Le Best-of du mois

6/10 7/10 8/10 9/10 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Allemagne Angleterre Australie Blues Canada clip concert disco enfant malien Etats-Unis Festival folk France Grande Bretagne Hip Hop house jazz live nouveau nouvel album pop post-rock punk rap reprise rock Royaume-Uni soul suède techno trip-hop UK USA électro

nuage de tags & best-of
Accueil » Chroniques

Chronique de C2C – Down The Road

Chronique de C2C – Down The Road

C2C - Down The Road

Année : 2012
Genre : Hip Hop/ Electro
Chanson(s) préférée(s) : Down The Road, The Beat, Someday

8/10

A l’origine, le DJ tenait une place fondamentale dans la diffusion du mouvement hip hop. Des block parties aux salles de concerts, ce sont bien les Kool Herc et autres Grand Master Flash qui rythmèrent dans un premier temps le quotidien d’un nouveau public féru de scratchs, de pass-pass et de sampling. Au fil des années, les DJs ont poussé, peut-être inconsciemment, les MCs à troquer leur costume de simple maître de cérémonie pour celui de rappeur. Malheureusement, cette passe d’arme s’est révélée assassine pour les hommes aux platines qui ont continué à oeuvrer dans l’ombre des rappeurs. Les années 1990 ont tout de même vu quelques grandes figures apparaître dans le monde du rap français avec des DJs comme Cut Killer ou Kheops qui n’ont pas hésité à sortir leurs propres compilations.

Alors que le deejaying est né au sein de la communauté afro-américaine, que les sons mixés s’apparentaient traditionnellement au disco ou au rap, la figure du DJ a évolué au cours de cette dernière décennie. Aujourd’hui le terme DJ est un peu facilement accolé à tout un chacun. Il suffit de savoir manier quelques machines, de diffuser de la musique électronico-house et on vous considère comme le Fred Astair du vinyl alors que vous n’êtes qu’un vulgaire ambianceur (cf. David Guetta même s’il compose ses « musiques »). Mais attention, avec les C2C, vous avez affaire à de véritables orfèvres des platines pour plusieurs raisons. Le groupe composé de 20Syl, DJ Greem (respectivement MC et DJ dans le groupe Hocus Pocus) Atom et Pfel (membres du duo de DJs Beat Torrent) propose tout d’abord un concept novateur dans l’univers du rap français : celui d’un quatuor de DJs qui mixent à l’unisson sur les mêmes morceaux.

Les quatre Nantais ont travaillé leurs automatismes lors des multiples compétitions de DJs auxquelles ils ont pu participer. Résultat : le groupe C2C a été sacré quatre fois champion du monde DMC entre 2003 et 2006. Autant dire qu’avec toute cette expérience accumulée, ils étaient fins prêts pour sortir leur premier projet musical. Enfin, là où C2C se démarque des traditionnels DJs français, c’est dans cette démarche de construire un objet musical nouveau. Ainsi le quatuor ne se contente pas de mixer des sons déjà connus du grand public mais crée et utilise ses propres samples à base de riffs de guitares, d’accords de rhodes ou de nappes de synthés des années 1980. J’aurais bien sûr pu attendre la sortie de l’album au printemps prochain pour évoquer plus longuement le travail de C2C mais l’envie de vous faire part de mes impressions sur cette première pierre posée à l’édifice de leur discographie était trop forte.

« The beat is my native language. » Cette phrase, extraite du titre The Beat, décrit parfaitement la philosophie de vie des C2C qu’ils ont voulu appliquer, avec leurs platines, à l’EP Down The Road. Cet OVNI musical est à la fois terriblement déconcertant, du fait des diverses influences musicales qu’il contient, mais aussi, et surtout, jouissif au regard de la qualité de production des six tracks qui composent Down The Road. L’EP est inclassable. On voyage à travers les genres musicaux, bouge la tête au rythme des beats percutants, et sourit à l’écoute de scratchs que tout amateur de hip hop prend plaisir à entendre tant ils sont devenus rares dans le monde musical actuel. L’EP démarre fort avec le titre éponyme Down The Road, sorte de classique country revisité à la sauce électro-hip hop, sur lequel des solos d’harmonica et de guitare se marient à merveille aux scratchs et autres sample de voix. Le remix de Down The Road qui ferme l’EP diffère quant à lui totalement de cette version en adoptant un style plus funky dans lequel excelle le chanteur Irfane du groupe Outlines qui vient apporter sa touche personnelle. Arcades, la seconde piste de l’EP, transporte l’auditeur dans un univers radicalement différent : celui de sonorités plus électroniques que l’on pourrait aisément rencontrer dans des jeux vidéos des années 1980. L’écho de la voix présente sur Arcades donne d’ailleurs un caractère épique à ce morceau.

Une troisième frontière musicale est franchie lorsque l’on aborde Someday, qui ne peut cacher sa réelle filiation avec les productions d’Hocus Pocus (normal me direz-vous). Avec Someday, on revient à des sonorités plus soul et jazzy, un peu comme sur The Beat, le titre suivant sur la tracklist de Down The Road. Ces deux morceaux sont tout de même très différents, The Beat se rapprochant d’une production de rap plus classique avec son dynamisme et ses samples de voix que l’on croirait sortis d’un album des Beastie Boys. La dernière pierre posée à l’édifice de Down The Road relève du mystique. FUYA est un appel au mélange des genres en lui-même : l’électro frénétique côtoie des violons orientaux, ces phases étant entrecoupées de marches militaires.

Le quatuor de DJs connaît un succès retentissant depuis novembre dernier et la sortie de FUYA, premier extrait de l’EP Down The Road : la vidéo de FUYA a été visionnée plusieurs centaines de milliers de fois en l’espace de deux mois, les places de leurs concerts à la Gaîté Lyrique et à la Cigale ont été vendues en quelques jours. Heureusement, une date est d’ores et déjà prévue en novembre prochain dans la salle mythique de l’Olympia. J’ai encore en tête la soirée du 13 octobre 2010 durant laquelle C2C a fendu la foule venue assister au concert d’Hocus Pocus pour se diriger vers le fond de la salle et débuter un set magistral. Dans une ambiance déjà survoltée, le groupe de DJs avait mis le public en transe grâce à une incroyable énergie et une habileté aux platines à toute épreuve. Si vous avez apprécié Down The Road, je ne peux que vous conseiller d’aller les écouter en concert, l’extase n’en sera que plus forte.

Aller plus loin


L'avis des autres

Chronique de Sudden Death of Stars – Getting up, Going Down
Prosthetik Intelligentz x GravityMovement – Fly Away

5 Commentaires »

Réagis mon ami !

S'abonner aux commentaires de cet article.

Ce blog est magistralement paramétré pour afficher des Gravatar. Si toi aussi tu veux une image à côté de tes commentaires (comme je te comprends), tu peux aller jeter un oeil chez Gravatar.

l' auteur, Byghosta

Écouter c'est bien. Critiquer c'est mieux.

Creative Commons License
Les articles sur ce site sont placés sous licence Creative Common (by-nc-sa).