Chronique de The National – High Violet
The National - High Violet
Année : 2010
Genre : Rock qui à le cafard.
Chanson(s) préférée(s) : Terrible Love ; Anyone's Ghost, Afraid of Everyone.
Le Rock. C’est devenu le terme le plus « fourre-tout » avec Pop. Ça n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de le définir. Longtemps le rock voulait dire guitares brisées, grosses caisses trouées, chanteur cocké. Dieu merci le rock est aujourd’hui bien d’autre choses. Le rock c’est la pop, le blues, le stoner, l’indie, la soupe aussi. Si ce joyeux mélange est une heureuse chose, il a aussi contribué à tuer le genre. On ne s’outrage plus de voir rangé, aux côtés d’un Pavement, un Pony Pony Run Run. Le rock s’est oublié, grande victime du melting pot ambiant et l’on entend depuis les colporteurs pseudo indépendants crier sa mort, annonçant fièrement que depuis les Ramones, on a rien fait de mieux (yeux aux ciels).
Ce nouvel opus de The National est là pour rappeler au rock qui il est, tout en pleurant de nostalgie. Un disque de rock habité par un vague à l’âme terrifiant. Déjà Boxer, foudroyant trait de lumière noire de l’année 2007, portait un message quelque peu similaire. Une idée précise de la musique. Ce mélange de nudité absolue et de grandiloquence émotionnelle. Il était donc relativement compliqué pour le groupe de passer après leur dernier essai, encensé par la presse et plébiscité par le public.
Et pourtant, le choc est à la hauteur de l’attente. Berninger et ses acolytes redéfinissent leur musique sans renier leurs acquis. Les morceaux de ce High Violet sont plus habillés, des choeurs et des arrangements de cuivre et cordes viennent se greffer sur certains titres comme le très beau Bloodbuzz Ohio.
Mais ce qui frappe tout au long de ce disque c’est la puissance des émotions délivrées par le groupe. Le triptyque d’introduction formé par Terrible Love, Sorrow et Anyone’s Ghost en est la plus belle preuve. Hypnotisant et puissant le métronome implacable, recouvert de guitares fuzzées, porte les lyrics tantôt étranges : « It’s a terrible love that I’m walking with spiders », tantôt décharnée et sans détours : » Sorrow found me when I was young / Sorrow waited, Sorrow won. » . C’est en cela, peut être, que ce High Violet est le plus rock’n roll. Dans cet ultime dénuement des sentiments, cette sincérité de tous les instant. Certes le leader du groupe à toujours mis un point d’orgue à utiliser sa voix éthérée dans cette optique, mais ici on sent une envie nouvelle, plus forte que précédemment peut être.
Ce disque de The National est un pur bijou, un diamant brut qu’il ne faudrait surtout pas polir. C’est un grand disque de Rock, rêveur et le moral un peu bas, mais oui rock. Un rock qui a appris la retenue, qui ne se cache toujours pas, qui sait taper là où ça fait mal sans hurler comme une brute. The National c’est du rock oui, mais du rock classe.
Fais tes devoirs !
Truc indispensable à voir en parallèle à l’écoute de l’album, ces sessions enregistrées dans un château abandonné. Je vous laisse ici Terrible Love et vous laisse le soin de regarder de vous même les deux autres.
Pour le reste, l’album écoutable ici .
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