Playlist in memoriam : Love Parade 2010. Qui le vrai responsable de la folie meurtrière de la Love Parade 2010 ?
Comme chacun le sait, l’édition 2010 de la Love Parade qui se tenait à Duisbourg s’est soldée par un drame : dans un mouvement de panique, la foule, qui convergeait vers la fête dans un tunnel étroit, seule voie d’accès, s’est auto-piétinée. Bilan des réjouissances : 19 morts et plusieurs centaines de blessés.
Créée il y a une vingtaine d’années, rassemblant chaque fois plus d’un million de personnes, deuxième plus grosse manifestation musicale au monde après le Carnaval de Rio, la Love Parade a peu à peu perdu sa portée politique et revendicative (égalité des droits du monde LesbienGayBiTrans) pour n’être plus qu’un événement purement festif. Ce drame jette un froid et relancera sans doute les sempiternels débats sur la déliquescence d’une civilisation occidentale qui se tue à petit feu dans l’excès. De toute façon, un festival qui défend les homosexuels et promeut le goût de la fête est à mettre au même niveau que le HellFest et son ramassis de ploucs sataniques violeurs de poules et profanateurs de tombes.
Pourtant, bien loin d’une exploitation anthropologique rigoureuse d’un tel drame et de ce qu’il pourrait éventuellement signifier au vu de l’état de notre société, au-delà de toute analogie facile avec feues les réunions tupperware de Nuremberg et l’ultra-violence chauve et couperosée qui gigote tous les samedis dans les banlieues mancuniennes, par-dessus les accusations faciles envers des organisateurs corrompus, irresponsables, à la solde du grand Capital, Branche ton Sonotone vous propose une analyse beaucoup plus simple et pragmatique, qui ne s’embarrasse pas de la morale et de la pudeur scientifique.
Nous tablons sur le fait que l’événement de Duisbourg, la mort, la souffrance, le malheur, la techno, les raves, le satanisme les retraites Nicolas Sarkozy Eric Woerth la suppression des juges d’instruction le délire mégalomaniaque d’une politique du chiffre proto-orwellienne et la faim dans le monde, n’a qu’un seul responsable, et que ce responsable est fait de chair, d’os, de collagène et de teinture blond-queupède : il s’appelle David Guetta.
Notre fierté nationale était l’une des grosses têtes d’affiche la soirée. Il n’a pas assuré son live en raison du drame, mais, comme vous allez le voir, nous pensons qu’il est l’homme de l’ombre, qui, depuis une dizaine d’années, sème insidieusement les germes d’une telle folie meurtrière dans les cœurs de ses auditeurs. En bref, le son de David Guetta est vraiment mortel, et nous sommes bien obligés, aujourd’hui, de le reconnaître : l’analyse sémantique des titres des morceaux ne laisse planer aucune ambiguïté. Le monde de David Guetta est un monde dévoyé, sans passé ni présent ni futur, une boucherie festive où les hommes s’entretuent dans un délire anthropophage d’une violence rare. Sexe, sang, violence et piétinement, tel est le fantasme de ce minet blond à mèche. Nous avons sélectionné dix morceaux aux titres les plus explicites, qui préfiguraient déjà cette fête macabre de Duisbourg. Playlist R.I.P. feat. Guetta.
Gettin’ over you
« Je viens au-dessus de toi ». Dernier tube de Guetta sur son dernier album. La rengaine est putassière avec des grosses sirènes, une mélodie catchy et une construction ultra-efficace qui ne laisse aucune place à l’innovation en prenant nos oreilles pour des gros putes. Dans un souci de temps, cette description succincte vaudra pour le reste des morceaux convoqués. Donc, le titre, ici, dit, littéralement : je viens au-dessus de toi. (pendant que tu suffoques au sol ta gueule piétinée par la masse affolée). Bim, premier élément à charge.
When love takes over
« Quand l’amour prend le dessus » : idem. 1,5 million de teufeurs bon enfants, aimant leur prochain et s’entretuant pour la survie dans un tunnel glauque. Je viens sur toi, et l’amour prend le dessus car je t’aime tellement que je te piétine la gueule pour sauver ma peau dans un tunnel exigu.
Love don’t let me go
« Amour, ne me laisse pas partir » : telle a pu être la dernière prière des victimes de la folie meurtrière. David y avait déjà pensé.
Delirious
« Délire » : comment expliquer autrement cet accès panurgiste de panique. Il est bien connu que les mouvements de foule canalisent les noires tensions au cœur de l’homme et le font (re)devenir la bête sans foi ni loi qu’il a toujours été, au fond. La foule annihile l’individu, et ce faisant 1 le désinhibe 2 le déshumanise 3 lui piétine la gueule.
I wanna go crazy
Bon, voilà, l’idée est sensiblement la même.
Tomorrow can wait
« Demain peut attendre » : oh, qu’il est joli l’hymne au plaisir fugace et éphèmère de la party. Oui, nous sommes jeunes, nous faisons la fête, ensemble, alors demain et son cortège de soucis, de problèmes et de responsabilités peut attendre. Pour les gueules piétinées de Duisbourg, demain aussi pourra toujours attendre.
50 degrees
« Cinquante degrés » : cinquante degrés, c’est acceptable, mais c’est suffisant pour y laisser sa peau quand on est entouré par 400 000 personnes. Tenez, par exemple. Imaginez un sauna à basse température, un endroit confiné, moite, calme, chaud. Ajoutez-y une foule en délire et des murs en béton armé. Chaleur, claustrophobie, agoraphobie, impossibilité de bouger : vous avez votre PANIQUE COLLECTIVE.
Memories
« Mémoires » : la conclusion y est déjà. Après la boucherie et l’orgie de violence, l’heure est au recueillement, et à l’évocation des mémoires de ceux qui sont restés, là-bas, dans le tunnel. Durant de longues nuits, les villages alentours conteront la légende de la Love Parade de Duisbourg, à voix basse, dans une retenue sacrée. Au loin, on entendra une mélopée, lancinante, pleine d’échos malins : c’est Kid Cudi feat. Guetta.
Vous l’avez vu, lue à l’aune du drame de la Love Parade, la musique de Guetta est édifiante. Tout y est déjà : la chaleur suffocante, l’écrasement du nombre, l’absence de futur, le délire collectif et la mort. Nous déplorons que les autorités gouvernantes n’aient jamais pratiqué une véritable exégèse des productions de Guetta : le principe de précaution eût sans doute été nécessaire pour éviter un tel drame.
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Kaf a dit :
1
C’est du second degré ? J’arrive pas bien à saisir le délire la…
Mercy a dit :
2
Second degré? Nous? Connais pas.
tomselek a dit :
3
t barge! mdr
Dr. Javnaire a dit :
4
Putain : le Guetta pend ! Je savais bien qu’on ne pouvait pas sortir avec la sosie moderne d’Amanda Lear, s’effriter les parois nasales à la poudre d’Ibiza jusqu’au bout de la nuit et être blanc de tout soupçon. Merci de ton enquête, amigo !
« Mieux vaut piétiner un mythe que de se faire piétiner la bite », comme le disait très justement BHL dans son seul livre qui vaille vraiment le coup : « Archives d’un Procès, Klaus Barbie ».