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	<title>Branche ton Sonotone ! &#187; Pierro</title>
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	<description>Le webzine musical qui te débouche les oreilles.</description>
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		<title>Nicolas Jaar &#8211; Keep me there (Unofficial Video Produced by Lucas Duchemin)</title>
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		<pubDate>Thu, 05 May 2011 15:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
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		<category><![CDATA[2011]]></category>
		<category><![CDATA[Keep Me There]]></category>
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		<description><![CDATA[A Branche ton sonotone, nous pensons tous beaucoup de bien &#8211; et c&#8217;est un doux euphémisme &#8211; de la musique de Nicolas Jaar. Et même si son dernier album, Space is only noise n&#8217;a pas nécessairement réalisé le consensus entre nous, force est de constater qu&#8217;il recèle un vrai lot de pépites, douces et rythmées, tissées de rêveries et d&#8217;errances musicales, qui sont la patte du jeune producteur franco-américano-chilien. Il est bon de constater aujourd&#8217;hui que Jaar fait partie des têtes d&#8217;affiches, notamment aux Nuits Sonores de Lyon : cela ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">A Branche ton sonotone, nous pensons tous beaucoup de bien &#8211; et c&#8217;est un doux euphémisme &#8211; de la musique de Nicolas Jaar. Et même si son dernier album, <em>Space is only noise </em>n&#8217;a pas nécessairement réalisé le consensus entre nous, force est de constater qu&#8217;il recèle un vrai lot de pépites, douces et rythmées, tissées de rêveries et d&#8217;errances musicales, qui sont la patte du jeune producteur franco-américano-chilien. Il est bon de constater aujourd&#8217;hui que Jaar fait partie des têtes d&#8217;affiches, notamment aux Nuits Sonores de Lyon : cela apparaît ô combien mérité, tant la musique du jeune artiste est bénéfique pour l&#8217;âme et le corps. Je l&#8217;ai même offert à ma mère : c&#8217;est dire. En écoutant ses productions, on constate soudain, au détour d&#8217;un réveil sans sommeil, que l&#8217;on s&#8217;était évadés de nos cages mentales sans même le réaliser. En étant simplement à l&#8217;écoute : musique du voyage, de sons, d&#8217;images.</p>
<p style="text-align: justify;">Car c&#8217;est justement le caractère cinématographique de la musique de Jaar qui est ici le sujet : pour la première fois, à ma connaissance, un clip illustrant un de ses morceaux voit le jour. <em>Unofficial</em>, bien entendu. Car peut-être que Jaar met délibérément de côté l&#8217;aspect graphique de sa musique, comme pour laisser le choix <span style="text-decoration: line-through;">dans la date </span>aux auditeurs de rêver comme ils l&#8217;entendent, cet intimisme entêtant, et se créer ainsi leur <span style="text-decoration: line-through;">Jaar</span> jarre de projections, d&#8217;images personnelles, de fantasmes musicaux.</p>
<p style="text-align: justify;">A cet égard, lourde est la tâche de Lucas Duchemin et ses acolytes, passionnés par la musique du jeune maestro ! Car mettre en image un morceau de Nicolas Jaar c&#8217;est aussi, quelque part, appauvrir le futur spectateur de ses propres projections. Supprimer les infinis imaginaires qui suintent par tous les pores des boucles jaaresques au profit d&#8217;une seule image : celle qu&#8217;a vu le réalisateur. Un grand pouvoir, celui de matérialiser des images, implique de grandes responsabilités<span style="text-decoration: line-through;">, voyez Mahomet.</span> Et pourtant nous sommes, tous ici, bluffés par la production du <em>director, </em>à peine 20 ans, qui non seulement illustre l&#8217;excellent <em>Keep me there, </em>mais aussi le scénarise et, plus que tout, le transcende.</p>
<p style="text-align: justify;">Photographie magnifique, nuit kitsch et urbanité moite, plans singuliers, synchronicité des raccords, et une vraie histoire, celle d&#8217;un vieux flic ripou du nom de Gregorino, qui préfère passer les nuits dehors à tripoter les minettes et les flingues déguisé en derviche tourneur que rester sagement dans son intérieur 60&#8242;s à ne caresser que la télécommande. C&#8217;est donc avec bonheur que le premier clip <em>unofficial </em>de Jaar voit le jour, et c&#8217;est avec honneur que je dis à Lucas Duchemin, Jim Dupuy, Amine Berrada et Avril Besson que leur mission est parfaitement remplie : c&#8217;est un vrai plaisir, à l&#8217;écoute de <em>Keep me there</em>, que de ne plus être habité que par une seule image : la leur.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="490" height="277" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=22334678&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=00adef&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="490" height="277" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=22334678&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=0&amp;show_byline=0&amp;show_portrait=0&amp;color=00adef&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><a href="http://vimeo.com/22334678"></a></p>
<br /><i>[ si le la vidéo ne s'affiche pas, visionnez la directement sur la <a href="http://branchetonsonotone.com/2011/05/05/nicolas-jaar-keep-me-there-unofficial-video-produced-by-lucas-duchemin/">page originale de l'article</a> ]</i>]]></content:encoded>
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		<title>Interview de Chloé : la techno toute en retenue.</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 22:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Événement]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>

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		<description><![CDATA[  


Le 24 Novembre 2010 au Confort Moderne, avec le compère Dr. Javnaire, nous avons eu la chance d&#8217;assister au live d&#8217;une des grandes dames de la musique électronique, Chloé. Au sortir du concert, nous nous sentions comme deux larrons qui ont passé une heure et demie à se faire asticoter par une poignée de métal gantée de velours (ou l&#8217;inverse !). Car les compositions de Chloé sont tout à la fois métalliques et charnelles, martiales et sexy, et peut-être faut-il voir dans cette versatilité assumée le sens du ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2011/02/banniere_chloe1.jpg"><img class="size-full wp-image-22361   aligncenter" title="banniere_chloe" src="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2011/02/banniere_chloe1.jpg" alt="" width="318" height="480" /></a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le 24 Novembre 2010 au Confort Moderne, avec le compère Dr. Javnaire, nous avons eu la chance d&#8217;assister au live d&#8217;une des grandes dames de la musique électronique, Chloé. Au sortir du concert, nous nous sentions comme deux larrons qui ont passé une heure et demie à se faire asticoter par une poignée de métal gantée de velours (ou l&#8217;inverse !). Car les compositions de Chloé sont tout à la fois métalliques et charnelles, martiales et sexy, et peut-être faut-il voir dans cette versatilité assumée le sens du titre de son second album, One in Other, tout juste nominé dans la catégorie &laquo;&nbsp;Meilleur album de musique électronique et dance&nbsp;&raquo; (avec Stromae, Gotan Project et Uffie) aux Victoires de la musique 2011 (qui se dérouleront le 9 Février et le 1 Mars prochains sur France Télévisions). Nous avons voulu en savoir un peu plus sur cette artiste discrète, et pourtant centrale dans le paysage électronique.</em></p>
<h3 style="text-align: center;">Quand l&#8217;Oreille est hardie #3 : Chloé.</h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bonjour Chloé. Tout d’abord nous avons trouvé que les images du collectif Transforma illustraient très bien le déroulement de votre live. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre collaboration ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mes lives sont accompagnés des artistes visuels berlinois Transforma qui ont réalisé une création visuelle dédiée. L’image me permet d’accentuer les effets de styles, les modes d’expression que je retrouve dans ma musique, les contrastes : fermé/ouvert, chaos/cosmos, sens apparent/sens caché.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A Poitiers mercredi soir, la salle était assez petite et le public clairsemé, est-ce que vous jouez différemment dans ces conditions ? Est-ce plus difficile ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au Confort Moderne ce soir là, seule la lumière des visuels de Transforma éclairait la salle. Chaque salle a son ambiance, son acoustique, son public, son moment, il n’y a pas vraiment de règles : il m’arrive de jouer intimiste et abstrait devant une grande salle de festival, comme plus club dans une plus petite salle, ça dépend de l’instant.</p>
<p><img class="size-medium wp-image-22376 alignright" style="margin: 7px;" title="IMG_1373" src="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2011/02/IMG_1373-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au long de votre live, nous avons senti une certaine retenue qui dénote avec le côté généralement expansif du DJ : peut-être était-ce juste le fait du live poitevin, mais nous aimerions savoir si vous êtes dans des attitudes différentes quand vous jouez vos propres morceaux ou quand vous mixez, si vous brouillez volontairement les cartes ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mon live est un amas de mes sons d’albums, de remixes, de maxis, de collaborations, et de sons à venir, joués de façon improvisée. Cela me permet de proposer au public mes morceaux de studios revisités en direct, de façon spontanée et improvisée : c’est une prise de risque mais c’est enrichissant, c&#8217;est le lien qui me manquait entre le studio et le djing. Je ne suis pas spécialement expansive quand je mixe ou quand je joue <em>live</em>, je suis concentrée et habitée. Que ce soit dans mes productions en mix ou en live, je travaille constamment sur cette retenue.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A un moment de votre live, vous avez utilisé des samples de voix scandées sur les images d’un cercle clignotant blanc et noir : cela nous a fortement fait songer au film <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=29UhO7PP_Bs" target="_blank">Anticoncept</a></em> de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gil_Joseph_Wolman" target="_blank">Gil J. Wolman</a>, était-ce une référence voulue ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont des voix que j’avais à disposition lors d’un live que j’avais fait au 104 à Aubervilliers. Il s’agissait de textes lus par des philosophes qui traitaient du rapport de l’art dans l’architecture. J’ai récupéré quelques bouts de voix qui avaient un aspect contestataire et qui se mariaient bien avec certains sons que j’avais et je les ai transformé en direct afin d’accentuer certains passages de mon live.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Après avoir sillonné les quatre coins du monde pour jouer, avez-vous des endroits (villes, clubs, festivals) qui vous tiennent particulièrement à cœur ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui bien sûr, particulièrement le Rex Club à Paris où je joue régulièrement ainsi que le Robert Johnson à Francfort, en Allemagne. Ces clubs sont selon moi les meilleurs car on y ressent une réelle liberté d’expression, une réelle convivialité, le sound system y est dément.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Que signifie, pour vous, le titre de ce deuxième album, <em>One in other</em> ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je voulais le mot &laquo;&nbsp;one&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;other&nbsp;&raquo; dans le titre pour exprimer les rapports entre l&#8217;Un et l&#8217;Autre. On dit &laquo;&nbsp;l&#8217;un dans l&#8217;autre&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;ni l&#8217;un ni l&#8217;autre&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;l&#8217;un après l&#8217;autre&nbsp;&raquo;&#8230; ce sont ces liens et la façon dont ils se tissent qui m&#8217;ont donné un point de départ. Finalement, le mot entre les deux aurait pu être n&#8217;importe lequel. Chacun interprète comme il veut le sens, y trouve sa propre réponse : qui est l&#8217;Un, qui est l&#8217;Autre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avec une belle photo de votre visage en plan rapproché sur la pochette de ce deuxième album, et des morceaux plus intimistes, moins « club » que sur <em>The Waiting Room</em>, nous avons souvent lu ou entendu que ce deuxième opus est plus « sincère », est un « album de la maturité ».  Que pensez vous de ces commentaires sur votre travail ? Que reflète pour vous <em>One in Other </em>?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il est difficile de donner des termes précis quant à la musique électronique, qui est justement un style de musique dans lequel il y a énormément de courants, d&#8217;aspirations. Selon moi <em>One in other</em> a été fait plus spontanément et plus rapidement, il est donc plus affirmé, et il est la continuité de mon premier album, <em>The waiting room (</em>ndlr : sorti en 2007)<em>. <span style="font-style: normal;">J’ai mis plusieurs années avant d’arriver à terminer ce premier album, j’étais pleine de doutes et j’avais l’impression que je n’arrivais pas à achever mes morceaux. A l&#8217;inverse, sur ce second album j’ai pris plus de plaisir, j’ai été plus instinctive et intuitive &#8211; comme dans le mix finalement. Faire un album s’inscrit dans la continuité de mon travail après mes nombreux maxis sortis depuis 2001 sur différents labels, mes remixes pour différents artistes et collaborations. En production je ne me limite pas à faire uniquement de la &laquo;&nbsp;clubbade&nbsp;&raquo;, j’aime bien aller chercher ailleurs, c&#8217;est manière pour moi de me ressourcer, d’expérimenter,  et surtout de ne pas tourner en rond.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2011/02/IMG_1323.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-22374" style="margin: 7px;" title="IMG_1323" src="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2011/02/IMG_1323-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Sur cet album et dans votre live, vous chantez et vous vous servez de votre propre voix comme d’un matériau, vous oscillez sans cesse entre organique et électronique. Comment êtes-vous venue à cela ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je sample des instruments que je transforme ensuite, et la voix est pour moi un outil comme un autre. La musique électronique offre des possibilités infinies pour trouver des sonorités, des ambiances, des textures aussi bien électroniques qu’organiques, des équilibres. Je me suis interessée à la production d’un morceau de musique électronique, j’ai voulu absolument comprendre pour pouvoir m’en servir et y intégrer des idées que j’avais, aussi bien en y intégrant de la guitare, des voix dans des effets, de l&#8217;électronique&#8230; J&#8217;avais une idée très précise de ce que je voulais : une façon pour moi de me sentir indépendante et d’être ma propre chef-d’orchestre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu’est ce qui vous fait vibrer en musique ? Et dans l’art en général ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout est matière à inspiration, j’ai toujours écouté de tout musicalement, et dans chaque style il y a des morceaux qui me touchent, je ne m’enferme pas dans un style précis. J’ai des périodes où j’écoute un artiste plus qu’un autre, mais je peux aussi bloquer sur un film à un moment, un morceau, un groupe, j&#8217;aime ce qui me fait vibrer. Je m&#8217;approprie tout cela et j&#8217;en fais autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quels sont vos projets pour les mois à venir ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On termine quelques remixes avec Krikor sous le pseudo <em>Plein Soleil</em> à sortir sur divers labels. Je prépare également une création radiophonique qui m’a été proposée par l’émission « l’Atelier de création radiophonique » {ndlr : sur France Culture tous les dimanche soir de 23h à minuit}. J’ai choisi le thème du surréalisme : je collecte des voix, des interviews d’époque et vais les mélanger à des ambiances. Cette création radio paraitra en CD avec un livre dans la collection <em>Dis Voir</em> en avril/mai 2011.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une dernière question : avec votre longue expérience des clubs européens et mondiaux quel regard portez-vous sur l’actuelle « crise de la nuit » parisienne dénoncée par la pétition <em>Quand la nuit meurt en silence</em></strong><strong> ? Que pensez-vous de la mise en place en novembre 2010 d’« états généraux de la nuit » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Disons que le problème est toujours présent : une nouvelle ère a commencé, la nouvelle génération a grandi et remplit les clubs. De nouveaux promoteurs prennent la relève, mais on ne voit pas pour autant émerger de nouveaux clubs. On ressent le poids de la crise et des interdits encore plus qu&#8217;il y a quelques années, c&#8217;est inquiétant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit photo : Aurèle Nourisson.</em></p>
<h3>Branche ton Sonotone !</h3>
<ul>
<li><a href="http://open.spotify.com/album/7cTQ5A6BXTK0sSs3xCU4jV" target="_blank"><em>One in other </em></a>et <a href="http://open.spotify.com/album/7dxnLz7mydR0uyyvA4DO49" target="_blank"><em>The Waiting Room</em></a> sur Spotify.</li>
<li>Le site officiel de <a href="http://www.dj-chloe.com/" target="_blank">Chloé</a>.</li>
<li>Le site de <a href="http://www.dj-chloe.com/" target="_blank">Kill the DJ</a>, le label de Chloé et <a href="http://afewthingsfromivansmagghe.blogspot.com/" target="_blank">Ivan Smagghe</a> (dont le blog vaut le détour).</li>
<li>Le site du <a href="http://www.confort-moderne.fr/" target="_blank">Confort Moderne</a>.</li>
</ul>
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		<title>Playlist in memoriam : Love Parade 2010.</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 15:16:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Événement]]></category>
		<category><![CDATA[N'importe quoi]]></category>

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		<description><![CDATA[Qui le vrai responsable de la folie meurtrière de la Love Parade 2010 ?
Comme chacun le sait, l&#8217;édition 2010 de la Love Parade qui se tenait à Duisbourg s&#8217;est soldée par un drame : dans un mouvement de panique, la foule, qui convergeait vers la fête dans un tunnel étroit, seule voie d&#8217;accès, s&#8217;est auto-piétinée. Bilan des réjouissances : 19 morts et plusieurs centaines de blessés.
Créée il y a une vingtaine d&#8217;années, rassemblant chaque fois plus d&#8217;un million de personnes, deuxième plus grosse manifestation musicale au monde après le Carnaval ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Qui le vrai responsable de la folie meurtrière de la Love Parade 2010 ?</h2><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Comme chacun le sait, l&#8217;édition 2010 de la <strong>Love Parade</strong> qui se tenait à Duisbourg s&#8217;est soldée par un drame : dans un mouvement de panique, la foule, qui convergeait vers la fête dans un tunnel étroit, seule voie d&#8217;accès, s&#8217;est auto-piétinée. Bilan des réjouissances : 19 morts et plusieurs centaines de blessés.</p>
<p style="text-align: justify;">Créée il y a une vingtaine d&#8217;années, rassemblant chaque fois plus d&#8217;un million de personnes, deuxième plus grosse manifestation musicale au monde après le <strong>Carnaval de Rio</strong>, la Love Parade a peu à peu perdu sa portée politique et revendicative (égalité des droits du monde <strong>LesbienGayBiTrans</strong>) pour n&#8217;être plus qu&#8217;un événement purement festif. Ce drame jette un froid et relancera sans doute les sempiternels débats sur la déliquescence d&#8217;une civilisation occidentale qui se tue à petit feu dans l&#8217;excès. De toute façon, un festival qui défend les homosexuels et promeut le goût de la fête est à mettre au même niveau que le HellFest et son ramassis de ploucs sataniques violeurs de poules et profanateurs de tombes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, bien loin d&#8217;une exploitation anthropologique rigoureuse d&#8217;un tel drame et de ce qu&#8217;il pourrait éventuellement signifier au vu de l&#8217;état de notre société, au-delà de toute analogie facile avec feues les réunions tupperware de Nuremberg et l&#8217;ultra-violence chauve et couperosée qui gigote tous les samedis dans les banlieues mancuniennes, par-dessus les accusations faciles envers des organisateurs corrompus, irresponsables, à la solde du grand Capital, Branche ton Sonotone vous propose une analyse beaucoup plus simple et pragmatique, qui ne s&#8217;embarrasse pas de la morale et de la pudeur scientifique.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous tablons sur le fait que l&#8217;événement de Duisbourg,<span style="text-decoration: line-through;"> la mort, la souffrance, le malheur, la techno, les raves, le satanisme les retraites Nicolas Sarkozy Eric Woerth la suppression des juges d&#8217;instruction le délire mégalomaniaque d&#8217;une politique du chiffre proto-orwellienne  et la faim dans le monde,</span> n&#8217;a qu&#8217;un seul responsable, et que ce responsable est fait de chair, d&#8217;os, de collagène et de teinture blond-queupède : il s&#8217;appelle <strong>David Guetta</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre fierté nationale était l&#8217;une des grosses têtes d&#8217;affiche la soirée. Il n&#8217;a pas assuré son live en raison du drame, mais, comme vous allez le voir, nous pensons qu&#8217;il est l&#8217;homme de l&#8217;ombre, qui, depuis une dizaine d&#8217;années, sème insidieusement les germes d&#8217;une telle folie meurtrière dans les cœurs de ses auditeurs. En bref, le son de David Guetta est vraiment <em>mortel, </em>et nous sommes bien obligés, aujourd&#8217;hui, de le reconnaître : l&#8217;analyse sémantique des titres des morceaux ne laisse planer aucune ambiguïté. Le monde de David Guetta est un monde dévoyé, sans passé ni présent ni futur, une boucherie festive où les hommes s&#8217;entretuent dans un délire anthropophage d&#8217;une violence rare. Sexe, sang, violence et piétinement, tel est le fantasme de ce minet blond à mèche. Nous avons sélectionné dix morceaux aux titres les plus explicites, qui préfiguraient déjà cette fête macabre de Duisbourg.<a href="http://open.spotify.com/user/pouli-poulet/playlist/4ZgULajQYLUgclMTpnUi1k" target="_blank"> Playlist R.I.P. feat. Guetta.</a></p>
<h3 style="text-align: justify;">Gettin&#8217; over you</h3>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Je viens au-dessus de toi&nbsp;&raquo;. Dernier tube de Guetta sur son dernier album. La rengaine est putassière avec des grosses sirènes, une mélodie catchy et une construction ultra-efficace qui ne laisse aucune place à l&#8217;innovation en prenant nos oreilles pour des gros putes. Dans un souci de temps, cette description succincte vaudra pour le reste des morceaux convoqués. Donc, le titre, ici, dit, littéralement : je viens au-dessus de toi. (pendant que tu suffoques au sol ta gueule piétinée par la masse affolée). Bim, premier élément à charge.</p>
<h3 style="text-align: justify;">When love takes over</h3>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;">&laquo;&nbsp;Quand l&#8217;amour prend le dessus&nbsp;&raquo; : idem. 1,5 million de teufeurs bon enfants, aimant leur prochain et s&#8217;entretuant pour la survie dans un tunnel glauque. Je viens sur toi, et l&#8217;amour prend le dessus car je t&#8217;aime tellement que je te piétine la gueule pour sauver ma peau dans un tunnel exigu.</span></p>
<h3 style="text-align: justify;">Love don&#8217;t let me go</h3>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Amour, ne me laisse pas partir&nbsp;&raquo; : telle a pu être la dernière prière des victimes de la folie meurtrière. David y avait déjà pensé.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Delirious</h3>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Délire&nbsp;&raquo; : comment expliquer autrement cet accès panurgiste de panique. Il est bien connu que les mouvements de foule canalisent les noires tensions au cœur de l&#8217;homme et le font (re)devenir la bête sans foi ni loi qu&#8217;il a toujours été, au fond. La foule annihile l&#8217;individu, et ce faisant 1 le désinhibe 2 le déshumanise 3 lui piétine la gueule.</p>
<h3 style="text-align: justify;">I wanna go crazy</h3>
<p style="text-align: justify;">Bon, voilà, l&#8217;idée est sensiblement la même.</p>
<h3><strong>Tomorrow can wait</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Demain peut attendre&nbsp;&raquo; : oh, qu&#8217;il est joli l&#8217;hymne au plaisir fugace et éphèmère de la <em>party. </em>Oui, nous sommes jeunes, nous faisons la fête, ensemble, alors demain et son cortège de soucis, de problèmes et de responsabilités peut attendre. Pour les gueules piétinées de Duisbourg, demain aussi pourra toujours attendre.</p>
<h3><strong>50 degrees </strong></h3>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Cinquante degrés&nbsp;&raquo; : cinquante degrés, c&#8217;est acceptable, mais c&#8217;est suffisant pour y laisser sa peau quand on est entouré par 400 000 personnes. Tenez, par exemple. Imaginez un sauna à basse température, un endroit confiné, moite, calme, chaud. Ajoutez-y une foule en délire et des murs en béton armé. Chaleur, claustrophobie, agoraphobie, impossibilité de bouger : vous avez votre PANIQUE COLLECTIVE.</p>
<h3 style="text-align: justify;">Memories</h3>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Mémoires&nbsp;&raquo; : la conclusion y est déjà. Après la boucherie et l&#8217;orgie de violence, l&#8217;heure est au recueillement, et à l&#8217;évocation des mémoires de ceux qui sont restés, là-bas, dans le tunnel. Durant de longues nuits, les villages alentours conteront la légende de la Love Parade de Duisbourg, à voix basse, dans une retenue sacrée. Au loin, on entendra une mélopée, lancinante, pleine d&#8217;échos malins : c&#8217;est <strong>Kid Cudi feat. Guetta.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vous l&#8217;avez vu, lue à l&#8217;aune du drame de la Love Parade, la musique de Guetta est édifiante. Tout y est déjà : la chaleur suffocante, l&#8217;écrasement du nombre, l&#8217;absence de futur, le délire collectif et la mort. Nous déplorons que les autorités gouvernantes n&#8217;aient jamais pratiqué une véritable exégèse des productions de Guetta : le principe de précaution eût sans doute été nécessaire pour éviter un tel drame.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Report hypothétique du Sonar 2010 de Barcelone</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Jul 2010 14:00:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Concerts]]></category>

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		<description><![CDATA[

Nous partons à Barcelone du 16 au 20 Juin 2010 pour nous la coller grave et aller découvrir l’un des festivals de musique électronique les plus respectés depuis 17 ans : le Sonar. La programmation officielle s’étend du 17 au 19, soit trois jours et trois nuits de gros son pour une bonne centaine d’euros avec au menu entre autres Plastikman, DJ Hell, The Chemical Brothers, Booka Shade, Fuck Buttons, Aufgang, Magda, 2ManyDJ’s, Claude Vonstroke ou Ryoji Ikeda… Mais ce sont les coulisses du festival qui sont encore plus intéressantes ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p><a style="text-decoration: none;" href="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2010/07/sonar-2010.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-18308" title="sonar-2010" src="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2010/07/sonar-2010.jpg" alt="" width="500" height="373" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous partons à Barcelone du 16 au 20 Juin 2010 pour nous la coller grave et aller découvrir l’un des festivals de musique électronique les plus respectés depuis 17 ans : le Sonar. La programmation officielle s’étend du 17 au 19, soit trois jours et trois nuits de gros son pour une bonne centaine d’euros avec au menu entre autres </em><strong><em>Plastikman, DJ Hell, The Chemical Brothers, Booka Shade, Fuck Buttons, Aufgang, Magda, 2ManyDJ’s, Claude Vonstroke ou Ryoji Ikeda</em></strong><em>… Mais ce sont les coulisses du festival qui sont encore plus intéressantes : pendant une dizaine de jour des kyrielles de soirées « off-Sonar » et d’after fleurissent un peu partout dans la ville de Gaudi : </em><strong><em>Dave Clark, James Holden, Gregor Tresher, Josh Wink, Nicolas Jaar, Marco Carola, David Squillace, Loco Dice, Boys Noize, Matias Aguayo, Seth Troxler</em></strong><em> j’en passe et des meilleures. Petites chroniques festivalières.</em></p>
<h3 style="text-align: justify;">Jour 1 : Découverte</h3>
<p><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">Nous arrivons à 21h15 dans l’aéroport low-cost de Reus à une centaine de kilomètres de la grande ville. A Beauvais il faisait beau et chaud, ici il pleut et il fait froid : c’est la décadence. Nous attendons pendant une demi-heure un bus trop petit pour loger 150 personnes. Nous continuons donc d’attendre. Pendant le trajet, nous consultons le programme des soirées-off et nous optons pour une orgie au Boulevard menée par le gros teuton synthétique <strong>Gregor Tresher</strong>, connu pour ses petites mélodies tranceys et enveloppées, et l’ascète frisé<strong> Josh Wink</strong> qui cache des gros beats sous sa petite moustache de coquinou. Nous arrivons à Barcelone sur les coups de minuit, la température extérieure est de 22 degrés, l’air est humide, mon caleçon aussi. L’auberge de jeunesse, sise juste à côté de la maison casse-gueule de Gaudi, est un joyeux bordel cosmopolite pleine d’Anglais duveteux et racistes qui se bourrent la gueule sur nos lits de fortune. Nous partageons le pain et le verre de l’amitié avant de les virer de notre chambre avec des grands gestes rigolos et sans équivoque. Il est 2h30 du matin, nous sommes ronds comme des queues de pelle : il est temps d’onduler nos corps échaudés par la moiteur vespérale qui sinue dans les artères achalandées de la ciudad. Ainsi, nous pénétrons hardiment dans le<strong> Boulevard Club </strong>sur les coups de trois heures en espérant voir Gregor Tresher balancer la sauce. Son dernier album, <strong>The Life Wire</strong>, inintéressant à écouter au casque, mais bourré d’hymnes visqueux et musclés, m’avait fait l’effet d’une petite bombe dancefloor potentielle. Le son du club est à peu près le même dans les deux salles, une techno minimale de bonne facture, un peu plus deep dans la grosse salle que dans la seconde, que nous abandonnerons bien vite. Déçus, nous ne verrons pas le set de Gregor Tresher car le yankee <strong>Josh Wink</strong> s’agite déjà derrière les platines. Mais celui-ci aura bien vite fait de transformer notre déception en transe musicale, bien aidé, il est vrai, par le taux d’alcoolémie conséquent qui s’étale, létal, dans nos veines molles. Ce set conforte mon intime conviction qu’il existe une corrélation entre le port de la moustache et la qualité du son électronique : voyez <strong>Arnaud Rebotini, David Carretta, Sascha Funke </strong>ou <strong>Adolf Hitler</strong>. Les exemples parlent d’eux-mêmes : la minimale vicieuse et bien montée de Wink également. On retiendra la reprise énorme de <strong>Cm</strong> du suscité Rebotini. Les moustachus, comme les juifs, restent entre eux, c’est bien connu. A cinq heures du mat’, nous regagnons nos pénates non sans chercher mollement quelque after : en vain. Alors nous mangerons du chocolate, assis sur un banc, écoutant l’aube s’installer tranquillement sur les Ramblas qui ne désemplissent jamais.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<h3 style="text-align: justify;">Jour 2 : Galères<span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">. </span></h3>
<p><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"><strong>13 heures </strong>: nous nous levons décalqués, il fait 30 degrés, sieste sur le toit de l’auberge duquel on peut apercevoir la piscine d’un hôtel quatre étoiles où les corps extrêmement oints de sexagénaires friqués attendent la mort sur leurs transats en PVC. <strong>16h </strong>: Nous leur jetons des noyaux de concombres et partons visiter la Sagrada Familia, ses coupes de fruits, son architecture rigolote et blasphématoire (pléonasme, oui, bon). <strong>18h</strong> : comme n’importe quel touriste grassouillet, nous partons ensuite nous assommer de soleil sur la plage. La mer est fraiche, mais pas les chinoises / tamouls / pakistanais qui veulent nous masser / tatouer / habiller pour cinq / dix euros. C’est absolument fou à quel point le secteur tertiaire illégal est développé dans cette ville : tous les dix mètres en moyenne, le chaland est accosté et se voit proposer bières, drogues ou samoussas pour quelques euros. Comment voulez-vous, dans ces conditions, rater une soirée ? <strong>20h30</strong> : la France joue contre le Mexique, et nous nous enfilons des fajitas de poulet en riant jaune. <strong>22h30</strong>, nous regagnons l’hôtel et buvons des mojitos sucrés pour oublier que nous sommes amers. <strong>00h00</strong> : <strong>Ryoji Ikeda</strong> joue dans une demie-heure le live de <strong>Test Pattern</strong>, son dernier album, au <strong>Teatre Grec</strong>. Nous tentons de motiver les troupes : « tu vois, c’est un musicien expérimental Japonais qui bidouille les ondes, les fréquences et les résidus sonores pour faire des expérimentations de minimale électroacoustique, tiens, écoute, c’est vraiment quelque chose à vivre, tu vois ».<strong> 00h15 </strong>: nous buvons toujours des mojitos, Ryoji commence dans un quart d’heure, et on fait toujours semblant d’y aller. <strong>00h30</strong> : nous buvons encore des mojitos, et Ryoji ne nous a sans doute pas attendu. Au loin, depuis le toit, nous apercevons un gigantesque rai de lumière qui monte, comme le haricot magique, jusqu’à la voûte nocturne. C’est l’installation <strong>Spectra</strong> d’Ikeda&#8230; « Mais non espèce de gros gogol, c’est une boîte de nuit, ils font ça partout, même au <strong>Rancho de Royan</strong> ! » C&#8217;était donc, de toute façon, mal parti pour Ryoji. <strong>01h00 </strong>: Mojito acte IV, putain on a loupé Ryoji ! mais qu’est-ce qu’on fout là ? Pendant ce temps, <strong>DJ Doug</strong>, un gros américain libidineux à la coupe afro qui partage notre chambre, pérore en nous montrant les vinyles old-school qu’il conserve jalousement dans une glacière. Il est au <strong>Sonar</strong> pour se faire connaître et rencontrer les bonnes personnes, pour, un jour, à l’instar des <strong>Kevin Saunderson</strong> ou <strong>Plastikman</strong>, mixer ses grosses tapes d’acid-house confidentielles. « Tonight, I’m gonna party. And you know why ? Because I can ». Ouais, gros. Des canadiennes en string font les bitches sur le toit de l’auberge. </span><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"><strong>01h30</strong></span><span style="font-weight: normal; font-size: 13px;"> : vomi, taxi, c’est parti pour une super soirée au bord de la plage au <strong>Ghoa Beach Club </strong>de<strong> Sant Adria de Besos</strong> avec un line-up exotique et bandant de minimale solaire : les italiens <strong>Marco Carola</strong> et <strong>David Squillace Loco Dice</strong> ! Ouais ! Et puis finalement non, la place coûte TRENTE PUTAIN d’euros. On finira donc sur le ténébreux rivage à se boire des bières chaudes les pieds dans l’eau fraiche, bercés par les échos lointains des mélopées synthétiques, nus sous la Lune, dansant sur un air d’opéra-bouffe. Et l&#8217;adipeux Doug de ramper vers des corps de femmes endormies pour un téton frais : &laquo;&nbsp;Gimme some human contact, baby.&nbsp;&raquo; UH, BOY.</span></p>
<h3 style="text-align: justify;">Jour 3 : Intéressant<span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">. </span></h3>
<p><img class="size-medium wp-image-18316 alignleft" style="margin-top: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="4118292935_315e178268" src="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2010/07/4118292935_315e178268-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /><br />
<span style="font-weight: normal; font-size: 13px;">Aujourd&#8217;hui, plus question de se chier dessus et de passer une soirée de loser à danser à poil sur une plage de banlieue à deux pas d&#8217;une grosse soirée. Non, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est CONCERTS TOUTE LA JOURNEE PUIS TOUTE LA NUIT ! OUAIS ! A moins que&#8230; non, attendez, il est déjà 17h, nous sommes toujours à l&#8217;auberge de jeunesse et le concert d&#8217;Aufgang que je ne voulais rater pour rien au monde est déjà commencé au <strong>Sonar by Day</strong> ! Yes ! La gagne ! Qu&#8217;à cela ne tienne, il est 17h15, <strong>Aufgang</strong> n&#8217;a fait que commencer, le programme annonce qu&#8217;ils joueront entre 17h et 19h, il est encore temps : nous trouvons un quidam prêt à nous vendre des billets pour le Sonar de jour pour seulement 25 euros (au lieu des 40 normalement demandés). En fait, le Sonar de Jour se déroule au <strong>Centre national et Musée d&#8217;Art Contemporain</strong> de Barcelone, juste à côté de l&#8217;Université, dans une enceinte créée de toute pièce par des grosses barrières opaques. A l&#8217;intérieur, c&#8217;est une profusion cosmopolite de clubbers et clubbeuses qui se dandinent en American Apparel et autres tenues excentriques sous le soleil revigorant de cette ville délicieuse. Nous pénétrons enfin dans l&#8217;enceinte à 17h30, gogo Aufgang : il y a foule qui se masse devant leur salle, qui est trop bondée. 17h45, nous y sommes enfin, oui, les voici, la Trinitié batterie-machine-pianos, <strong>Tristano</strong>, <strong>Khalifé</strong>, <strong>Westrich</strong>, qui finissent tranquillement <strong>Barock</strong> et enchaînent avec l&#8217;énorme <strong>Soumission, </strong>les musiciens se déchaînent sur leurs instruments dans une frénésie totale, les longs cheveux volent dans tous les sens, les agiles mains deviennent des poings rageurs qui choquent, vibrent, transpercent les thoraxs, la sueur ruisselle, danse païenne, Armageddon, fin. <strong>18h </strong>: Applaudissements, au revoir Aufgang, bonjour frustration. 25 euros pour 10 minutes d&#8217;Aufgang (mais quelles minutes), what else ? Déçus, nous partons en vadrouille dans l&#8217;enceinte, prêtant sans trop d&#8217;attention une oreille aux girrllsss de <strong>New Young Pony Club</strong> qui se déchaînent&#8230; finalement l&#8217;instant marquant sera la rétrospective consacrée à l&#8217;artiste français méconnu <strong>Gil J. Wolman </strong>(1989 &#8211; 1995), pilier central du mouvement lettriste, inspirateur du futur situationnisme, dont &laquo;&nbsp;l&#8217;oeuvre&nbsp;&raquo; majeure, <strong>l&#8217;Anticoncept, </strong>est diffusé dans une petite salle obscure : gros globe en papier éclairé, ou non, assorti de discours syncopés et insensés, d&#8217;un patchwork décousu de textes, de mots purs et étranges. Excellent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="size-medium wp-image-18314 alignright" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="plastikman" src="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2010/07/plastikman-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" />Le soir, nous nous dirigeons vers le <strong>Sonar de Nuit </strong>dans le Parc des expos de Barcelone : au menu <strong>Plastikman, Booka Shade, Claude Vonstroke, 2Many DJ&#8217;s. </strong>C&#8217;est l&#8217;énorme minimale infectieuse distillée par <strong>Richie Hawtin</strong> et sa mèche, alias <strong>Plastikman</strong>, qui nous emporte d&#8217;emblée avec <strong>I don&#8217;t know</strong>, bien caché derrière l&#8217;installation géante et kaléidoscopique qui illustre la partouze sonore millimétrée à laquelle le grand prêtre Canadien nous convie. Une heure et demie durant, ma tête, mon corps, mon ego et sa musique ne feront plus qu&#8217;un, comme si chacune des boucles mécaniquement diluées par le machiniste entrait dans mon (?) corps et commandait un mouvement, un organe, une posture, comme si chaque morceau convoquait à chaque fois une nouvelle naissance, accouchait, comme une sorte de maïeutique moderne, d&#8217;une nouvelle perception de la réalité. Non, j&#8217;affirme qu&#8217;il n&#8217;y a pas besoin de prendre de drogue pour rentrer dans le son de <strong>Plastikman</strong> : c&#8217;est un principe actif à elle toute seule. Quel live mes amis, quel putain de live ! Difficile après ça de se traîner dans la plus grosse salle, couverte, pour se prendre la déferlante de beats putassiers et jouissifs des frères Dewaele, a.k.a. 2Many DJ&#8217;s. Vingt ans qu&#8217;ils tournent ces deux là, et Dieu sait qu&#8217;ils savent marier les modes de tous poils avec leurs connaissances musicales encyclopédiques et un certain goût pour la fête. Leur live est un gigantesque mash-up délicieux qui fait forniquer, de mémoire, des trucs comme<strong> Guns&#8217;n'roses, Queen, Vitalic, Mr. Oizo, Justice, MGMT, Hot Chip, DJ Hell, Tiga, LCD Soundsystem, Boys Noize, Erol Alkan, David Carretta, Zombie Nation</strong>&#8230; de l&#8217;hédonisme pop en barre, assorti d&#8217;un écran rigolo qui anime les covers des tracks joués et crée donc des univers visuels et musicaux hybrides et bien foutus. Bon, tout de même un poil trop turbineux à mon goût (le <strong>Waves d&#8217;Erol Alkan &amp; Boys Noize</strong> a quand même été joué deux fois) : je décide de me diriger vers les gros teutons de <strong>Booka Shade</strong>, l&#8217;autre prestation que j&#8217;attend beaucoup, au prochain morceau de <strong>Justice</strong> joué par les deux larrons : gagné, 3 minutes plus tard, <strong>Stress</strong> déclenche une crise d&#8217;épilepsie et moi je décampe. Je prends le live en cours de route, les deux trublions balancent leur techno mélodique et efficace, et les boucles enroulées de synthé remportent toute mon adhésion. <a href="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2010/07/booka_shade2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-18312" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="booka_shade" src="http://branchetonsonotone.com/wp-content/2010/07/booka_shade2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Le live est très rigolo car il y a une batterie installée sur la scène et l&#8217;un des deux gus fait joujou comme percussionniste, debout, ombre majestueuse derrière la déferlante d&#8217;image, pour nous donner l&#8217;illusion que le beat n&#8217;est pas synthétique mais bien réel. Un superbe show qui s&#8217;achève par l&#8217;incontournable <strong>Mandarine Girl</strong>. Il est 5h30 du matin, le jour point déjà, le hot-dog aussi. Que reste-t-il de nos amours ? <strong>Claude Vonstroke,</strong> ou <strong>Carte Blanche</strong> (le duo de <strong>Riton</strong> et <strong>DJ Mehdi</strong>). Boum, boum, boum, le choix est vite fait, retour dans la grande salle, dorénavant à moitié vide, jonchée de détritus divers, la house du dodu <strong>Vonstroke</strong> est bien charpentée, je danse musclé, il y a de l&#8217;espace, des regards étonnés se posent sur moi, détonnant : <strong>Beware of the bird, </strong>dude ! Il est 6h30, je ne suis pas fatigué, la soirée ne fait que commencer, plus que motivé je décide de tenter la <strong>Carte Blanche</strong>, retour dans la salle extérieure, et là, surprise, c&#8217;est une arrivée sur le daté mais imparable <strong>Good Life d&#8217;Inner City </strong>(<strong>Kevin et Ann Saunderson, Paris Grey</strong>) : putain, ce morceau me fait toujours un effet boeuf, le chant groovy, le gros son <strong>Detroit Techno</strong> de la fin des années 90, l&#8217;aube solaire et les vapeurs opiacées, YES ! Et puis, et puis, et puis&#8230; <strong>Pedro Winter </strong>arrive pour prendre des tofs des deux gars, brun et blond, chacun avec sur le t-shirt le visage de l&#8217;autre, et là, ça se gâte sévère en mode rouleau compresseur <strong>Edbangerisé</strong>, la magie est définitivement partie. Pas grave, l&#8217;oncle Claude est toujours là. Il est 7h30 : la soirée est finie, mes jambes aussi. Un after sur la plage ?</p>
<h3 style="text-align: justify;">Jour 4 : On oublie&#8230;</h3>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, dernière soirée, il y a, au choix : <strong>Seth Troxler, Damian Lazarus, Shaun Reeves, Luciano, Reboot ou&#8230; Nicolas Jaar</strong>. Que du beau monde, en particulier l&#8217;enfant prodige de la house, voilà ce que le Sonar a à offrir aux plus motivés ! Ce qui n&#8217;était pas notre cas dans cette dernière journée&#8230; échec musical absolu, navette pour l&#8217;aéroport de Reus à 3h45&#8230; le Sonar s&#8217;achève sur une fausse note, mais qu&#8217;à cela ne tienne, c&#8217;était une très bonne première expérience et j&#8217;y retournerai l&#8217;année prochaine avec un grand plaisir <span style="text-decoration: line-through;">et du Guronzan.</span></p>
<h3>Je veux encore du Sonar :</h3>
<p style="text-align: justify;">Le <a href="http://2010.sonar.es/en/" target="_blank">site</a> de l&#8217;édition 2010 du Festival avec des photos, etou etou.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.spotify.com/fr/" target="_blank">Spotify</a>, où vous pouvez quand même trouver un bon paquet des artistes suscités. Sinon il y a Youtube (pour Plastikman par exemple). Ou Grooveshark. Ou Deezer, Jiwa, MusicMe, Wormee et j&#8217;en passe. Mais je vais pas vous mâcher le travail bordel. Ca fait cinq heures que j&#8217;y suis à ce report. J&#8217;en peux plus. Vous comprenez ? VOUS COMPRENEZ PUTAIN ? VOUS COMPRENEZ CE QUE C&#8217;EST QUE DE PASSER UNE HEURE A HARMONISER TROIS PHOTOS AVEC LE RESTE DU TEXTE ? AAAAAH.</p>
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		<title>Chronique de The Chemical Brothers &#8211; Further</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 13:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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		<description><![CDATA[Les Chemical Brothers, à l’image de The Prodigy ou Fatboy Slim, font partie de ces quelques groupes cultissimes de la scène électronique des années 90, qui firent forniquer sans vergogne la radicalité du son rave avec un aspect hip-pop irrésistible à même d’enflammer la jilted generation. Le big-beat était né, étiqueté par autant de journaleux soucieux de catégoriser et de rationaliser absolument la production musicale pour pouvoir écrire des papiers plus facilement.
J’ai découvert que j’aimais la musique électronique &#8211; ses montées endiablées, ses mélodies acides, ses breaks jouissifs &#8211; en ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les <strong>Chemical Brother</strong>s, à l’image de <strong>Th</strong><strong>e Prodigy</strong> ou <strong>Fatboy Slim</strong>, font partie de ces quelques groupes cultissimes de la scène électronique des années 90, qui firent forniquer sans vergogne la radicalité du son rave avec un aspect hip-<strong>p</strong>op irrésistible à même d’enflammer la <em>jilted generation</em>. Le big-beat était né, étiqueté par autant de journaleux soucieux de catégoriser et de rationaliser absolument la production musicale pour pouvoir écrire des papiers plus facilement.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai découvert que j’aimais la musique électronique &#8211; ses montées endiablées, ses mélodies acides, ses breaks jouissifs &#8211; en m’abreuvant jusqu’à plus soif des galettes des susdits groupes, à fond sur ma chaine stéréo <strong>Darty</strong>, comme n&#8217;importe quel rejeton prépubère de catégories socioprofessionnelles supérieures blanches et sans histoire. Je dodelinais du chef en faisant consciencieusement mes devoirs, et tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le casque vissé à l’occiput, arrivant au collège puis au lycée, j’étais dans une petite bulle et le monde alentour ne pouvait imaginer les déferlantes de mélodies catchy et de beats monstrueux qui transformaient la grisaille scolaire urbaine en chevauchée astrale.</p>
<p style="text-align: justify;">Il sera donc très difficile pour moi d’admettre que <strong>Further</strong>, le dernier opus des <strong>Chemical Brothers</strong>, est passablement merdique et que leur virage vers les années 2010 confirme leur statut d’icônes sympathiques confites dans un miel sirupeux qui frise l’aigreur. Bon. Depuis leurs débuts le son des Frères Chimistes est reconnaissable entre tous, sorte d’hybride entre ferveur psychédélique et moiteur house, immédiateté pop et construction mécanique. Du premier album de 1995 <strong>Exit Planet Dust </strong>jusqu’à l&#8217;avant dernier <strong>We are the night</strong> de 2007, la recette marchait très bien, car il existait ce je-ne-sais-quoi génial propice à envoyer l’auditeur, où qu’il soit, se frotter à des supernovae charnelles et mentales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Further</strong> : plus loin, c&#8217;est trop loin. Maladroitement, les grandioses éruptions solaires des Frères Chimistes se sont transformées en poussifs geysers de boue volcanique, plop, plop, s’enlisant dans des mélodies pataudes et pâteuses, atteignant difficilement un auditeur qui <span style="text-decoration: line-through;">se fait chier à en crever</span> ne peut qu’écouter poliment. L’évidente obsolescence du magma sonore des chimistes est un coupable trop vite désigné : la magie opérait, au bout du compte, même sur <strong>We are the night</strong>, pourtant bien plus pop que ses prédécesseurs. Non, la raison semble être que <strong>Tom Rowlands</strong> et <strong>Ed Simmons</strong> vieillissent et avec eux leurs talents de bricoleurs. Les morceaux peinent vraiment à trouver leur rythme, à prendre une vraie ampleur, alors même que les montées psychédéliques entre rock et house sont toujours au rendez-vous comme sur <strong>Wonders of the Deep </strong>ou <strong>Dissolve</strong>. La magie organique est devenue un prêchi-prêcha séminal (pas au sens abusif et pédant qui noircit inlassablement les brèves musicales des magazines culturels les plus délicieux de la presse française, mais au sens juteux et collant du terme).</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, la déception reste minime. D’abord parce que en réalité <span style="text-decoration: line-through;">tout le monde s’en fout </span>personne n’attend vraiment ce disque. Ensuite parce que le désenchanté Further recèle tout de même son lot de tueries, à commencer par l’épique <strong>Escape Velocity</strong>, véritable cavalcade de météores qui colle des baffes et arrache tout sur son passage pendant douze minutes épidermiques, ou le vocodé <strong>Horse Power</strong>, petit tourbillon d’acidité agressive émaillé d&#8217;hennissements distordus qui parvient presque à réveiller les sonotones endormis, voire l&#8217;entêtant <strong>Swoon</strong>. Et finalement parce que tout cela n’a, au fond, pas grande importance : les Chemical Brothers sont conscients d’appartenir au passé et entretiennent donc sans grande conviction une sorte de mythe, qui, s’il est falot sur cet album, sera forcément ravageur dans la chaleur de la fosse bruyante, embuée de sueurs grasses, piétinée de danses païennes, vibrant au son d&#8217;immortelles hymnes : <strong>Hey boy hey girl, Come with us, Believe, Block Rockin&#8217; Beats, Star Guitar </strong>et tant d&#8217;autres. Le meilleur n&#8217;est plus à venir, il est derrière les deux londoniens, mais putain, même 10 ans après, qu&#8217;est ce que c&#8217;est bon !</p>
<h3>Hey boy, hey girl, superstar DJs, here we go !</h3>
<p>Ecouter Further sur <a href="http://open.spotify.com/album/5EOAvD6xmE1g9XV49wFzNG" target="_blank">Spotify</a>.</p>
<p>Ecouter Further sur <a href="http://www.deezer.com/fr/music/the-chemical-brothers#music/the-chemical-brothers/further-575198" target="_blank">Deezer</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xg52f" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xg52f" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le délicieux clip de Believe (feat. Kélé Oréké)</em></p>
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		<title>Laurent Luyat &#8211; No Sport, No Stress</title>
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		<pubDate>Wed, 26 May 2010 12:59:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
				<category><![CDATA[N'importe quoi]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Luyat]]></category>
		<category><![CDATA[No sport]]></category>
		<category><![CDATA[no stress]]></category>
		<category><![CDATA[Roland-Garros]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Roland]]></category>

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		<description><![CDATA[Les amoureux du tennis le savent bien, la fin du mois de Mai et le début du mois de Juin est une période bénie : c&#8217;est celle des Internationaux de France de Roland-Garros. Et outre les érections déclenchées par les revers chopés aux petits oignons de Federer ou les grands coups de burin liftés de Nadal, c&#8217;est également sur le plateau de présentation, assurée par Laurent Luyat, qu&#8217;il s&#8217;en passe des belles. J&#8217;ai toujours aimé Laurent Luyat depuis les quelques années qu&#8217;il est dans le circuit de l&#8217;élite du journalisme ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les amoureux du tennis le savent bien, la fin du mois de Mai et le début du mois de Juin est une période bénie : c&#8217;est celle des <strong>Internationaux de France de Roland-Garros</strong>. Et outre les érections déclenchées par les revers chopés aux petits oignons de Federer ou les grands coups de burin liftés de Nadal, c&#8217;est également sur le plateau de présentation, assurée par Laurent Luyat, qu&#8217;il s&#8217;en passe des belles. J&#8217;ai toujours aimé Laurent Luyat depuis les quelques années qu&#8217;il est dans le circuit de l&#8217;élite du journalisme sportif à cause de sa petite peau lisse de pré-adolescent et son sourire de bébé qui m&#8217;émoustillent à chaque instant et me rappelle que moi aussi, avant d&#8217;être un crevard pédant vendu au grand capital, j&#8217;aspirais à être un mec bien. Laurent Luyat c&#8217;est un peu le genre idéal, une sorte de semi-puceau quadragénaire à qui on confierait le bon dieu sans con-fession.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, depuis 2 ans, la part sombre de Mister Luyat se dévoile au grand jour. La présence de la ravissante ex-joueuse de pennis franco-russe Tatiana Golovin à ses côtés pendant les directs y est sans doute pour quelque chose. Ahlala ! ces deux là ! Quelle tendresse, quelle complicité, quels flirts délicieux, quelles oeillades discrètes à chaque intermède publicitaire ! On imagine sans mal les torrents de testostérone qui doivent se déverser dans le corps <span style="text-decoration: line-through;">caverneux</span> du polisson durant sa journée de travail. Une source affirme qu&#8217;il changerait de sous-vêtements toutes les deux heures. Nul ne sait pour l&#8217;instant si Tatiana a finalement cédé aux avances de ce coquinou de Lolo, mais la donne pourrait bien changer depuis que Laurent Luyat s&#8217;est reconverti dans les spotlights électro-décalé.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec <strong>No Sport, No Stress </strong>sorti en Février 2010, Laurent Luyat s&#8217;affirme définitivement comme le bad-boy franchouillard du journalisme sportif. Digne héritier de l&#8217;immense Thierry Roland &#8211; qui apparaît d&#8217;ailleurs dans le clip -, il n&#8217;hésite pas à se la coller pépère dans une brasserie avec champagne, cigare, choucroute, ménagère variqueuse, cycliste albinos et sylphides pulpeuses. Dénonçant sans vergogne les torts de la société aseptisée actuelle, s&#8217;affirmant sans peur ni reproche comme un sujet autonome se sculptant une vie de plaisirs entre bonne chère et tendre chair, Laurent Luyat semble avoir, à l&#8217;instar des autres sommités de l&#8217;humour en musique que sont Vincent Lagaf&#8217;, Jean Roucas, Patrick Sébastien ou Helmut Fritz, bien plus d&#8217;un tour <span style="text-decoration: line-through;">de France</span> dans son sac. Chapeau l&#8217;artiste, et à très vite sur <strong>France Télévisions </strong>ou dans le <strong>Top 50</strong>.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="271" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xc09ev" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="271" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xc09ev" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Chronique de Swim &#8211; Caribou</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 11:41:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[8/10]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
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		<category><![CDATA[Dan Snaith]]></category>
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		<category><![CDATA[électro pop]]></category>
		<category><![CDATA[Four Tet]]></category>
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		<description><![CDATA[Bien malin le prophète qui pourra prédire la mort de l’électro-pop, ce genre fourre-tout aux contours si flous. Il semble que le compromis d’un terreau pop accessible à tous allié aux racines de la musique électronique dure et perdure, changeant progressivement de formes. Bien que l’ostentation nu-rave Kitsune des étés moites 2006 semble maintenant désuète et que la veine atmosphérico-mélodique de Kompakt provoque un léger grincement de dents,  il existe toujours des productions imparables, comme ciselées dans l’eau claire, à la fois touffues, érudites, mélodiques et accessibles à tous. ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Bien malin le prophète qui pourra prédire la mort de l’électro-pop, ce genre fourre-tout aux contours si flous. Il semble que le compromis d’un terreau pop accessible à tous allié aux racines de la musique électronique dure et perdure, changeant progressivement de formes. Bien que l’ostentation nu-rave <strong>Kitsune</strong> des étés moites 2006 semble maintenant désuète et que la veine atmosphérico-mélodique de <strong>Kompakt</strong> provoque un léger grincement de dents,  il existe toujours des productions imparables, comme ciselées dans l’eau claire, à la fois touffues, érudites, mélodiques et accessibles à tous. <strong>Swim</strong>, de <strong>Caribou</strong>, fait partie de ces petits bijoux de pop syncrétique dont la complexité des arrangements ne noie pas la substantifique moelle mélodique.</p>
<p style="text-align: justify;">Caribou est, comme son nom l&#8217;indique, le projet solo d’un Canadien, <strong>Dan Snaith</strong>, connu depuis 2001, où le projet Caribou portait le nom de <strong>Manitoba,</strong> pour son premier album <strong>The milk of human tenderness</strong>. Swim est son troisième opus, sur lequel ont collaboré entre autres <strong>Kieran Hebden</strong> de <strong>Four Tet</strong> et un des membres du duo pop languissant <strong>Junior Boys</strong>. L’influence de l’homme de Four Tet se fait effectivement sentir. En effet, à l’image du kaléidoscopique <strong>There is love in you</strong>, les mélodies émergent ici derrière des cascades de boucles et de nappes électroniques qui affleurent progressivement dans une douce symphonie ondoyante. On sent effectivement une inspiration résolument deep-house dans les productions du larron, particulièrement sur le carillonnant <strong>Bowls</strong> qui n’est pas sans rappeler le limpide <strong>Black Noise</strong> de <strong>Pantha du Prince</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Caribou maîtrise de A à Z les rouages de la composition électronique, l’efficacité charnelle des sons digitaux ou acoustiques, mis au service d’un délice pop immédiat (quarante-trois minutes pour neuf morceaux) et irrésistible, dont, chose rare, la saveur persiste sur le palais. La voix de Snaith est presque précieuse et vient caresser ces quelques pièces tourbillonnantes d’un timbre chaud et éthéré sans jamais couvrir les sonorités polymorphes et ondoyantes de ses morceaux. Une remarquable homogénéité se dégage de Swim, car le niveau est excellent de bout en bout. Paradoxalement, aucune bombe ne se démarque tant l&#8217;écoute est fluide, l&#8217;auditeur en immersion sous la surface d&#8217;une pop complexe et superbe. Peut-être peut on considérer le très énergique <strong>Leave House</strong> et sa boucle de flûte de pan comme étant un peu au-dessus du lot.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur ce bijou, Dan Snaith déclare avoir voulu « créer de la dance music qui sonne comme si elle avait été faite avec de l’eau », et c’est effectivement une manière de considérer l’œuvre. L’eau n’est-elle pas pour Parménide le principe physique premier d’où découle –justement- tout le reste ? Swim ne serait-il alors pas un album de la perfection, quintessencié dans l&#8217;acception la plus forte du terme, tendant vers l&#8217;Idée platonicienne de la pop, cette forme pure qui préexiste à toute réalité, même <strong>Lady Gaga</strong> ? Ne suis-je pas qu’un vulgaire connard pédant qui cite des philosophes présocratiques et utilise des mots compliqués de manière creuse comme le Lévy cite Botul pour oublier qu&#8217;il ne bande plus ?</p>
<p style="text-align: justify;">Blague à part, il est clair que cette métaphore aquatique trouve son sens ici : Swim est un album tourbillonnant d’harmoniques délicates, limpide dans sa construction, insaisissable dans son essence entre immédiateté pop, miroitements électroniques et ambiances deep-house. Puisque c’est bientôt l’été, vous serez ravis d’y plonger sans vous y noyer jamais. Pourvu que l&#8217;avenir d&#8217;une telle électro-pop ne soit pas semblable à la Mer d&#8217;Aral et que le torrent scintillant de ces oeuvres superbes ne s&#8217;assèche jamais !</p>
<h3>Branche ton sonotone !</h3>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="25" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Yq_tDOFU5tY&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="25" src="http://www.youtube.com/v/Yq_tDOFU5tY&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;">Caribou &#8211; Odessa</p>
<p><a href="http://open.spotify.com/album/74vgQmQX8dVxpw9zcPEFxE" target="_blank">Swim</a> sur Spotify.</p>
<p>Une chronique de Swim sur les <a href="http://chroniques-electroniques.over-blog.com/article-caribou-swim-46763469.html" target="_blank">Chroniques Electroniques.</a></p>
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		<title>13/03/10 Laurent Garnier @ Salle Pleyel via Grandcrew</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Apr 2010 20:27:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
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		<category><![CDATA[concert]]></category>
		<category><![CDATA[électro]]></category>
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		<category><![CDATA[Tales of a Kleptomaniac]]></category>
		<category><![CDATA[techno]]></category>
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		<description><![CDATA[Je ne suis jamais complètement impartial lorsque j&#8217;en viens à parler de Laurent Garnier. Le pape de la techno française a trouvé sa place dans mon oreille et surtout dans mon coeur après une prestation live de son dernier album Tales of a kleptomaniac époustouflante de talent, de passion et d&#8217;humanisme. Ce mec est un génie éclectique et un vrai musicos dont les influences dépassent largement le contrôleur MIDI et les platines. Alors quand j&#8217;apprends que l&#8217;excellent site Grandcrew retransmet son live du 13 Mars 2010 à la salle Pleyel, ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je ne suis jamais complètement impartial lorsque j&#8217;en viens à parler de <strong>Laurent Garnier</strong>. Le pape de la techno française a trouvé sa place dans mon oreille et surtout dans mon coeur après une prestation live de son dernier album <strong>Tales of a kleptomaniac</strong> époustouflante de talent, de passion et d&#8217;humanisme. Ce mec est un génie éclectique et un vrai musicos dont les influences dépassent largement le contrôleur MIDI et les platines. Alors quand j&#8217;apprends que l&#8217;excellent site <strong><a href="http://www.grandcrew.com/" target="_blank">Grandcrew</a></strong> retransmet son live du 13 Mars 2010 à la salle <strong>Pleyel</strong>, dont l&#8217;acoustique est plutôt réputée pour tirer du côté classique, c&#8217;est en fermant les yeux qu&#8217;à mon tour je passe le témoin et vous exhorte de tout corps à y jeter plus qu&#8217;un oeil.</p>
<p style="text-align: justify;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="410" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.grandcrew.com/widgets/player.swf?movieID=226" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="410" src="http://www.grandcrew.com/widgets/player.swf?movieID=226" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Laurent Garnier sera en live et en DJ Set le Jeudi 13 Mai 2010 au <strong>Rex Club</strong> à partir de 23h. BTS y sera.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h3>Encore plus de Laurent Garnier</h3>
<p>Le <a href="http://www.myspace.com/laurentgarnier" target="_blank">myspace</a> de Laurent Garnier.</p>
<p>Le <a href="http://www.garnier.fr/_fr/_fr/404.htm?aspxerrorpath=/_fr/_fr/home.aspx" target="_blank">site</a> de Laurent Garnier.</p>
<br /><i>[ si le la vidéo ne s'affiche pas, visionnez la directement sur la <a href="http://branchetonsonotone.com/2010/04/23/130310-laurent-garnier-salle-pleyel-via-grandcrew/">page originale de l'article</a> ]</i>]]></content:encoded>
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		<title>Chronique de Beast &#8211; Beast</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Apr 2010 13:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
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		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[électro-rock]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>

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		<description><![CDATA[Beast est un duo de deux français expatriés à Montréal, Betty Bonifassi (déjà remarquée dans les Triplettes de Belleville) et Jean-Phi Goncalves, qui produisent une musique qu&#8217;on pourrait parfaitement qualifier de cinématographique, d&#8217;urbaine, de couillue ou d&#8217;enragée si l&#8217;on était le genre de chroniqueur à utiliser des termes flous à l&#8217;emporte-pièce pour pallier à une flemme de s&#8217;impliquer réellement dans ce qu’on appelle une critique au sens fort. Oh, tiens, mais c&#8217;est mon cas ! Après avoir travaillé jusqu&#8217;en 2006 pour la firme vidéoludique Ubi-Soft, le groupe produit son premier album ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Beast</strong> est un duo de deux français expatriés à Montréal, <strong>Betty Bonifassi </strong>(déjà remarquée dans les <strong>Triplettes de Belleville</strong>) et <strong>Jean-Phi Goncalves</strong>, qui produisent une musique qu&#8217;on pourrait parfaitement qualifier de cinématographique, d&#8217;urbaine, de couillue ou d&#8217;enragée si l&#8217;on était le genre de chroniqueur à utiliser des termes flous à l&#8217;emporte-pièce pour pallier à une flemme de s&#8217;impliquer réellement dans ce qu’on appelle une critique au sens fort. Oh, tiens, mais c&#8217;est mon cas ! Après avoir travaillé jusqu&#8217;en 2006 pour la firme vidéoludique <strong>Ubi-Soft</strong>, le groupe produit son premier album éponyme en 2008. Le temps de traverser l&#8217;Atlantique et l&#8217;album arrive en France en 2010. Outre un son léché et une belle énergie scénique, le duo a été remarqué pour son univers graphique stylisé et son clip <strong>Mr. Hurricane</strong> fut nommé aux <strong>Grammy Awards</strong> de 2009.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pour la partie showbizz. Dans les faits, la musique que propose Beast est une recette extrêmement efficace qui allie une chape électronique classique beat-basse lourde et bourdonnante saupoudrée d’instruments acoustiques, d’effets divers et d’une voix féminine punchy qui lorgne tantôt du côté de la soul ou d&#8217;un hip-hop très riot grrrl. Ainsi la plupart des morceaux proposent un périple au format classique des 3-4 minutes avec une structure couplet, refrain, et montée en puissance symphonique étayée par des chœurs féminins du meilleur effet. Pas de révolution musicale ou d’inspiration divine mais une grosse énergie charnelle véhiculée par des compositions qui tirent du côté de l’électro abrasive sur <strong>Devil</strong> ou vers un gospel-hip-hop de &laquo;&nbsp;bâtard démoniaque&nbsp;&raquo; (merci Pirhoo) dans le bien nommé <strong>Satan</strong>. L&#8217;inspiration vient d&#8217;en bas, de la terre, du feu, des puissances organiques hostiles et telluriques.</p>
<p style="text-align: justify;">Mue par un indéniable aspect festif et une belle énergie communicative sans prise de tête, la musique de Beast prend alors tout son sens dans la moiteur sudoripare du live ou dans la forte écoute casquée d’un périple urbain solitaire, lorsque les cascades crépusculaires s’apprêtent, silencieuses, à mourir sur les masses citadines qui sous les notes saturées de puissance bestiale se dépouillent de leurs illusions, arrachent leurs costards gris et dansent nus sous la pluie fine. Mais je m&#8217;emporte.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/0eHaps3Ykqk&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/0eHaps3Ykqk&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><em>Le clip primé de Mr. Hurricane</em></p>
<h3>Tape des mains et lève le poing</h3>
<ul>
<li>Le site de <a href="http://www.beastsound.net/" target="_blank">Beast</a>.</li>
<li>Beast sur <a href="http://open.spotify.com/album/4Nq2mPjtij8zcbYMmMMWHr" target="_blank">Spotify</a>.</li>
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		<title>Chronique de I&#8217;m new here &#8211; Gil Scott-Heron</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Apr 2010 13:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierro</dc:creator>
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		<category><![CDATA[2010]]></category>
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		<category><![CDATA[soul]]></category>
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		<description><![CDATA[Gil Scott-Heron je ne le connaissais pas. Et puis j&#8217;ai vu cet album, I&#8217;m new here, sur les étagères de la librairie indépendante de ma petite ville de province, caché par un joli bouquin sur l&#8217;Art Nouveau. Et j&#8217;ai découvert une gueule cassée, une voix rouillée, un revenant des bas-fonds, poète des rues et ancienne voix contestataire black de l’Amérique des 60-70’s, icône du spoken word aux relents soul, jazz et funk. Gil Scott-Heron, j&#8217;en connaissais sans doute la fameuse saillie juvénile « the revolution won’t be televised » mais ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Gil Scott-Heron</strong> je ne le connaissais pas. Et puis j&#8217;ai vu cet album, I&#8217;m new here, sur les étagères de la librairie indépendante de ma petite ville de province, caché par un joli bouquin sur l&#8217;Art Nouveau. Et j&#8217;ai découvert une gueule cassée, une voix rouillée, un revenant des bas-fonds, poète des rues et ancienne voix contestataire black de l’Amérique des 60-70’s, icône du spoken word aux relents soul, jazz et funk. Gil Scott-Heron, j&#8217;en connaissais sans doute la fameuse saillie juvénile « the revolution won’t be televised » mais je la connaissais comme on connaît une vieille rengaine intégrée à un inconscient collectif qui en a fait sa nourriture d’autiste, une citation dénaturée dont on ne situe pas l&#8217;auteur ni la portée, une poignée de caractères tout juste bonne à servir d&#8217;accroche facile pour un papier journaleux sur Baudrillard. Gil Scott-Heron donc ou la difficulté des mots du chroniqueur à retranscrire à la fois la vie d’un mec, un parcours, un son, un album (le premier depuis 16 ans) et par-dessus tout une voix.</p>
<p style="text-align: justify;">Une voix qui on le devine a du être dans la jeunesse moins dévastée par les les embuches types d’un chemineau de Harlem : la dope, les embrouilles, les trafics, la prison, la déchéance. Coup commercial, dernier adieu, résurrection, ce n’est pas à moi de trancher je ne connais pas le bonhomme, je ne connais pas sa vie, je ne connais pas non plus son oeuvre. Je me suis seulement imprégné de ce<strong> I’m new here</strong> qui sonne délicieusement ironique tant l’influence du bonhomme dans le paysage hip-hop ou soul fut déterminante.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-on alors tenter la critique d’un objet qui de toute façon sort des sentiers balisés de la production actuelle tout simplement parce qu’il dure ving-huit minutes dont six interludes de vingt secondes et quelques neuf morceaux fort courts ?  Comment se positionner face à une production si elliptique, qui laisse entrevoir des choses bouleversantes, la possibilité de dire encore, et puis qui meurt finalement dans un dernier sourire émacié ? Essayons de le faire avec respect, pour une fois.</p>
<p style="text-align: justify;">La production est remarquable et contraste avec la voix du bonhomme qui elle se brise à chaque instant et perd son souffle, fort loin de l’énergie vindicative des débuts à part peut-être sur l’imparable <strong>Me and the devil</strong> dont les beats urbains subliment l’exercice soul déchirant du poète damné. Le paysage musical a changé et c’est bien sûr tout le talent du producteur <strong>Richard Russell</strong> (le boss de <strong>XL Recordin</strong><strong>gs</strong> un grand manitou de la musique qui a produit <strong>Radiohead</strong> et plein d’autres et qui est allé dénicher Scott-Heron à sa sortie de prison) d’avoir réussi à concilier l’identité artistique du bonhomme avec ce qui se fait de mieux au niveau électronique aujourd’hui, entre samples de <strong>Kanye West</strong>, ambiances suburbaines types <em>dubstep</em> ou mélancolie <em>trip-hop</em> à la <strong>Massive Attack</strong>. Inspirations électroniques du meilleur effet donc, mais aussi des incartades folk avec le poignant <strong>I’m new here</strong> où la voix mal assurée de Scott-Heron tente tant bien que mal d&#8217;épouser la mélodie mélancolique d&#8217;une guitare triste.</p>
<p style="text-align: justify;">Que se passe-t-il alors dans la tête d’un auditeur jeune et curieux de sexe masculin âgé de 18 ans lorsqu’il écoute I’m new here ? Nonobstant l’adhésion corps et âme au gros son urbain, c’est toute la corde sensible qui vibre à l&#8217;écoute de la voix chaude et cassée de l’ancien chantre du Bronx. Pourtant celui-ci ne fait plus dans le contestataire et dans le problématique car la vie s’est enfuie et c’est maintenant un témoignage : celui de sa propre vie, d’une vie où il fut porté à bout de bras par des femmes qui le constituèrent en tant qu’homme, en dépit de son « foyer brisé ». C’est le récit d’errances nocturnes, de courses sans buts et de vague à l’âme sans complaisance ni apitoiement. C&#8217;est un regard lucide sur une vie cassée difficile à mettre en mots, car ceux-ci se perdent et n’atteignent pas toujours l’oreille peu anglophone du jeune godelureau ému qui reçoit toute cette intensité humaine dans la gueule.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais finalement les mots et leurs sens importent peu, et c’est ce qui fait selon moi la magie d’un tel disque. En effet, la voix, la seule voix du poète nous parle aussi bien de joie que de tristesse, et alors une simple ondulation de sa langue chaude et rocailleuse touche droit à l’âme. Chacun peut se reconnaître et se projeter dans les récits intimes et lapidaires du Scott-Heron de I’m new here et c’est sans doute ce qui en fait un beau, un très beau disque, et une jolie porte vers ses œuvres passées.</p>
<h3>Branche ton sonotone</h3>
<p><object width="549" height="309"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=10124170&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1" /><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=10124170&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="549" height="309"></embed></object></p>
<p>La <a href="http://www.gonzai.com/content/gil-scott-heron-lost-millième-saison" target="_blank">superbe chronique</a> de Gonzaï qui m&#8217;a donné l&#8217;envie d&#8217;écrire humblement un petit rien. Chapeau.</p>
<p><a href="http://open.spotify.com/album/60JXrFsIxXP6rqd4jdTfrn" target="_blank">I&#8217;m new here</a> sur Spotify.</p>
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