Immortal Technique – Dance With The Devil
Depuis quelques semaines Michel Onfray fout un beau bordel dans la sphère médiatique française. En gros, selon lui, le brave Sigmund Freud ne serait qu’un charlatan dont les analyses tendraient à prouver – pour n’importe quel problème psychologique – que l’enfant veut coucher avec sa mère. C’est vrai que c’est drôle comme doctrine et je pense qu’on va rire un bon bout de temps grâce aux débats liés à cette question. Si l’appétit incestueux de l’enfant chez Freud semble volontaire, ce n’est pas vraiment le cas du jeune homme décrit dans la chanson Dance With The Devil d’Immortal Technique.
En cette terrible année 2001, le rappeur d’origine péruvienne – prodige du storytelling – a quelque peu les idées noires. Talentueux, sans moyen financier – il a dû vendre les premiers exemplaires de l’album Revolutionary Vol. 1 à la sauvette – Immortal Technique sait appâter l’auditeur à l’aide d’histoires à l’originalité sans égale.
Avec Dance With The Devil, le MC new-yorkais aborde ainsi une problématique douloureuse : le viol. Mais pas n’importe quel viol. Immortal Technique nous parle en effet de William – un membre de gang comme tant d’autres – qui va au cours d’une sorte de bizutage être amené à violer une femme pour défendre son honneur de gangster. Sauf que cet acte, il va bien vite le regretter. Le manque de luminosité de la lugubre cage d’escalier dans laquelle se déroule l’action va avoir des effets que personne hormis Immortal Technique n’aurait pu imaginer. William va ni plus ni moins violer sa mère et se suicider en désespoir de cause, après s’être rendu compte de l’identité de la victime.
Le rappeur péruvien participe également aux « festivités » dans la cohue la plus totale et affirme que cette histoire est vraie. Rassurez-vous, Immortal Technique a par la suite avoué être trop doux comme un agneau pour s’adonner à ce genre de pratiques barbares.
Cette longue histoire – plus de six minutes – retourne l’estomac de l’auditeur qui n’ose en croire ses oreilles. Pour que l’horreur des faits n’en devienne pas rebutante, Immortal Technique accompagne son discours d’une instrumentale aérienne, teintée de notes de piano d’Henry Mancini, auteur du célèbre titre extrait de la BO du film Love Story. La douceur dans ce monde de brutes semble être un appel au calme, à la légèreté dont les nuages présents dans la vidéo semblent être la plus pure représentation.
Une fois la dernière seconde de Dance With The Devil écoulée, il devient impossible de voir la vie dans le ghetto de la même manière.
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Q a dit :
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Woaw. Ça faisait longtemps qu’un MC ne m’avait pas fait cet effet. J’en reste sans voix.