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« Branche Ta Dynamo ! » : La playlist du Tour de France 2010

Le Tour de France, bien que ça fasse chier une majorité des gens, est un des événements sportifs les plus suivis du monde. Alors, à deux jours du prologue, quoi de plus démagogique et inutile que de vous offrir une petite playlist spéciale pédales. Non, parce que sérieusement, un mec qui est prêt à faire plus de 3000 bornes à bicyclette en quinze jours, c’est normal que certains artistes lui rendent hommage. Alors, certes, avec ce qu’ils ont dans le cul, ils pourraient presque venir avec leur caravane en haut du Tourmalet (ce serait d’ailleurs plus simple pour le lendemain), mais quand même : ça reste un grand spectacle populaire, un truc qui inspire même les plus grands.

J’en veux pour preuve le superbe album des Allemands de Kraftwerk qui, en 2003, pour le centième anniversaire de l’épreuve reine du cyclisme, sortaient un album entêtant et électromaniaque intitulé Tour de France. La piste « Tour de France Etape 1 » est un petit joyau de minimalisme répétitif. Le synthé et la voix caverneuse qui énonce un à un des noms liés à la course recréent à merveille l’ambiance de la Grande Boucle. Un très bel hommage emprunt d’humour :

Mais, si les artistes sont inspirés par un tel événement, c’est aussi parce que le Tour de France a, depuis toujours, une véritable portée musicale. Par exemple, perchée de 1953 à 1964 sur une Citroën aux couleurs de Suze, Yvette Horner, accordéoniste aussi célèbre que rouquine, se faisait une joie d’égayer le passage de la caravane de son doigté inégalé. A l’époque déjà, ça giguait dur sur les routes du Tour :

Dans la même veine, les années 60 virent éclore le succès de Marcel Amont. A Bobino ou à l’Olympia, régalant le public des premiers « one man shows » musicaux, il distillait savamment par des textes légers de véritables tubes (« Le Mexicain », « Bleu Blanc Blond », ou encore « Le Jazz et la Java », ensuite repris par Nougaro). L’un des ses grands succès vient aussi d’un titre inspiré par le Tour de France : « Il a le Maillot Jaune ». Chanson ultra-populaire qui vante les mérites des petits coureurs échappant aux gros-bras. Une petite pépite de variet’ qui s’apparente quelque peu à ce que pouvait faire un Bourvil :

D’ailleurs, aujourd’hui encore la tradition se perpétue et Bernard Marly porte le titre honorifique « d’accordéoniste du Tour de France ». Il paraît qu’il est Savoyard, une information sans intérêt, tout comme ses chansons… Je vous en mets pourtant une petite, histoire de vous montrer qu’il est bien l’héritier d’Yvette, avec tout de même moins de charme (peut-être parce qu’elle, au moins, c’était il y a 60ans…) :

Par ailleurs, il est cocasse de voir que des groupes de tous les styles se sont attaqués à l’épreuve reine du cyclisme sur route. On a déjà vu que les membres de la formation expérimentale et novatrice qu’est Kraftwerk ont passé le Tour au crible de leur électro minimaliste.

Seulement, ils ne sont pas les seuls. Aussi, No Sports, un groupe de ska en provenance de Stuttgart, offrait-il lui aussi son « Tour de France » sur l’album King Ska (1989). Rythmée et chantée en français, cette piste retrace les expériences du groupe sur les routes du Tour. La fin autocritique fait sourire : « Nous ne parlons guère le « française » / C’est pourquoi cette chanson est la plus mauvaise ».

L’album Tour de France de Kraftwerk fait suite à un single de 1983, lui aussi intitulé « Tour de France », et qui avait été un véritable succès dès sa sortie. J’ai préféré vous parler ci-dessus de l’album hommage de la formation allemande. Cependant, il semble indispensable d’évoquer ce titre génial. Je vous en propose donc une reprise de 2000 que nous propose Uwe Schmidt, le producteur et artiste électro allemand plus connu sous le nom d’Atom Heart, mais qui s’est exilé au Chili en 96, lassé de la scène européenne. Là-bas, sous un nouvel alias, il s’essaie à la musique latino en tant que Señor Coconut, kitchissime sobriquet s’il en est. Son album El Baile Alemàn qui sort en 2000 retient l’attention par ses reprises latino des tubes de Kraftwerk. On y trouve donc une version remaniée à la sauce chilienne du single de 1983. Percussions et chœurs hispanisants sont conviés sur ce titre singulier :

Enfin, plus rock, la formation néerlandaise Alderliefste qui chante régulièrement en français enregistrait elle aussi un « Tour de France » sur son disque Une Belle Histoire / Een Mooi Verhaal (2006). En provenance d’Amsterdam, ils livrent avec ce titre une composition pop-rock plutôt banale mais indispensable à notre playlist :

Si la Grande Boucle elle-même inspire de nombreux musiciens plus ou moins célèbres et de styles très variés, il ne faut pas non plus oublier les coureurs qui, comme tous les grands champions, deviennent parfois muses de testostérone. On pense par exemple au phénoménal « Zidane y va marquer » du célèbre auteur-compositeur-interprète Cauet, ou encore au nouveau clip de ShakiraRafael Nadal joue la « guest star sexy qui n’hésite pas à y mettre la langue ».

Du coup, on trouve des petites pépites telles que l’ibère ballade folk de Tabacco Bruciatio qui, cinq minutes durant tente de nous envoûter en invoquant Miguel Indurain, le quintuple vainqueur espagnol du Tour dans les années 90. Punto e Basta est le seul album de ce groupe italien méconnu. Du coup, rien de mieux que d’écouter ce voyage en altitude :

Mieux : Sttellla (oui, oui, ça s’écrit comme ça), groupe musical humoristique belge, qui en 1998 sur Il Faut Tourner l’Apache rendait un vibrant hommage à Eddy Merckx. Sur leur site internet, on peut lire : « Pourquoi Sttellla ? Parce que la bière. » Il me semble que rien ne résume mieux l’ambiance de ce titre foutraque et déjanté qui parodie allègrement Kraftwerk :

Dernier exemple, mais pas des moindres, celui du « Panda Jalala » qui anima de nombreuses année la Grande Boucle, de ses sprints puis de ses fabuleuses échappées en moyenne montagne. Double détenteur du maillot à pois, il s’est maintenant reconverti dans le triathlon et le commentaire sportif. Mais, il a toujours un grand fan club. La preuve avec Svahn, ancien accordéoniste de Pigalle reconverti dans la chanson à texte décalée. Ce dernier vénère littéralement le coureur français et lui dédit un vibrant « Mon Jalabert ». A déguster pour éviter toute fringale musicale :

Et puis, pour conclure, je ne résiste pas à vous faire profiter du superbe générique de France Télévisions, interprété par Maidi Roth, qui impressionne tant il n’a rien à voir avec l’épreuve, ni avec le sport, ni avec une quelconque cohérence d’ailleurs. Bref, je vous mets la chanson juste pour « La Beauté du Geste » :

Plus de kilowatts/heure :

http://accordeonistesaixois.kazeo.com/sites/fr/photos/600/Bernard-Marly_600355-L.jpg
Chronique de Spiritualized – Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space
Rhymefest – City Is Falling (clip)

Réagis mon ami !

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l' auteur, Dr. Javnaire

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