférée(s) : Time On My Side, Sick State, Black Sheep
Parce que je suis bien incapable de dire quoique ce soit d’intéressant sur cette petite pépite de garage rock massif, couillu et plein de cambouis, je vais vous raconter l’histoire de Johnny. C’est (un peu) pareil. On est parti ?
On est parti.
Johnny s’éveille, lentement. Le soleil malmène sa rétine à travers ses paupières closes. Dans ses veines coule le reste du litre de mauvais whisky éclusé la veille. La langue est pâteuse, lourde, un poids mort entre ses gencives.
Johnny ouvre les yeux. La lumière lui vrille les yeux et baigne sa vision d’un magma rougeâtre, indistinct. Ses membres lui font mal, ses articulations grincent. Une bête gronde, tapie au fond de ses entrailles. Les plaies de piqûres sur ses bras cicatrisent mal, et il se laboure le bras de ses ongles sales, jusqu’au sang.
La démarche mal assurée, Johnny se dirige vers la porte. A chaque pas, la peau distendue d’une grosse caisse vibre tout contre son ventre et une guitare désarcordée lui souffle son geignement criard dans le creu de son oreille.
Désormais affalé sur le canapé, Johnny contemple la bouteille de Jack Daniels. Longuement. Un rayon de soleil le frappe à l’angle de sa machoire. Il penche un peu la tête. Le soleil lui recouvre le visage, l’inondant d’un peu de chaleur. D’un pas hésitant, Johnny ouvre la porte du frigo, s’empare d’une brique de lait, l’engloutit. Le lait coule le long de son menton, de son cou.
Une fois dehors, le vent s’est levé. Des nuages s’accumulent sur la ligne de l’horizon. Au loin, on croit entendre le feulement de l’orage. Une lumière étrange baigne les pas de Johnny. Celle d’un après-midi incertain, qui peine à laisser la place au soir, où le soleil est à la lutte avec les nuages.
Johnny marche, longuement. Johnny ne sent plus vraiment ses jambes. Johnny ne sait plus si il a encore ses chaussures. Une goutte. Puis une autre. Puis des dizaines d’autres. Qui se mêlent à ses larmes qui inondent ses joues. Des yeux rouges de Johnny coule toute l’amertume et le désespoir du monde. Une noirceur infinie, rythmée par le rythme lourd de ses pas sur le pavé détrempé. Une mélancolie dont le goût amer pique la gorge de Johnny.
Johnny marchait. Johnny ne savait plus comment briser le rythme inéluctable de ses pas. Le paysage devenait flou à travers l’écran de sa vision brouillée.
Il trébucha. Lorsqu’il se releva, il ne savait plus trop bien où il était. Ça n’avait plus d’importance.
The Janitors – Time On My Side
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