Les groupes au nom improbable #2 : The Jean-Paul Sartre Experience

Si l’on s’en tient au nom du groupe
On imagine aisément de la musique concrète, pleine de boucles torturées et de samples de chants traditionnels ouzbèques des années 20. Un truc qui s’écoute dans un club underground de Berlin ou dans une boîte branchée des Pays-Bas. Des CDs gravés en scred sur un PC sous Windows 95, avec une pochette dessinée à la main qu’on s’échange entre initiés, avec quelques grammes de coke bon marché. Le genre de groupe dont on ne prononce quasiment jamais le nom, qui s’écrit au mieux dans un fanzine obscur qui finit dans les chiottes d’un bar miteux.
Ou alors pas du tout.
De l’électro bobo et trendy, jouée par des métrosexuels en chaussures bateau et Ray Ban, en première partie d’un groupe de Brooklyn au Baron. Errant dans les travées du Flore, l’esprit de Sartre hante ces morceaux. Par conséquent, ces derniers ne s’écoutent qu’au fond d’un fauteuil, un verre de bon whisky à la main et en lisant un Derrida ou un Foucault. C’est chic, Foucault. On se rêve révolutionnaire, on se dit existentialiste, sans vraiment sa voir ce que cela veut dire. On cite des grands intellectuels communistes dans un dîner dans le Marais. C’est chic le Marais.
Mais, et la musique ?

The Jean Paul Sartre Experience, renommé plus tard The JPS Experience (suite à un procès avec les ayants-droit de Popol, nous dit Wikipédia) est un obscur groupe d’indie-pop de Nouvelle-Zélande. Il est fort probable que cette origine extrême-australe et ce nom d’un goût exquis soit le seul atout significatif de cette bande de zozos.
Il faut bien le dire – et malgré toute l’affection que mon côté existentialiste me pousse à leur conférer – les quatre albums de leur discographie ne cassent pas trois pattes à un étudiant de Normale Sup’ post-soixantuitard. Jolies mélodies, arrangements léchés, ambiance vaguement mélodramatique. C’est de bonne facture, mais sans âme, sans souffle, sans aucune ambition.
Le poids trop imposant de leurs influences ? L’influence d’un passif musical dont il est trop difficile de se dépêtrer ? Avec un nom pareil ? Des salauds et des lâches ouais !
- Le précédent épisode de cette fabuleuse série dite des groupes aux noms improbables, ayant pour acteur principal la bande de jeunes répondant au doux nom de Someone Still Loves You Boris Eltsine est encore disponible dans l’interouèbe, plus précisément à cette adresse. Là voilà, tu cliques et tu y es.
nuage de tags & best-of


Tweets that mention Branche ton Sonotone ! » Les groupes au nom improbable #2 : The Jean-Paul Sartre Experience -- Topsy.com a dit :
1
[...] This post was mentioned on Twitter by Branche ton Sonotone, Romera Pierre. Romera Pierre said: RT @tonsonotone: Les groupes au nom improbable #2 : The Jean-Paul Sartre Experience http://bit.ly/bBrCDV [...]
Dr. Javnaire a dit :
2
Hihi, dans le clip, ils annoncent « Jean Paul Satre Expérience » !
sigmund a dit :
3
hihi…