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Chronique de Rick Ross – Teflon Don

Chronique de Rick Ross – Teflon Don

Rick Ross - Teflon Don

Année : 2010
Genre : Hip Hop en demi-teinte
Chanson(s) préférée(s) : Maybach Music III, All The Money In The World

6/10

Rick Ross est un OVNI dans le paysage hip hop américain. Outre le fait d’être un ancien gardien de prison au milieu d’une tripotée de gangsters de papier, Ricky Rozay se démarque nettement de par son empreinte musicale de ses congénères venus des quatre coins des Etats-Unis. Après s’être fait connaître en 2006 avec son tube bodybuildé Hustlin, Ross a réussi à imposer son style qui en fait n’en est pas vraiment un puisqu’il pioche à peu près dans tous les styles de musique possibles pour concocter à chaque fois un album plus éclectique que le précédent.

Si Port Of Miami – son coup d’essai devenu un coup de maître – connut un succès retentissant, je dois bien avouer être resté relativement indifférent à cet opus qui apparaissait être à mes yeux une pierre de plus apposée à la construction de l’édifice « South Hip Hop » qui m’exècre au plus haut point.  Pourtant, au moment de la sortie de Deeper Than Rap, je décidais sans réelle justification de prêter une oreille attentive au travail du rappeur de Miami. C’est avec un grand étonnement que je fus séduit par cet album aux sonorités ensoleillées, aux productions accessibles au plus grand nombre sans délaisser la qualité musicale de l’ensemble. Le seul défaut que l’on pouvait imputer à cet opus était peut-être de s’empêtrer par moment dans un R-n-B de midinettes sans intérêt – les featurings de The Dream et Ne-Yo y sont pour beaucoup.

Un an seulement après Deeper Than Rap, le très productif Rick Ross allait-il réitérer sa performance avec l’album Teflon Don ? Pas sûr. Mon premier contact avec les productions musicales de Rick Ross millésime 2010 eut lieu sur des routes norvégiennes, entre deux fjords, à l’écoute d’une émission radio bien informée de l’actualité rapologique outre-Atlantique. L’impression immédiate fut bonne puisque l’extrait qu’il m’était donné de découvrir n’était autre que Maybach Music III, une instrumentale majestueuse faite de caisses claires, de violons élancés, sur laquelle posent T.I, Jadakiss et Erykah Badu. Rien que ça.

Cette agréable mise en bouche me faisait saliver et l’idée de pouvoir décortiquer, savourer et faire partager ce moment de grâce que pourrait me procurer Teflon Don trottait irrémédiablement dans ma tête.

Maybach Music III (feat. T.I., Jadakiss & Erykah Badu)

    De retour de vacances, il me fallut quelques écoutes et une longue réflexion avant de me faire un avis global sur Teflon Don. Voici le fruit de cette intense méditation.

    Pareil à lui-même, Rick Ross a su s’entourer de producteurs novices ou confirmés pour assurer un certain standing musical à son oeuvre. Toujours au rendez-vous, les J.U.S.T.I.C.E League signent les titres clinquants et arrosés d’huile de vidange Maybach Music III et Aston Martin Music, sur lequel Ross pose avec le MC à la mode Drake et Chrisette Michelle.

    Les nouveaux venus que sont The Olympics se font également remarquer avec la chanson All The Money In The World sur laquelle Raphael Saadiq surprend son monde grâce à sa capacité d’adaptation sur une instrumentale atypique par rapport à son répertoire habituel. Enfin, on se réjouira de retrouver le mythique DJ Clark Kent soigner sa présence sur Teflon Don en livrant l’instrumentale racée de Super High sur lequel Ne-Yo pousse la chansonnette au refrain. Kanye West ne manque pas à l’appel en s’affairant à la production sobre mais efficace de Live Fast, Die Young.

    All the Money in the World (feat. Raphael Saadiq)

      En revanche, déçu je fus à l’écoute de quatre ou cinq titres – sur onze tracks ça plombe quand même l’ensemble – plongeant allègrement dans le dirty south de base sans aucune originalité. En premier lieu, les deux titres signés Lex Luger – B.M.F featuring Styles P et MC Hammer featuring Gucci Mane – font entrer Teflon Don dans une spirale négative emplie de sonorités agressives et désagréables à l’écoute. On remarquera d’ailleurs que Lex Luger ne se foule pas vraiment car les deux instrumentales sont quasi-similaires.

      Dans la course à la médiocrité vient ensuite la chanson N°1 featuring Diddy et Trey Songz – l’énoncé de ces artistes m’avaient déjà mis la puce à l’oreille – : une mélodie minimaliste et deux invités pareils à eux même – c’est à dire mauvais – le fiasco était prévu d’avance. Pour terminer, c’est à croire que les J.U.S.T.I.C.E League se sont eux aussi trop relâchés au moment de concocter le titre I’m Not A Star qui – à la manière de la plupart des sons sudistes 2.0 – se révèle indigeste.

      Avec Teflon Don, Rick Ross descend d’un cran dans mon estime qui frôlait pourtant les sommets au moment de la sortie de Deeper Than Rap, un album de bien meilleure facture que celui-ci. A la vitesse ou le rappeur de Miami travaille – quatre albums pondus en cinq ans – Rick Ross ne tardera pas -espérons-le du moins – à se faire pardonner.

The Roots & John Legend feat Common and Melanie Fiona – Wake Up Everybody
Cee-Lo Green – Fuck you !

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l' auteur, Byghosta

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