Chronique de M83 – Hurry up, we’re dreaming
M83 - Hurry up, we’re dreaming
Année : 2011
Genre : Electro rêveuse
Chanson(s) préférée(s) : Midnight city, Raconte moi Histoire, Another Wave from You
En me faisant écouter le nouvel opus de M83, on m’a dit, je cite : « il m’a retourné le cerveau plusieurs fois ». M83, ce groupe français chéri par les yankees, nous a effectivement sorti un splendide sixième LP. Plus on avance, plus on voit grand : le groupe antibois, composé à l’origine de Nicolas Fromageau et d’Anthony Gonzalez, puis seulement du second depuis 2004, a sorti le 17 octobre un double album. Ou comment démontrer que l’ambition peut avoir des résultats assez fabuleux.
Parce que oui, Hurry up, we’re dreaming, c’est une odyssée, un voyage complet, une réussite assez époustouflante. De l’intro à l’outro, Anthony Gonzalez parvient à nous emmener dans un univers parallèle, dans des coins reculés de l’imagination, faisant planer l’auditeur bien loin. Comme les rêves des enfants présents sur la pochette, c’est la bande-son de tout un univers onirique, propre à chacun, que l’on trouve là. Jouissif. En fait, rarement on a vu titre mieux choisi pour un album. Tout y est dit. L’intro peut faire peur par sa longueur mais elle nous plonge directement dans l’atmosphère de l’album. Un mélange de mélancolie et de grandeur joyeuse, sentiments presque paradoxaux provoqués par ce mélange de voix lointaines, de chœurs en l’occurrence, et, dans les titres suivants, de cuivres ronflants et de cordes orageuses. Avec le splendide Midnight City, le décollage est consacré.
L’alternance entre ces échos lointains et les apparitions de cordes et de cuivres donc, sonorités relativement nouvelles pour M83, est capable de faire passer de séances d’introspections languissantes à des envies de bouger irrépressibles. Hurry up, we’re dreaming a cela de particulier qu’il parvient à faire l’agrégation de morceaux aux ambiances totalement différentes sans que l’écoute n’en soit perturbée, sans que l’on ne soit gênés par une quelconque rupture. On passe ainsi d’un Raconte moi une Histoire où une voix juvénile nous raconte des histoires de grenouilles aux accents pop, soutenue par des cordes qui participent à ce trip finalement assez planant, à une exubérance dansante avec Ok Pal ou le magistral Steve McQueen.
A l’opposé, Wait nous fait renouer avec les accents introspectifs de Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts, tandis qu’Echoes of Mine, puis Klaus I love You, semblent être les parfaits témoins de cette espèce de magistralité urgente qui traverse tout l’album, comme une bande-son qui collerait à un visuel. Chacun le sien, de visuel, et un truc probablement fantasmagorique, mais quelque chose d’imagé, de cinématographique. Il ne reste qu’à regretter et ne pas comprendre le peu de succès rencontré par le groupe auprès du difficile public français.
M83 est en concert le 30 Novembre à la Gaieté Lyrique – Complet – et le 15 mars à la Cigale, Paris.
Aller plus loin
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