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Chronique de The Qemists – Join The Q

Chronique de The Qemists – Join The Q

The Qemists - Join The Q

Année : 2009
Genre : Rock'n Bass
Chanson(s) préférée(s) : Stompbox, Lost Weekend, When Ur Lonely, Thé Perfect High

7/10

Dans le petit monde snobinard de la musique indépendante, il est quelques écueils qu’il est nécessaire d’éviter. Un des grands classique revient à ne plus juger un album ou un artiste pour sa musique, et les sensations que celle-ci nous procure, mais seulement pour sa notoriété. Il est certes de bon ton de prôner l’éclectisme, mais ne nous voilons pas la face : le phénomène de mode est une réalité dans nos société moderne, et l’est a fortiori dans la sphère culturelle. Mon but ici n’est pas de vous infliger un énième exposé sur la hype, mais plus de montrer que cet état de fait peut aisément dissimuler à l’auditeur moyen d’excellentes surprises.

A trop rechercher la sophistication, la déconstruction, l’originalité forcée, on en oublie simplement de jouir. Ce processus suit une pente régulière : la musique, d’un statut de loisir censé provoquer le plaisir, se transforme en simple outil social. Parmi les LPs récemment porté aux nues par les webzines faiseurs d’opinion, combien d’entre eux repasseront sur votre platine ? Assez peu, sans aucun doute. Ils vous auront cependant permis quelques instants de gloire devant votre cercle d’amis.

Dans ce sens là, je ne fais pas exception. Le premier contact avec les Qemists a été délicat. Groupe affublé de la fumeuse étiquette « rock’n bass », il jetterait des ponts entres les ténors du drum’n bass (Pendulum, Noisia) et le nouveau rock hardcore anglais (Test Icicles, Gallows, Enter Shikari), le tout transpirant les influences nu-rave mal digérées.

Une pochette aux relents adolescents des premiers pogos, un titre injonctif, des couleurs fluo kids, et en prime un sec 2.9 des sacro-saints Pitchfork. La signature sur le label branchouille Ninja Tune parachève le portrait ; cette galette ne peut manquer de repousser n’importe quel petit con amateur de musique. Mais comme le dit cet exasperant adage, « il faut bien connaitre son ennemi pour le combattre ». Un peu de curiosité aidant, et mes oreilles délicates s’apprêtent à passer un sale quart d’heure.

Mais, Ô ! Comme disait Charles Maurras, « Divine surprise ! ». Au sortir de ces écoutes ennuyeuses d’ambiant atmosphérique et de folk revêche que nous dictent l’actualité, l’écoute du premier titre, « Stompbox », est une sorte de révélation. Depuis combien de temps n’avait on pas gouté ce plaisir presque honteux, cette jouissance simple ? Le mélange est en effet simpliste : une base drum’n bass, nerveuse et claquée, alliée à une mélodie mutante, qui tire ses vertus cathartiques d’un hard rock huileux directement venu des seventies. L’alchimie est acide, tonique, et des sirènes nous hurlent de danser. Ce titre synthétise l’esprit de l’album : de la musique immédiate, à consommer sur l’instant. Le genre de produit anti-cérébral, lénifiant, abrutissant, dont on ressort épuisé et vide, mais paradoxalement comblé.

Néanmoins, Join the Q n’est pas qu’un magma de beats et de powerchords épars. L’écoute réserve son lot de surprises. D’abord, le changement fréquent d’ambiance musicale intrigue, puis séduit. D’influences teintées de métal jusqu’au au hip-hop, en passant par la beat-box, cet album impressionne par sa diversité. Ensuite, celui-ci est parsemé de featurings savoureux. La présence du grand Mike Patton, gourou de Faith No More, insuffle une solide vigueur, vite adoucie par le flow du rappeur Wiley sur Dem Na Like Me. Le single S.W.A.G. est porté par l’adorable Devlin Love, chanteuse des Alabama 3.

Cette diversité excessive nuit bien sûr à la cohérence de ce premier effort des Qemists, mais qu’importe ? Join the Q est un enchevêtrement échevelé de bonbons acidulés, à usage excitant. Pour apprécier ce genre de musique, une seule exigence : se départir de ses a priori, rester humble et déguster.

Aller plus loin…

  • Join The Q sur Spotify
  • Join The Q sur Deezer
  • Le clip de S.W.A.G qui peut faire son petit effet carrément jouissif:

Ratatat – Party With Children (nouvel album)
Art District – Cell (feat. Gab)

3 Commentaires »

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l' auteur, Vicky C.

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