Chronique de The Elephants – Take It
The Elephant - Take It
Année : 2009
Genre : Fuzz-Folk
Chanson(s) préférée(s) : The Organ Grinder, Take it, Turtle Struggle, Molehill
Le Danemark. A part le pittoresque quartier Christiania à Copenhague, je n’en connais pas grand-chose. Tout au plus quelques bons représentants d’une scène indépendante naissante, incarnée par les expérimentations des Mew, Under Byen, Mimas, ou encore Efterklang, et par la fougue électrique de The Ravoenettes. Avec la découverte de The Elephants, je gagerais que ce petit pays nordique à une place à se faire sur la scène pop-folk.
Selon certaines études, les Danois seraient le peuple le plus heureux du monde. Je n’ai aucune idée du bien-fondé scientifique de ce genre d’affirmation, mais l’écoute de ce long format m’a conforté dans ce sentiment. La pochette de Take it respire la sérénité et annonce parfaitement la douceur et l’insouciance mélodieuse distillée par ces jeunes danois. On y voit un sous-bois fleurant la fin d’après-midi, les champignons et la mousse séchée, éclairé d’une jolie corolle de cheveux blonds au milieu des halliers.
Comme de nos jours, il faut tout cataloguer (sic), je vais essayer de trouver un qualificatif à la musique des Elephants. Fuzz-Folk semble être un terme approprié, tant ces fragiles accords caressés m’évoquent les plus belles heures du célèbre collectif Elephant 6 (le nom du groupe serait-il un clin d’œil ?). En effet, il flotte ici un parfum désuet d’Apple (In Stereo) et de Neutral Milk Hotel, que répandent aisément quelques cuivres épars, et autres guitares aux mélodies alanguies et inattendues.
Mais The Elephants saupoudrent aussi leurs mélodies d’une pop fine et délicate, évoquant les chaudes envolées de Jens Lekman, dont la voix du chanteur est par ailleurs très proche. L’album forme un tout homogène, un amoncellement pastel rappelant parfois l’incertitude bricolo d’un Seabear qu’on aurait réveillé. Mêlant la clarté du glockenspiel, les fuyantes voix des trompettes, et parfois même quelques pirouettes électroniques, Take it témoigne d’une impressionnante maîtrise orchestrale.
Vous allez me dire que la recette est connue, et que l’album risque vite de tourner en rond. Pourtant, on se prend vite au jeu, et l’on rentre dans ces buissons danois pour s’y sentir vraiment bien. Jouissant de cet étrange plaisir que l’on a à rester dissimulé lors d’une longue partie de cache-cache. Parfois mélancolique, assombri, mais souvent chaleureux, cet album de canapé communique une agréable douceur de vivre, sans jamais ennuyer.
Alternant charmantes ballades (Eva), et ritournelles plus pêchues, comme le single Take it ! ou le conclusif What Happened ?, l’album repose sur une clé de voute, Turtle Strugle, une longue montée extatique parsemée de gimmicks digne du Postal Service, et d’une guitare fuzz dansante.
Si sur l’album précédent, nos doux pachydermes semblaient avoir du mal à se détacher de leurs influences, ils nous livrent là un joli disque ensoleillé de fuzzpop de chambre, à écouter en pique-niquant. Voilà donc un groupe prometteur qu’il faudra suivre de près.
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