Le Best-of du mois

6/10 7/10 8/10 9/10 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Allemagne Angleterre Australie Blues Canada clip concert disco enfant malien Etats-Unis Festival folk France Grande Bretagne Hip Hop house jazz live nouveau nouvel album pop post-rock punk rap reprise rock Royaume-Uni soul suède techno trip-hop UK USA électro

nuage de tags & best-of
Accueil » Chroniques, Non classé

Chronique de Blu & Exile – Give Me My Flowers While I Can Smell Them

Chronique de Blu & Exile  – Give Me My Flowers While I Can Smell Them

Exile & Blu - Give Me My Flowers While I Can Smell Them

Année : 2011
Genre : Hip Hop inspiré
Chanson(s) préférée(s) : The Only One, Good Morning Neighbor, Don't Be Jelly, Everybody Nose

9/10

Rares sont les occasions d’écouter, et de chroniquer, des albums qui ne sont pas mixés ni masterisés. Rien que le fait d’y penser semble une idée loufoque tant une production musicale nécessite un degré élevé de peaufinage afin d’être agréable à l’écoute. Le producteur Exile et le rappeur Blu, complices de toujours, ont pourtant décidé de nous faire partager une oeuvre commune inachevée au nom étrange : Give Me My Flowers While I Can Smell Them. Enregistré entre 2008 et 2009 (!), ce LP débarque un peu comme une fleur – c’est le cas de le dire – sur Internet où les deux compères ont laissé leur dernière production en libre-écoute.

Dédicacé à la mère, la grand mère et l’arrière grand mère d’Exile, Give Me My Flowers While I Can Smell Them est un chef d’oeuvre. Est-ce étonnant ? Pas vraiment. Leurs différentes collaborations ont été à chaque fois couronnées de succès et leur parcours respectifs en cette année 2011 n’est pas moins remarquable. Exile a sorti l’album 4TRK MIND (en collaboration avec Blu) alors que Blu nous a enchanté avec Jesus et No York !. Sur BTS, nous vous avions d’ailleurs parlé du titre My Sunshine, extrait de ce dernier opus.

Avec Give Me My Flowers While I Can Smell Them, tout commence par une intro. Pas une simple intro que l’on zappe la plupart du temps pour passer le plus rapidement possible au reste de l’album, non. A letter est une réelle entrée en matière, à la fois mélancolique et chaleureuse. Le travail d’Exile sur ce sample extrait de Moody’s Mood For Love interprété par la chanteuse Patti Austin est en tous points admirable. Cette belle mise en bouche nous amène au coeur de Give Me My Flowers While I Can Smell Them.

Après une première écoute, plusieurs sentiments traversent l’auditeur mais le plaisir prédomine. More Out Of Life incite à la rêverie avec ses samples de flûte et de voix divines avant que The Only One nous fasse redescendre sur Terre goûter au désespoir qui caractérise trop souvent le genre humain. Cette sensation de perdition se prolonge avec Mask Your Soul mais le piano jazzy et frénétique de I am Jean et la flûte traversière de Money donnent un coup de fouet à celui qui oserait détourner ses tympans de Give Me My Flowers While I Can Smell Them.

Les sonorités s’entremêlent, on ne sait plus où donner de la tête. Revenir à de simples boucles de piano semble être la bonne solution que Blu Exile  appliquent avec brio à She Said It’s Ok. Good Morning Neighbor s’apparente à un nouveau départ au sein-même de cet album. Amateur de samples sortis de nulle part, Exile utilise cette fois-ci le générique de la série pour enfants de la fin des années 1960 Mister Rogers’ Neighborhood pour donner un peu de candeur et de joie de vivre à ce titre qui adoucirait certainement les réveils difficiles. Cet instant matinal, en apesanteur, s’arrête net avec le sublime Don’t be Jelly, sorte de complainte où Blu rappe en osmose totale avec un sample de veuve éplorée, qui marque cette instrumentale du sceau de la mélancolie. Sur cette chanson, on est également frappé par la présence d’une voix caverneuse, étrange mais toutefois incomparable à celle que l’on retrouve sur Seasons dont l’univers reste très proche de Don’t be Jelly.

Give Me My Flowers While I Can Smell Them se démarque par une initiative de plus en plus rare dans le rap actuel : les featurings sont pratiquement absents hormis sur l’excellent Everybody Nose, titre sur lequel sont invités Johaz et Fashawn. Si Blu mène sa barque en solitaire, ça ne l’empêche pas d’être en totale symbiose avec les samples de voix allègrement utilisés par Exile et qui apportent leur part de dynamisme aux instrumentales de l’opus.

Seul point noir au tableau – qui frôle la perfection – peint par Exile & Blu : la chanson – ou plutôt l’instrumentale – John Mc Cain. Dans un style proche de celui d’une bande originale de Super Mario Bros, le titre tranche brutalement avec l’atmosphère musicale homogène de l’album et n’apporte aucune plus-value, bien au contraire. Exceptée cette incartade, Give Me My Flowers While I Can Smell Them s’affirme comme l’un des albums incontournables de l’année tant par la qualité de ses productions que la prise de risque sonore de Blu & Exile sur ce projet. Ne cherchez plus votre cadeau sous le sapin, Blu & Exile sont déjà passés vous le livrer.

Luneville – Milky Way
Chronique d’Oliver Tank – Dreams

2 Commentaires »

Réagis mon ami !

S'abonner aux commentaires de cet article.

Ce blog est magistralement paramétré pour afficher des Gravatar. Si toi aussi tu veux une image à côté de tes commentaires (comme je te comprends), tu peux aller jeter un oeil chez Gravatar.

l' auteur, Byghosta

Écouter c'est bien. Critiquer c'est mieux.

Creative Commons License
Les articles sur ce site sont placés sous licence Creative Common (by-nc-sa).