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Rencontre sur la Golden Coast

Le 9 et le 10 Juillet, des amis proches organisent un festival en Bourgogne et j’ai voulu vous faire partager un peu leur esprit. Rencontre avec Arthur, directeur du Golden Coast.

BTS – Arthur, présente-nous le Golden Coast en quelques mots :

Golden Coast – Le Golden Coast c’est simplement deux jours en Juillet où l’on espère oublier toute l’année et vivre de manière recluse en Bourgogne, à travers la musique et le théâtre. Cliché hippie, certes, mais le but recherché est bel et bien celui là : la convivialité,  notre côté humain, et surtout être libre au sens large (pas de contraintes, rire, faire les cons, apprécier, aimer des choses qu’on n’oserait pas forcément aimer dans notre vie de tous les jours). Tout le truc est de libérer les gens de leurs goûts habituels. Plutôt que de se définir par tel groupe ou tel mouvement de pensée, le but est de laisser les gens se libérer de ça. Le GC est un espace de liberté qui doit pouvoir permettre à ses participants de laisser libre cours à leur imagination et ainsi les inciter à rêver le temps du festival. Tout est fait pour lier l’aspect idéal (un projet philosophique, un rêve de jeunesse) et en même temps l’aspect concret : c’est à dire comment retranscrire cet esprit. D’où l’usage de l’art, par exemple, qui permet de lier la convivialité autour d’un spectacle et la qualité à travers la diversité des artistes présents.

Mais tout n’est pas tourné autour de l’art pour retranscrire cet esprit. Le samedi soir du GC est organisé un banquet où tout le monde (organisateurs et spectateurs) mange ensemble autour d’une grande table. Il n’y a pas vraiment de hiérarchie dans l’organisation, on recherche le plus possible l’horizontalité : les artistes viennent pour un public, les régisseurs pour obtenir un spectacle de qualité, les bénévoles pour aider à l’organisation, les spectateurs pour vivre un bon moment… Diviser ces parties de l’organisation c’est casser l’énergie du festival : tout le monde est complémentaire. On oublie  trop souvent qu’il y a le mot festif dans festival, c’est pourquoi les festivals deviennent aujourd’hui souvent des organisations commerciales qui vendent un service. C’est marrant parce qu’on a commencé ce festival étant jeunes, et au final cet état d’esprit a muri en nous, on s’est rendu compte qu’il ne fallait pas oublier qu’on était la pour faire la fête avant tout.

BTS – Et justement, comment est né le Golden Coast ?

GC - On était au lycée, et il faut savoir qu’en Bourgogne, comme partout en province, si tu veux faire la fête faut que tu organises toi-même ton truc. Tout a commencé comme ça : on avait plusieurs groupes de musique dans notre entourage et on a voulu créer notre propre scène, depuis on n’a pas arrêté. Le phénomène a pris de l’ampleur pour finalement en arriver à l’année dernière où on s’est retrouvés confrontés à ce qu’était la véritable organisation d’un festival, entre normes, sponsors et administration : tout ce qui fait qu’un festival dépasse le stade d’une simple fête. Il a donc bien fallu qu’on change, voir comment on voulait évoluer, on a décidé de faire un festival avec un vrai concept, une ossature, un esprit, alors qu’avant c’était plus naturel. On était un cercle d’amis, alors que maintenant on veut vraiment s’ouvrir à tout type de gens, de musiques. C’est là qui faut mettre en parallèle l’évolution idéale, au début on était jeunes et extrêmes, et cinq ans plus tard on a muri tous ensemble et donc le festival a évolué lui aussi, et c’est en ça que le GC est très spécial : il y a un gros lien entre ce qu’il s’y passe et les gens qui le font.

BTS – Comment est-ce que ça se passe concrètement l’organisation d’un festival pour des jeunes ?

GC - On n’a pas eu le choix, chaque année notre « fête » progressait et on pouvait plus faire ça à l’arrache. Concrètement, on a commencé par créer une association (Nous&Co), c’est la base pour lancer quelque chose, parce qu’avec une association on peut prétendre à des subventions publiques ou privées. A partir de là tu fais des dossiers où tu présentes ton festival, tant dans l’idéologie que dans tous les aspects concret (heure, organisation…). Du coup tu reçois des subventions, qui t’obliges à suivre des normes de sécurité, qui passent par la préfecture de police. Ils te donnent un cahier des charges pour la sécurité, par exemple, pour l’électricité, les câbles ne peuvent pas être n’importe où… Ensuite il y a des normes en fonction du public, pour les chiottes notamment, il faut aussi prévenir les pompiers, les flics… Les bénévoles ont des consignes aussi à ce niveau là, bref, la liste est longue. En plus, nous, on tente d’inciter les gens à camper pour éviter de prendre la voiture après avoir bu, on donne des capotes, on fait des chiottes écolos… On a donc pris de vraies positions politiques à travers l’organisation du GC (présence d’un stand du Sidaction, par exemple).
Enfin, quand tous les éléments pratiques sont réunis, il reste à trouver tous les moyens logistiques, stand de buvette, sponsoring d’alcools locaux… Plus la SACEM : il faut déclarer les artistes, afin d’aider le système artistique général.

BTS – Au niveau de l’association combien êtes-vous ? Certains sont-ils rémunérés ?

GC - Nous&Co est une association à but non lucratif, on est une trentaine de bénévoles, personne n’est payé, du directeur au serveur. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas se le permettre d’abord et surtout parce que ce n’est pas notre problème puisque tout le concept fonctionne sur le bénévolat. Les artistes sont, bien sur, payés, même s’ils savent qu’on n’a pas beaucoup d’argent. Le minimum étant de payer le déplacement, la bouffe et le logement. Le cachet dépend d’eux, ils connaissent notre situation, après on s’adapte en fonction de chacun, on doit faire des choix.

BTS – Qu’est ce qu’il se passe alors au Golden Coast ? Et quand ?

GC-C’est le 9 et le 10 Juillet. C’est le début vacances, et il se passe pleins de choses ! La liberté dans l’idée du GC est philosophique, mais aussi, concrètement, l’idée est d’aider les gens à être curieux : on propose en majeure partie de la musique, mais aussi de la photo, du théâtre, et des films.

Pour la musique, notre credo est de représenter tous les styles, cette année il y aura du hip hop, du jazz, du rock de la folk, du funk, des jam sessions…

Pour les photos, plusieurs artistes différents seront présents. On a essayé de faire quelque chose d’innovant. Cette année, par exemple, il y aura un golden puzzle : ce seront les festivaliers qui mettront eux-mêmes en place l’expo photo.

En somme, chaque pôle artistique a plein de manière d’être exploité. Pour le cinéma il y a, par exemple, des projections, mais aussi l’idée de tourner un petit film sur le festival, le but étant de faire de la caméra un spectateur, c’est un peu un challenge en temps limité : la caméra devra représenter le mieux le festival en un temps donné, pas de montage, quelque chose de brut.

Du point de vue du théâtre, une petite compagnie de proches a mis en place deux projets. Une pièce qui s’appelle Bureau de Tabac, jouée entre deux concerts l’après midi. Et puis, aussi, un comédien va jouer le maire du Golden Coast. Il fera parfois le guide et, en fin de soirée, il prendra le rôle d’un conteur, faisant croire aux festivaliers que cet endroit a toujours existé…

BTS – Peux-tu développer un peu votre programmation musicale ?

GC – Je vais donner deux exemples pour donner une idée de l’ouverture du GC :

-Jamalafak collectif : ils sont intéressant car c’est un projet qui se rapproche du GC mais version musique. C’est parti  de l’idée de faire de la musique mais ils ont rencontrés pleins de gens et au final un collectif s’est créé avec des choses très différentes à l’intérieur. La base c’était le jazz manouche, puis ça s’est développé en plein de courants divers : jazz, funk, soul. Ce sont tous des personnages atypiques, ouverts, qui sont de plus des musiciens très prometteurs. C’est cool parce qu’on a rarement affaire à un collectif en festival : ce n’est pas un groupe mais pas non plus une rencontre d’individus pour une seule fois, ce qui donne à l’arrivée quelque chose d’original.

-En opposition à l’improvisation : Poirier XL. C’est un groupe local, de Semur-en-Auxois, groupe qui fait un rock un peu new wave/punk/pop, c’est un projet simple : guitare/batterie/chant, après c’est inexplicable mais sur une scène ils ont une vrai âme, ça pulse, c’est simple, ils te prennent au début du concert et ne te lâchent jamais. Parfois il n’y a pas besoin de beaucoup décrire un groupe, c’est le cas de celui-ci.

BTS – Tu ne nous as même pas dit où est ce que ça se passait !

GC – De fait, tout ce passe en Bourgogne, en Côte d’Or, à Montbard, dans la prairie. Mais en réalité c’est plus un lieu imaginaire où l’on crée une mini-ville, qui n’est là certes que pour deux jours. Mais on fait comme si  le GC avait toujours existé, d’où la présence du maire et la manière dont est pensée la logistique : l’organisation du site en cercle par exemple, en gros, tout est fait pour qu’il y ait une immersion totale des festivaliers

BTS – Un dernier mot ?

GC - Venez tous au festival ! Le prix est de 14 euros pour les deux jours, gratuit aux moins de douze ans, et 12 euros pour les étudiants et les familles nombreuses, le camping est gratuit et c’est à moins d’une heure de Paris en train !

Enfin, je terminerai par ceci : on est golden, ou on l’est pas !

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l' auteur, Nao

Faux penseur. Mais vrai mélomane.

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