Chronique de Chamber Music – Ballaké Sissoko & Vincent Ségal
Ballaké Sissoko et Vincent Ségal - Chamber Music
Année : 2009
Genre : Acoustique Malien
Chanson(s) préférée(s) : Toutes
La vie est faite de charmes parfois malsains, parmi ceux-ci, il y a ces choses qu’on désire ardemment et qui n’arrivent jamais au moment où on le voudrait, et qui vous tombent dessus quand vous avez cessez de réellement les désirer, mais qui vous surprennent et vous apportent donc d’autant plus de plaisir. Non, je ne viens pas de partir dans un délire poético-romantique -ou maso, au choix- à deux francs cinquante, j’essayais juste de vous décrire l’état dans lequel j’étais lorsque j’ai découvert Ballaké Sissoko et cet album, Chamber Music. Je cherchais en effet depuis longtemps un album simple, accessible, à base de kora, de rythmiques autochtones et d’ambiance africaine. J’avais justement cessé de chercher, quand, un beau matin d’hiver, en marchant dans la neige j’ai entendu un africain chanter sous un igloo, près de la place de la Concorde, juste en haut du télésiège. En fait c’était plutôt un matin pluvieux du mois de Mai que je passais joyeusement devant mon ordinateur à errer dans le flux intemporel des choses rocambolesques de l’internet 2.0.
Flux qui m’a permis de découvrir et d’écouter, depuis ma chambre à Paris, Ballaké Sissoko et son associé pour cet album, le violoncelliste Vincent Ségal. Flux qui m’a permis de me téléporter instantanément pour un voyage sensoriel et métaphysique vers l’au-delà de l’âme. Un voyage par le corps. Chamber Music porte bien son nom, cet album est fait pour être écouté chez soi, dans les tréfonds urbains d’une ville occidentale, afin de s’échapper pendant près d’une heure loin des soucis du quotidien au beau milieu de la faune africaine.
Cet album est un petit chef d’œuvre de composition et d’ambiance, un assortiment de douceurs, de talents et de finesses. Le plus incroyable avec Chamber Music, c’est qu’à la première écoute, Ballaké Sissoko a réussi à me faire complètement oublier qu’il s’agissait d’un son digital que j’étais en train d’écouter, parce qu’en fermant les yeux, je le sentais à côté de moi en train de manipuler sa kora, me berçant dans ma recherche de sommeil. C’est un album pour s’endormir, en effet, car la couleur, la chaleur, la facilité qui en ressort nous fait oublier toute notion de temps qui passe ou de titres distincts. Et pourtant il y a une véritable cohérence, une véritable évolution dans cet album, ceci n’est pas une errance, c’est un itinéraire dans les sonorités, avec étapes de nuit dans différents petits villages et vallons africains, constituées par les dix titres de l’album. Je trouve ainsi formidable cet effet qui rend impossible au premier abord la différenciation entre un titre et un autre, mais qui, après écoute attentive nous révèle la particularité et l’univers de chacun, pour en arriver à des ambiances aussi distanciées que l’aurore de Houdesti et la crépusculaire Histoire de Molly.
Pour conclure, je ne peux que vous inciter à brancher votre sonotone sur Chamber Music, lors d’une interminable soirée d’été, seul ou en compagnie de vos proches, en lisant un bon gros bouquin ou simplement en fond pour accompagner vos discussions qui pourront alors presque revêtir la forme d’un conte ou d’une légende.
Pour aller plus loin
- L’album sur Spotify, Deezer.
- Le reportage de Jav’ au festival Jazz Sous les Pommiers
- Le myspace de Ballaké
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Branche ton Sonotone ! » Ballaké Sissoko – Sunday Bloody Sunday a dit :
1
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