Chronique de Ariel Pink’s Haunted Graffiti – Before Today La vie en Rose
Ariel Pink's Haunted Graffiti - Before Today
Année : 2010
Genre : Lo-Hi-Fi Cathédrale Pop
Chanson(s) préférée(s) : Round And Round, Fright Night, Beverly Kills
Name-Dropping
Copperhead, David Bowie, Robert Wyatt, Television, Elvis Costello, Pink Floyd, Roxy Music, The Kinks, The Beatles, Steely Dan, Monkees, Sweet Smoke, Public Image Ltd, King Crimson, Michael Jackson, The Rolling Stones, Can, Beach Boys, Cream, Hawkwind, Grateful Dead, Todd Rundgren, The Cure, Buddy Holly, Fleetwood Mac, Amon Düül, Joy Division, Deep Purple, Captain Beefheart, Jefferson Airplane, Jethro Tull, Seeds, Velvet Underground, Byrds …
Il fut un temps – que les moins de 15 ans ne peuvent pas connaitre – où le name dropping était à la mode. Ca faisait cool, ça faisant Bret Easton Ellis, ça faisant cultivé, le mec qui connait tout un tas de truc. Voilà, et puis bon, là du coup c’est pratique pour donner les influences – pastiches – imitations – parodies – inspirations – muses – etc. de Ariel Rosenberg alias Ariel Pink. Et d’ailleurs, BTS est un webzine hyper interactif et vous pouvez poster en commentaires d’autres noms d’artistes ou groupes et compléter ce name-dropping introductif- et par là, entrer dans la coolitude d’il y a plus de dix ans. Ouais.
Donc voilà, on y est, ce disque tourne en boucle sur mon pc et dans mon portable depuis des jours. Quand je suis à fond dans un truc, c’est pas à moitié, on est pas comme ça par chez nous bon Dieu de bon Dieu. Je ne résiste pas à cette batterie sans queue ni tête à faire pâlir de jalousie la stricte régularité bonhomme d’un Tommy Ramone (ou batteur ultérieur du groupe homonyme), à ces guitares déglinguées, ces synthés débiles et jouissifs, ces basses irrésistibles, et la voix irrégulières d’un Ariel Pink en pleine forme.
Ariel Pink, c’est un peu le génie pop de Brian Wilson mêlé à la nonchalance élitiste d’un Elvis Costello tout aussi doué que le premier pour produire des mélodies brillantes. Parrain par célébrité de la scène lo-fi américaine, Ariel Pink officie depuis plus de dix ans dans le genre et occupe son temps à remplir des kilomètres de bandes de K7 audio de chansons éminemment rock n roll.
La vie en Pink
Before Today est un objet sonore hautement recommandable. On apprendra plus sur l’histoire du rock avec ce disque qu’avec Patrick Eudeline et Nick Kent réuni (oui bon d’accord j’exagère un peu). Synthèse, rétrospective pastiche de la pop de ces quarantes dernières années, Before Today fait du vieux avec du neuf, enfin on sait plus trop. L’album démarre sur Hot Ruy Rub - citation Eno-Bowieienne de Art Decade sur Low – quasi instrumental avec voix caverneuse et cartoonesque en synchronie. Puis démarre sans prévenir, en mash-up des Ramones et d’Elvis Costello meets the Beach Boys, Bright Lit Blues Skies, la basse est urgente, la batterie affolée, bref, un premier shoot enlevé avec son pont musical de fête foraine. Jeu de mot Anne Ricien (?), l’Estat fait débouler une sorte de speed-slow (sic) rock FM avec en prime des cris et des chœurs radieux.
Là, claque dans la gueule de soft rock irrésistible, Fright Night et sa litanie « Knock, Knock on the door… », sa batterie binaire en veux tu tiens prends ça, sa ligne de synthé répétée comme sur un long orgasme, un must. La suite (Round And Round) commence par un petit chœur enjoué dans laquelle démarre sans crier gare une ligne de basse qui fait penser – par sa rythmique – à celle, ultra culte, de Billie Jean de on sait qui – et par sa mélodie qui se cache sans peine au Broken English de Marianne Faithfull.
Voici ce qui pourrait faire office de générique télé de vieilles séries (chéries ?!) bien kitch, Beverly Kills est terriblement irrésistible, ultra FM, pompière mais si délicieuse, du McDo avec du caviar dedans, du Coca avec des bulles de champagnes. Et cette basse ! Putain, cette basse !
On change d’horizon guitaristique avec Butt House qui démarre en trombe par une disto d’un goût douteux et un duo vocal fait d’un Ariel bien gothique et d’une meuf meurtrie au phasing intensif. Et vas-y que je te fais un solo de gratte comme ça, sans prévenir, il est pas poli ce mec, mais alors pas pour un sou. Et Little Wig, ses chœurs défoncés, sa guitare schizo, son piano et ses sifflotements intempestifs, oui, ça c’est rock n roll mec.
Retour au calme avec Can’t Hear My Eyes (cherchez pas, je ne crois pas que l’on puisse trouver un sens aux titres et aux paroles d’Ariel Pink à moins de prendre un acid et de gober une quarantaine d’ectas), de loin plane l’ombre de Steely Dan. ET pour montrer que l’on maitrise deux ou trois décennies de rock et de pop, on peut se permettre un petit instru tranquille (Reminiscenes).
Chanson au titre extraordinaire, Menopause man, rappelle une nouvelle fois la basse de Billie Jean pour une petite ballade au pays menstruel. Les divisions de la joie président au dernier titre, Revolution ‘s a lie. Décidément Pink a tout piqué. Et on boude pas notre plaisir. Le mien en tout cas !
nuage de tags & best-of



Tweets that mention Branche ton Sonotone ! » Chronique de Ariel Pink's Haunted Graffiti - Before Today -- Topsy.com a dit :
1
[...] This post was mentioned on Twitter by Branche ton Sonotone, Karim P. Edjekouane. Karim P. Edjekouane said: RT @tonsonotone: Chronique de Ariel Pink’s Haunted Graffiti – Before Today http://bit.ly/9aClja [...]
benoit a dit :
2
album pas facile, bizarre, dans lequel j’ai eu du mal à entrer, et qui ne me laisse pas au final uen grosse impression. a réécouter sans doute…