Le Best-of du mois

6/10 7/10 8/10 9/10 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Allemagne Angleterre Australie Blues Canada clip concert disco enfant malien Etats-Unis Festival folk France Grande Bretagne Hip Hop house jazz live nouveau nouvel album pop post-rock punk rap reprise rock Royaume-Uni soul suède techno trip-hop UK USA électro

nuage de tags & best-of
Accueil » Concerts, Événement

Live Report : Freemusic Festival


Les 2 et 3 juillet derniers au bord du petit lac de Montendre, en Charentes-Maritime, avait lieu la dixième édition du Freemusic Festival. N’ayant malheureusement pas pu me libérer le vendredi soir pour assister notamment aux lives d’Archimède, des Gladiators, du Peuple de l’Herbe ou d’IAM, je m’y rendais néanmoins dès le lendemain soir où la programmation n’était pas moins alléchante. En tout début de soirée, Nouvel R et Gatechien ouvraient le bal. Puis c’était le tour de Gojira qui, en fer de lance du métal français, détonaient un peu en cette soirée plutôt pop-rock.

Je vous propose ci-dessous un compte-rendu des trois concerts qui ont marqué ma soirée, tout en adressant mes remerciements à l’équipe du Freemusic Festival pour m’avoir invité :

Lyre le temps

J’avais déjà eu l’occasion de voir Lyre Le Temps l’année dernière à Poitiers et leur set, face à une petite cinquantaine de spectateurs, avait eu un peu de mal à prendre son essor. Cependant, leur prestation acharnée et impulsive avait déjà laissé planer de beaux espoirs. C’est d’ailleurs à la suite de ce concert que notre Pierro national les avait interviewés.

J’attendais donc avec impatience de les revoir, sachant que l’ambiance serait totalement différente et le public à coup sûr plus déchaîné. Et ce fut le cas. En même temps, Lyre le Temps propose une électro si impulsive, communicative et pétrie d’influences qu’elle ne peut laisser indifférent. Ajoutez à cela l’extraordinaire énergie de Ry’m, le chanteur, et vous voilà transportés dans une sorte de stratosphère électro-rock dont les allants jazzy ondulent sous le flow hip-hop d’une voix criarde et parfois dirty.

Dans un set construit autour de leurs principaux titres (« About The Trauma Drum », « You Got It », « Hold The Night »), Lyre le Temps vous prend aux tripes et vous emmène dans un méli-mélo mouvant qui se clôt à bout de souffle car le chanteur donne tout. Avec un décor scénique remanié et une ribambelle de nouveaux titres, les trois mecs s’accrochent à du lourd pour vous propulser encore plus haut.

Le trio aime le live et ça se sent. Bougeant toujours plus que leur propre public, ils mènent avec dextérité maintenant (l’expérience d’une grosse année de tournée ?) un concert qui va crescendo pour mourir dans un beat rock ravageur. Le genre de performance dont on ressort de plaisir.

Rodrigo y Gabriela

Deux fois en une semaine, ça peut paraître beaucoup, surtout quand on n’est pas fan invétéré. Sept jours après les Solidays, je retrouvais le duo mexicain sur la scène de Montendre. Pas convaincu à 100% à Longchamp par le côté uniquement technique de leur prestation, une deuxième écoute live ne m’apparaissait pourtant pas dépourvue d’intérêt.

Une fois encore après quarante minutes, j’ai légèrement décroché, un peu essoufflé par la répétitivité des thèmes musicaux des deux anciens métalleux. Ils sont impressionnants, c’est vrai, mais musicalement, je trouve que ça tourne un peu en rond, quand même.

Mais leur show est ultra-rodé, pas une fausse note, pas une reprise manquée,… A la stupéfiante originalité du doigté-tapé de la menue mexicaine répond la toute aussi extraordinaire dextérité du musculeux hispano. Lui ne perd jamais ni le rythme ni la frénétique ligne mélodique, tandis qu’elle ne cesse jamais de faire de vifs allers-retours entre les cordes et le bois de sa guitare.

De manière assez surprenante, j’ai trouvé leur set meilleur à Montendre qu’aux Solidays. Un public plus enjoué, moins de monde et donc mieux placé, j’ai pu plus profiter des détails de leur jeu. En conclusion : Rodrigo y Gabriela est un duo sympathique et interloquant de technique qui gagnerait, à mes yeux, à trouver des variantes à leur style si itératif.

Venait ensuite Babylon Circus que j’ai écouté de loin en sirotant quelques bières et dont je ne me permettrais pas de faire le compte-rendu puisque je ne les ai suivi que d’une oreille (et en plus celle où je n’ai pas de sonotone !).

Babyshambles

Arrivait ensuite mon clou de la soirée, ce pour quoi j’étais vraiment venu : les patients acolytes de la « no more solo for one time » rock star (dans l’attitude du moins) qu’est Pete(r) Doherty. J’avais déjà vu l’Anglais aviné à Beauregard l’année dernière où il nous avait offert un set inégal qui n’effritait pas pour autant l’image que j’avais de lui : celle d’un jeune homme talentueux qui se réfugie dans un univers parallèle pour oublier qu’il est né une trentaine d’années trop tard.

Très attaché à Shotter’s Nation l’excellent opus pop-punk des Babyshambles, je me faisais une joie de voir s’il était vraiment possible à d’autres musiciens d’encadrer cet hurluberlu (ce que Barat lui-même avait échoué à faire). J’ai d’ailleurs été incapable de savoir comment et pourquoi les Babyshambles (et non pas Pete en solo) s’étaient reformés en ce 3 juillet 2010. D’autant que Doherty et Barat ont annoncé en mars dernier la reformation des Libertines pour deux dates en août (à Leeds et Reading). Peut-être était-ce un moyen pour Pete de retrouver ses marques dans un live en groupe. Ou tout simplement une envie. Bref, on ne sait pas pourquoi ils étaient là, mais c’était vraiment qu’ils le soient.

Clope au bec et grand verre de rouge à la main, l’extravagant poète d’Albion entre en scène. Autour de lui, Mick Whitnall (guitariste), Danny Geoffey (batteur et ex-Supergrass) et Drew Connell (bassiste et dernier rescapé de l’album de 2007) campent une attitude plus professionnelle bien que très détendue. Pendant près d’une heure et demie, le quatuor reprend tous les tubes qui ont les ont faits. S’immisce toujours dans les titres ce manque de rigueur musicale qui fait de Pete Doherty ce qu’il est. Mais c’est aussi un peu pour ça qu’on l’aime ; parce qu’il dénote du monde musical aseptisé qu’on tente trop souvent de nous servir, parce qu’il est lui-même et qu’il se contrefout de rater la reprise. Du coup, ça donne un effet d’ensemble un peu dirty, mais somme toute agréable.

Les quatre Anglais répondent à mes attentes et offrent un set complet et énergique. Quelques petits bémols purement formels viennent un peu ternir la prestation. Premièrement, Doherty pousse parfois la nonchalance un peu trop loin en laissant des blancs de près d’une minute entre les titres. Et puis, les multiples venues de deux danseuses engoncées dans des robes aux couleurs de l’Angleterre, et dont la performance est aussi inutile que médiocre, amènent une touche de mauvais goût à un concert qui n’en a vraiment pas besoin. Deux univers éloignés qui s’entrechoquent de manière inattendue et peu subtile. Bref : s’en passer serait mieux.

Voir les Babyshambles, dans un soir où Pete ne semblait pas trop arraché, était donc un véritable plaisir, surtout musical.

Restaient encore Le Catcheur Et La Pute et Gooseflesh, mais l’heure de route qui me séparait de mon lit douillet m’a convaincu d’écourter une soirée qui avait déjà bien remplie ses promesses.

Pas encore couchés ? :

Warren G feat Sissel Kyrkjebø – Prince Igor
Chronique de Alina Orlova – Laukinis Suo Dingo

Réagis mon ami !

S'abonner aux commentaires de cet article.

Ce blog est magistralement paramétré pour afficher des Gravatar. Si toi aussi tu veux une image à côté de tes commentaires (comme je te comprends), tu peux aller jeter un oeil chez Gravatar.

l' auteur, Dr. Javnaire

Quoi de neuf, Docteur ?

Creative Commons License
Les articles sur ce site sont placés sous licence Creative Common (by-nc-sa).