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Interview de Fanga : « Je groove donc je suis ! »

A la terrasse de l’hôtel du Parvis, face à la cathédrale de Coutances, le rendez-vous est pris avec Fanga, septuet montpelliérain qui débite un afrobeat festif. Leur concert de ce soir sera le quatrième en quatre jours. Alors, après avoir écumé quelques 2500 kilomètres, les membres de Fanga ont beau être « des guerriers », ils arrivent tous un peu à la bourre, de retour du Lavomatic ou d’une sieste bien méritée. Tous de styles très différents, les sept garçons dégagent pourtant une impression de complicité et de cohésion indéniable. D’un autre côté, cela fait déjà dix ans qu’ils jouent ensemble.

Au départ, il y a Serge Amiano, programmeur hip-hop, et Yves Khoury, rappeur burkinabais plus connu sous le nom de Korbo. Le premier, toujours directeur artistique du groupe dont il maintient jour après jour le cap, convainc ainsi le deuxième de la liberté musicale que permet l’afrobeat. Le groupe peu à peu s’agrandit et en 2001 sort Afrofanga, leur premier six titres. Les autres venant plutôt du jazz, le but était, au départ, « de créer un métissage, d’amener à la transe ». D’où sûrement le titre de leur premier LP Afrokaliptyik (2004), puis de Natural Juice en 2007. Quête d’« énergie brute et de partage », la musique de Fanga vise « les tripes ». D’ailleurs, en bambara, « Fanga signifie force, volonté de l’esprit. Fanga, c’est aussi tenir ses convictions. C’est pour cela que les thèmes des textes parlent du monde et du besoin de force nécessaire pour y faire face. » Et, Korbo n’étant pas Nigérian comme Fela, affirme ne pas faire la même musique, dans le sens où les influences et les thèmes abordés diffèrent fortement. Mais quand on l’interroge sur l’engagement du Black President et de son rêve panafricain, le chanteur ne se défile pas : « Je me sens avant tout citoyen du monde. Sur Terre, il n’y a pas pour moi d’enclave. Je perçois l’humanité en général et c’est à travers les yeux des hommes que j’essaie de chanter. La notion de couleur est étrangère à notre musique ».

Et puis, « individuellement et collectivement, ça avance, lance Martial le saxophoniste. On a tout vu les uns des autres, on se connaît bien et l’on sait gérer. On est un peu comme un vieux couple, quoi ! » Ils disent même ne s’être jamais sentis aussi proches qu’à l’heure actuelle. Et ils comptent bien en profiter pour créer, dès l’automne prochain, un nouvel album « plus abouti, plus solide. Un album où on aura vraiment pris le temps, contrairement aux précédents. » Quand à Sira Ba, leur dernier disque plus cuivré, Fanga « n’en vend pas des wagons ». Des résultats dus surtout, selon eux, au fait qu’ils jouent « une musique finalement peu connue et dont il faut maîtriser certains codes avant de pouvoir entrer dans le trip ». Oui, mais pourtant en live la mayonnaise prend à chaque fois : y a-t-il une explication à cela ? « En concert les morceaux s’adaptent au public, rétorque David, le mister clavier de Fanga. Sur scène on ne joue jamais deux fois le même morceau, on s’octroie des permissions. » Et Martial de surenchérir : « En tournée, on est comme dans un état second. Il y a de vraies surprises, des moments inoubliables. Le live, pour ça, c’est unique. On est un peu comme des paraboles : on n’émet que ce que le public nous renvoie… » Un blanc d’acquiescement pour ses comparses. Korbo lâche un grand sourire : « Des paraboles, c’est bon ça ! ».

Fanga c’est aussi :

Underworld – Scriblle (feat. High Contrast)
Chronique de The Radio Dept. – Clinging To A Scheme

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l' auteur, Dr. Javnaire

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