Chronique de Beach Fossil – Beach Fossil
Beach Fossil - Beach Fossil
Année : 2010
Genre : Lo-fi rock post-adolescent
Chanson(s) préférée(s) : Sometimes, Daydream, Youth, Vacation
J’ai pas été à la plage depuis longtemps. Les soirées au son du crissement du sable et des cliquetis des canettes de bière dans le sac à dos sont pour moi un lointain souvenir d’adolescent qui manque à tous jeunes adultes ou éternels branleurs responsables qui se respectent. La musique rappelle à la nostalgie de ces moments érotico–éthylo-solaires tout en sublimant cette mélancolie de jeunesse si proche mais bien perdue. Aujourd’hui, la vie en ville (grande) a aussi ses intérêts, on abandonne le sable pour la pelouse des parcs guindés ; la cigarette que l’on a jamais fumé pour le cigare (fumer tue et fait démissionner du gouvernement – Loi Evin et théorème de Christian Blanc), les flirts fantasmés ou avortés pour la belle vie de couple, tendre et sereine ; un coucher de soleil de rouge et d’ocre sur l’azur sombre du rivage atlantique pour l’éternel éclairage public ; le vinyl pour le mp3. Bref, la vie passe et certains anges trépassent.
Selon l’humeur, on est plus ou moins réceptif à certaines musiques, mais d’aucunes produisent par leurs premiers effleurements auditifs d’autres humeurs. On appelle peut-être ça l’inspiration.
Le groupe américain Beach Fossils a un nom qui ne paye pas de mine. Mais à Brooklyn, on regrette peut-être aussi les vastes plages. Imaginez donc les perles mélancoliques de New Order mêlées à la profondeur caverneuse du shoegaze auxquelles on ajouterait l’exploration mélodique et zigzaguante de la guitare de Johnny Marr chez les Smiths. Voilà, on a les fossiles de la plage et un premier album éponyme et réussi.
Minimal, en retrait et mutin, le son des Beach Fossils. La tête du groupe, Dustin Payseur, caresse dans le sens du poil la mélancolie transpirante de la vie en marche. La batterie dépouillée – comme sur du Joy Division – caverneuse, joue comme les battement du cœur. La guitare est presque toujours sublime (l’intro de Youth, la course harmonique de Vacation). Le titre Daydream offre l’occasion d’entendre un bon vieux riff de gratte du genre à se faire top lister par Rock N Folk. Il y a peu ou prou de faute de goût sur ce disque, l’avis est évidement subjectif comme sur tout billet se voulant critique d’albums, et il va sans dire – et pour user de bons mots – que toute critique et chronique culturelle a une part idiosyncratique non négligeable. Voilà, moi Beach Fossils, ça me rappelle du sable et de la bière pleine de parfums sucrés de jeunes filles. A d’autres, ça peut faire l’effet d’une demande en mariage de Domenech à Estelle Denis. Moi, c’est donc la plage, le son de la mer comme sur le dernier titre court comme tout Gathering, ça veut tout dire.
Donc, donc, donc… Beach Fossils a – pour ceux que ça touchera – le doux intérêt de rappeler à notre esprit les fossiles de nos vies que, le plus communément, on nomme souvenirs.
Ailleurs
- Une bonne interview du leader du groupe Dustin Payseur sur Lord Of Rock.
- Le myspace du groupe.
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Mmarsupilami a dit :
1
Ce sont les Droopy du revival beach music…
J’aime leur côté décalé et ligne claire!
Tweets that mention Branche ton Sonotone ! » Chronique de Beach Fossil - Beach Fossil -- Topsy.com a dit :
2
[...] This post was mentioned on Twitter by Julia and Branche ton Sonotone, betelgeuz. betelgeuz said: Bon petit son lo-fi à écouter sur la plage à StMalo ce we ^^ RT @tonsonotone: Chronique de Beach Fossil – Beach Fossil http://bit.ly/cPyESB [...]
Branche ton Sonotone ! » M.I.A. – XXXO a dit :
3
[...] Bon, moi je retourne à Beach Fossils ! [...]
1oohp a dit :
4
Très sympa effectivement. A découvrir avec Wild Nothing.