Le groove de Julian Assange

il y a 3 ans dans Playlists par

« The bitch is back », comme le disait Elton John en 1974 (sur son bien nommé album « Caribou »).

Elton John – The bitch is back

Et par « the bitch », j’entends bien sûr Wikileaks, qui a fait son grand retour sur la pile « à neutraliser » des grands de ce monde en publiant jeudi dernier 287 documents sur l’industrie de la surveillance de masse.

Alors, je pourrais vous raconter comment Julian Assange et consorts ont donné une conférence de presse à City University, à Londres, et comment celle-ci se trouve opportunément être l’université dans laquelle j’effectue mon année d’échange en ce moment, et comment je me trouvais opportunément dans l’amphi au moment de la conférence, et comment j’ai opportunément frôlé Julian Assange avec mon bras gauche devant l’université en question – mais qui tout cela va-t-il intéresser, je vous le demande? Personne, voilà qui.

À la place, je vous propose une petite balade down Memory Lane, au cours de laquelle nous retracerons en musique les aventures de l’homme aux cheveux blancs et des plus grandes fuites de documents secrets de l’histoire.

Et c’est au petit Tom Sawyer que revient l’honneur d’ouvrir cette playlist, Assange lui-même ayant comparé son enfance sur une île du Queensland à celle du jeune héros américain dans sa désormais culte interview pour le New Yorker : « La plus grande partie de mon enfance faisait assez Tom Sawyer. J’avais mon propre cheval. J’ai construit mon propre radeau. J’explorais des puits de mine et des tunnels. »

Vous avez aussi le droit d’apprécier l’ironie des paroles  : « Tom Sawyer, c’est l’Amérique, symbole de la liberté »/ »Tom Sawyer, c’est l’Amérique, pour tous ceux qui aiment la vérité. » Allez dire ça à Bradley Manning.

Tom Sawyer – Générique

Faisons une brève ellipse temporelle et retrouvons-nous aux dix-huit ans de Julian Assange. Entrent alors en jeu deux éléments que les biographes présentent souvent comme étant déterminants pour la suite : sa découverte des joies du hacking, et la naissance de son fils Daniel, une expérience que Madonna vous racontera mieux que moi :


Madonna – Papa don’t preach

Je vous mets aussi la version de Glee, parce que je l’aime bien :

Glee – Papa don’t preach

Parallèlement, Assange développe sa personnalité de hacker sous le nom de Mendax jusqu’à ce que la police vienne frapper à sa porte, ce que j’illustrerai par la chanson Hacker Sapiens du groupe de Metal suédois M.A.N., dont les hurlements et les riffs de guitare angoissants devraient incarner parfaitement la paranoïa développée par l’intéressé à l’époque (comme il le raconte dans Underground).

M.A.N – Hacker Sapiens

La légende veut que les cheveux d’Assange aient perdu leur couleur brune originelle (pour se parer du blanc dumbledoresque que l’on connaît) suite à une bataille judiciaire entre lui, son ex-femme, et l’administration australienne, à propos de la garde de son fils. Quel dommage qu’un des piliers de la chanson française n’ait pas enregistré une chanson qui raconte précisément cette histoire :

Daniel Balavoine – Mon fils, ma bataille

Ah oui, et pour la partie « cheveux blancs »:

Renaud – Cheveu blanc

Il serait grand temps d’en venir à la création de Wikileaks, en 2006, qui amène Assange à changer souvent d’adresse, sac au dos, insaisissable comme un poisson fraîchement pêché. Un « wanderer », aurait dit Joan Baez, tandis que Bob Dylan préférerait l’expression « rolling stone »:

Joan Baez – I am a wanderer

Bob Dylan – Like a rolling stone

Arrive ensuite la période des premières publications remarquées de Wikileaks (la vidéo collateral murder (avril 2010), les Warlogs afghans (juillet 2010) et les Warlogs irakiens (octobre 2010) ). Indéniablement, there’s a leak in my heart :

The Porters – A leak in my heart

2009/2010, c’est aussi la période où Julian Assange semble ne jamais se séparer de son costume noir et de sa cravate rouge :


Jeanne Mas – En rouge et noir

C’est en novembre 2010 que l’apothéose se produit, avec la publication des fameux câbles diplomatiques en partenariat avec Der Spiegel, le New York Times, El Pais, Le Monde, et le Guardian. Julian Assange acquiert alors la réputation d’être un très mauvais gardien de secrets :

The Pierces – Secret

Ses relations diplomatiques avec les États-Unis ne sont, hum, pas au beau fixe.

The Clash – I’m so bored with the USA

Bradley Manning, un soldat américain qui fêtera ses 24 ans le 17 décembre prochain, est le principal suspect en ce qui concerne la fuite de ces câbles diplomatiques et de la vidéo collateral murder. Il a même confié avoir gravé les câbles en question sur un CD étiqueté « Lady Gaga » tout en articulant les paroles de Telephone pour faire croire aux gens autour de lui qu’il était seulement en train de se détendre en écoutant de la musique du meilleur goût.

Lady Gaga et Beyoncé – Telephone

Peu de temps après, toujours en novembre 2010, Julian Assange se voit accusé de crimes sexuels et Interpol publie  un mandat d’arrêt international à son encontre.

Interpol – Not even jail

Depuis, Assange a appris qu’il allait être extradé vers la Suède pour être interrogé à ce sujet (sauf si tout cela se termine à la Cour Suprême). S’il doit finalement s’y rendre, je pense qu’il le fera dans un jet plane et qu’il ne sera pas trop sûr de sa date de retour (« don’t know when I’ll be back again) (oui j’avoue, celle-ci je suis allée la chercher loin, mais figurez-vous que les musiciens se sont jusqu’ici peu exprimés sur le sujet de l’extradition) :

John Denver – Leaving on a jet plane

Aussi, les caisses de Wikileaks semblent être vides, d’où l’appel au don qui orne en ce moment toutes les pages du site.

Abba – Money, money, money

Enfin, rappelons-nous quand même que ce qui importe le plus en ce moment, c’est la publications des 287 Spy Files sur la surveillance de masse, un sujet dont David Bowie (et George Orwell) (oui, je sais, c’est un dernier choix de chanson vraiment très très original) sont familiers :

David Bowie – 1984

J’ai sans doute oublié des bijoux qui collaient parfaitement à certains épisodes Wikileaks-related, si c’est le cas, n’hésitez pas à proposer vos brillantes trouvailles dans les commentaires (vous verrez, c’est un exercice assez rigolo).

1 commentaire

  1. Si la vie était une comédie musicale, tout irait mieux. « Nobody puts Mercy in a corner.

    [...] Et comme un des rares thèmes qui n’a pas encore “sa” comédie musicale à Londres, dans le West End, c’est Wikileaks et la vie de Julian Assange, j’en ai fait une playlist sur Branche Ton Sonotone. Ça s’appelle “Le groove de Julian Assange” et c’est par ici : http://branchetonsonotone.com/2011/12/04/le-groove-de-julian-assange/ [...]